Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3273, 18 Novembre 1905, by Various

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Title: L'Illustration, No. 3273, 18 Novembre 1905

Author: Various

Release Date: July 14, 2011 [EBook #36706]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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L'Illustration, No. 3273, 18 Novembre 1905

Avec ce Numro: L'ILLUSTRATION THTRALE
CONTENANT
LA MARCHE NUPTIALE


LA REVUE COMIQUE, par Henriot.


Ce numro contient quatre pages sur les troubles de Russie, non
broches. En supplment: L'ILLUSTRATION THTRALE avec le texte complet
de LA MARCHE NUPTIALE, par Henry Bataille.

L'ILLUSTRATION _Prix de ce Numro: Un Franc._ SAMEDI 18 NOVEMBRE 1905
_63e Anne--N 3273_

UNE BANDE NOIRE A MOSCOU

_Des Russes qui marchent derrire le portrait du tsar et le drapeau
national devraient inspirer toute la sympathie due  des dfenseurs de
l'ordre. Pourtant les correspondances de Russie attribuent aux cent
noirs un rle quivoque et odieux: celui de provoquer des dsordres
pour donner aux autorits l'occasion de les rprimer. Bien plus, ce
seraient ces bandes noires qui, sous l'oeil indiffrent de la police,
massacreraient les tudiants  Moscou, les juifs  Odessa, et qui
partout pilleraient et incendieraient les magasins et les demeures des
ennemis de l'autocratie._



COURRIER DE PARIS

JOURNAL D'UNE TRANGRE

Une nouvelle jete distraitement, par un tudiant qui passe,  un ami:
Rambaud est mort. Et l'on parle d'autre chose,--des cours de la
Facult, dont la rouverture est prochaine et que de vastes affiches
blanches annoncent sur les murs du quartier. Les morts vont vite,
dit-on; et cela tient sans doute  ce que les vivants vont vite aussi.
Il faut marcher, se dbrouiller dans la cohue des concurrences qui vous
pressent et vous poussant, et le temps manque un peu de s'attarder  la
vue des cercueils qui passent. Celui-l pourtant fut un homme dont le
souvenir devrait rester cher aux tudiants de Paris. J'avais rencontr
Rambaud plusieurs fois dans les couloirs de la Sorbonne et, comme
j'avais lu les livres qu'il a crits sur mon pays (il tait un des rares
Franais qui en connussent bien l'histoire), j'prouvai un jour le dsir
de causer avec lui. Un ami prsenta l'tudiante au matre, et c'est lui
qui parut intimid. Dj malade, il parlait d'une voix douce et
fatigue, coutait d'un air surpris les loges que j'osais lui adresser,
les yeux carquills sur une face souriante; et je fus frappe, comme
confuse, de l'trange modestie de ce snateur infiniment savant, qui ne
semblait mme pas se souvenir qu'il et t ministre.

Mais il n'en fut pas beaucoup plus fier  l'heure mme o il l'tait, et
l'ami qui me prsentait  lui me conta ce jour-l, je m'en souviens, une
anecdote charmante:

Rambaud venait d'tre nomm, il y a de cela huit ou neuf ans, ministre
de l'Instruction publique. Il habitait rue d'Assas un tout petit htel,
dont son cabinet de travail emplissait l'tage suprieur. En apprenant
l'heureuse nouvelle, ses amis se prcipitent, veulent lui serrer la
main. Mme Rambaud les arrte: Il est absent pour quelques heures,
dit-elle; excusez-le. Puis se tournant vers l'ami qui me contait
l'anecdote: Il ne peut recevoir personne en ce moment; mais montez 
son grenier, vous l'y trouverez.

Il tait l en effet, tout seul, au milieu d'un dsordre de bouquins, de
dossiers, de paperasses amoncels,--assis devant une petite table o
s'alignaient des fiches couvertes de sa fine criture. A peine leva-t-il
la tte: Mon cher, pardonnez-moi; je suis trs press. Mon diteur
attend ces fiches; ce sont des renseignements que je lui ai promis, une
bibliographie polonaise dont il a besoin... C'est trs ennuyeux 
faire; mais me voil ministre, et cette besogne ne sera jamais finie si
je ne l'achve  prsent. Et le nouveau grand matre de l'Universit
continua ainsi toute la nuit le classement de ses petits papiers, aussi
paisible que si nulle autre pense n'et occup son esprit. N'est-ce pas
l un joli trait de probit professionnelle?

                                   *
                                  * *

... Concerts Rouge. La rouverture s'en est faite en mme temps que
la Sorbonne rappelait  elle ses tudiants. Les concerts Rouge ne
sauraient tre classs au nombre des attractions dites parisiennes. Le
Paris de la rive droite et des boulevards, en effet, les ignore; ou,
s'il a entendu parler d'eux, c'est par hasard, comme d'un spectacle qui
serait  la mode  Etampes ou  Meaux. Il n'y vient donc pas. Car il ne
sied point que Paris aille s'amuser en province; et, le Quartier latin,
n'est-ce pas un morceau de province dans Paris?

Nous sommes donc, gens de rive gauche, trs entre nous dans cet
endroit-l. Ru de Tournon. Une vaste salle basse encombre de petites
tables rondes et de siges en velours grenat. Cercle, salle de
confrences, ou caf? On ne comprendrait pas  quoi ce local singulier
peut servir, si l'estrade carre qui en forme le centre, et que meublent
une contrebasse et un piano, n'indiquait que c'est pour entendre de la
musique qu'on vient ici. C'est une des singularits de Paris qu'on y
rencontre, le soir,  peu prs tous les genres d'amusements, except le
plus simple et le plus sain de tous: un peu de bonne musique  bas prix.
Les concerts Rouge nous donnent cela. Ils nous le donnent trs
simplement. Sept ou huit musiciens  peine composent leur orchestre; un
paravent les protge contre les curiosits du passant...
Malheureusement, il y a les bruits de la rue, qui ne peuvent tre
vits, et quand, sur le pav cahoteux, toutes les cinq minutes,
l'omnibus de Batignolles vient couper de son coup de tonnerre la phrase
de Schumann ou de Bach qui commenait d'enchanter nos oreilles, nous
souffrons un peu... Mais c'est tout de mme Schumann et c'est tout de
mme Bach; et c'est,  ct d'eux, Beethoven, Mozart, Haydn, Gluck, tous
les bons matres. Il est permis de boire, mais on boit peu. Il est
permis de fumer, mais  peine la musique est-elle commence que
d'elles-mmes les cigarettes s'teignent. On coute... Autour de moi, j
entends parler diverses langues. Les tudiants trangers surtout
affluent ici. Ils prfrent cette petite salle aux music-halls du
boulevard, aux cabarets de Montmartre; elle est pour eux comme un refuge
au milieu de sductions qui les effarouchent encore plus qu'elles ne les
tentent. Et c'est tant mieux pour Paris. Ils pourront, en sortant des
concerts Rouge, crire chez eux que cette ville de perdition est tout de
mme un peu calomnie; que d'autres attractions que le cake-walk, la
_mattehiche_, les luttes  main plate et la chansonnette grivoise y sont
possibles, et que, mme entre neuf heures et minuit, la vertu peut y
rencontrer du plaisir...

                                   *
                                  * *

Habills de minces couvertures de toutes les couleurs, les petits
almanachs de 1906 (dj!) s'parpillent sur ma table: littrature  dix
sous le volume et qui sera demain, pour plusieurs semaines, l'aliment et
le rgal de quelques millions d'esprits. J'ai cette faiblesse: j'adore
les almanachs, et je suis alle tout  l'heure en faire ma provision rue
Garancire. C'est de l qu'ils sortent presque tous: l'almanach
Ligeois, ceux de Mathieu de la Drme (le _double_ et le _triple_); ceux
des campagnards et ceux des citadins; des cuisinires et des demoiselles
 marier; des militaires et des ecclsiastiques; l'almanach triste et
l'almanach gai; celui qui propage le calembour et celui qui donne des
leons de vertu... De tous ces livrets s'exhale je ne sais quel parfum
d'ingnuit qui me touche; et je les feuillette avec une satisfaction o
nulle ironie ne se mle. Ces almanachs me reposent de beaucoup de
livres. La vertu n'y est point enseigne par des arguments trs savants
et la plaisanterie n'y est pas toujours dlicate; mais on sent que le
moraliste et l'humoriste, en ces petites pages, se sont mis d'accord
pour adapter le ton de leur prdication et la forme de leur fantaisie
aux gots et aux habitudes d'une clientle un peu ignorante des
raffinements de la pense. Cela est simple et sain comme des tranches de
pain de mnage; et j'ai connu tant de grands dners au lendemain
desquels un morceau de pain de mnage tait si doux  l'estomac! Des
historiettes, des recettes de cuisine, de couture ou de jardinage, des
biographies de grands hommes, des bons mots dont la plupart ont dj
servi, et voila de quoi rpandre un peu d'amusement, de joie propre,
dans l'atelier, dans la mansard ou dans la chaumire. Qu'est-ce que
seront pour les millions d'tres qui les vont feuilleter ces douze
colonnes de jours dont l'almanach tout neuf leur apporte la liste?
Qu'est-ce que la vie va verser pour chacun d'eux de douleurs ou de joies
dans ces cinquante-deux semaines-l? Cela aussi donne  rver; et je
pense, en feuilletant mes petits livres,  la rflexion dont Henri
Murger accueillit, un jour de dcembre, le facteur qui lui apportait le
calendrier de l'anne nouvelle.

Murger considrait le carton d'un air souponneux, le retournait en tous
sens, puis:

--Il est bon, votre calendrier?

Le facteur ne comprenait pas. Murger ajouta doucement:

--Je vous demande cela parce que je n'ai pas t trs content de celui
de l'anne dernire...

SONIA.



NOS ROMANS

_Nous commenons dans ce numro la publication de_

La Toison d'or, par J.-H. ROSNY.

_Nos abonns, qui n'ont pas oubli_ la Collectionneuse, _parue dans_
L'Illustration en 1904, _savent dj qu'un roman des frres Rosny n'est
pas seulement une belle oeuvre littraire, mais qu' leur matrise de
style, ces deux crivains joignent les dons d'imagination qui font seuls
les grands conteurs_. La Toison d'or _est un rcit qui, ds le dbut,
intressera tous les lecteurs,--et qui, un peu plus loin, les
passionnera._

_Il y a quelque temps, nous avions promis une surprise  nos abonns,
dans le domaine du roman. Elle sera double._

_On sait que, depuis quelque? annes, le thtre enlve au roman
beaucoup des meilleurs crivains. Puisque les romanciers font des
pices, pourquoi les romans ne seraient-ils pas crits dsormais par les
auteurs dramatiques? C'est ce que_ L'Illustration _a suggr l't
dernier  deux des plus illustres, au lendemain de deux des plus beaux
triomphes de leur carrire._

_L'entreprise tenta tout de suite M. Henri Lavedan, qui voulut bien nous
promettre de consacrer les vacances que lui donnait le succs clatant
du_ Duel _ crire pour_ L'Illustration _un roman. Cette oeuvre est
termine aujourd'hui. Le brillant acadmicien, dont le souple gnie
littraire est coutumier de ces transformations, s'est acquitt comme en
se jouant de cette tche nouvelle. Et nous avons ainsi le plaisir
d'annoncer pour le 17 fvrier 1906 (dans trois mois), les premires
pages de_

                    Le Bon Temps, par HENRI LAVEDAN.

_M. Alfred Capus, avant de faire jouer les exquises comdies qui l'ont
rendu clbre, avait publi dj quelques romans: mais son nom n'tait
pas encore prestigieux et c'est aujourd'hui seulement qu'on en apprcie
la philosophie souriante et les fines analyses. Lui aussi nous donnera
en 1906 un roman nouveau, crit entre son succs d'hier_: Monsieur
Pigois, _et ses succs de demain_: l'Attentat _et_ les Passagres.
_Nous publierons dans le courant de l'anne prochaine:_ Robinson, par
ALFRED CAPUS. _Comme nous l'avons annonc dj, c'est aux lecteurs de_
L'Illustration _qu'est rserve galement la primeur des oeuvres
nouvelles de deux des premiers romanciers d'aujourd'hui:_

La Mmoire du coeur, par MICHEL CORDAY.
et

La Douceur de vivre, par MARCELLE TINAYRE.
_Ces cinq romans, imprims sur papier verg, et illustrs de belles
gravures en deux tons, formeront  la fin de 1906 un magnifique volume
de bibliothque, de plus de 500 pages, contenant 50 hors texte._

NOS SUPPLMENTS DE THTRE
_Nous donnons avec ce numro:_
La Marche nuptiale, par HENRY BATAILLE.

_Nous publierons la semaine prochaine:_
Bertrade, par JULES LEMAITRE.

_Et, dans les numros de dcembre et janvier:_
Les Oberl, par EDMOND HARAUCOURT,
(d'aprs le roman de Ren Bazin);
La Rafale, par HENRY BERNSTEIN;
Jeunesse, par ANDR PICARD;
Le Rveil par PAUL HERVIEU
_ainsi que les autres pices  succs qui seront reprsentes dans cette
priode._



[Illustration: L'EXCITATION A L'MEUTE, LE JOUR DU MANIFESTE, A ODESSA]

Cette gravure et celle qui reprsente la bande noire parcourant les
rues de Moscou caractrisent et rsument en quelque sorte les deux
mouvements populaires en conflit dans les vnements qui se droulent
actuellement en Russie: rvolution et contre-rvolution.

Le pouvoir a espr que l'octroi, par lui, au peuple russe, des liberts
essentielles allait soulever dans l'empire entier une explosion
d'allgresse. Il a provoqu, invit la foule  la joie. Des
illuminations ont t prpares partout. A Odessa, par exemple, o fut
prise la photographie ci-dessus, le blason imprial, que surmonte le
premier vers de l'hymne imprial, voeu et prire, _Boje Tsara kram_, est
prt  illuminer de son aigle de feu le pristyle de la Douma. Mais les
agitateurs l'ont entendu autrement. Il leur faut plus encore qu'on ne
leur promet, qu'on ne leur donne, et ce premier succs les enhardit. Une
foule se rue vers la Douma, pare pour la fte. Plus d'illuminations.
_Boje, Tsara_ les deux premiers mots de l'inscription, le nom de Dieu,
celui de l'empereur, sont arrachs, briss, et, dans la carcasse
mtallique des armoiries, des orateurs grimpent pour haranguer les
manifestants et les exciter  la rvolte.

En face de cette attitude, les conservateurs, naturellement,
s'organisent aussi,--pour rsister et encourager l'empereur  la
raction. Et c'est l'origine de la cration des bandes dites cent
noirs, vritables partis de contre-rvolutionnaires, de chouans,
eussent dit nos grands-pres, dcids  s'opposer par la violence  la
violence,  rpondre aux excs par des excs pareils, et dont le choc
contre les lments de la rvolution a dj fait couler tant de sang.



LES TROUBLES D'EKATERINOSLAV

Ekaterinoslav, sur le Dnieper, ville essentiellement industrielle et
sige, notamment, des usines mtallurgiques connues de la Socit de la
Briansk, les Aciries, a t, dans toute cette priode
rvolutionnaire, le thtre de troubles trs graves. Sa population
ouvrire, d'ailleurs, agite depuis plusieurs annes dj, avait fait
depuis longtemps l'apprentissage de la grve et de l'insurrection. Plus
qu'ailleurs on a procd ici par le mode stratgique, si l'on peut dire,
levant dans les rues, des barricades, et rduisant, par le sige en
rgle, les tablissements industriels qui tentaient de rsister 
l'meute. A l'aide de barrages mtalliques, dont les lments avaient
t emprunts aux grandes usines mtallurgiques de la ville, on
obstruait les rues, dont la dfense tait ainsi facile contre les
cosaques arms de leurs nagakas, de leurs sabres et de leurs carabines.
La lutte, sur certains points, a t acharne, et de nombreux cadavres,
des blesss en quantit, ont jonch le sol. Les meutiers ont d'ailleurs
russi  'dtruire toutes les maisons contre lesquelles leur action
tait dirige et c'est ainsi qu'ont t ananties compltement et
l'usine de mlasse, et l'usine de savon Minuchine, rue Ulianovskaa, que
nos photographies montrent aprs l'incendie.



[Illustration: A EKATERINOSLAV.--Usine de mlasse incendie et pille.]

[Illustration: L'usine de savon Minuchine, aprs l'incendie.]

UNE VICTIME DES MEUTES DE MOSCOU

M. Baumann tait l'un des champions les plus ardents de la cause
librale  Moscou. De sa profession mdecin-vtrinaire, il s'tait
acquis, par sa bienveillance envers les humbles, une vritable
popularit. Le 31 octobre, jour de la publication du manifeste imprial
qui donnait une premire victoire  la cause pour laquelle il
combattait, il tombait, victime de ses convictions, tu au cours d'une
manifestation. Ses concitoyens lui ont fait des funrailles comme Moscou
n'en avait pas vu encore, et qui dpassaient, par leur impressionnante
solennit, par l'affluence du peuple qui se pressait derrire le char
funbre, celles mme du prince Troubetzko. Plus de 300.000 personnes,
un millier de couronnes et 300 tendards suivaient ce cercueil drap de
rouge et que ne prcdait aucun prtre. Cette manifestation, dans une
ville surexcite au point o l'est Moscou, devait presque fatalement
attirer des reprsailles. Et, le soir, comme les tudiants qui avaient
accompagn les restes de M. Baumann  sa dernire demeure regagnaient
l'Universit, ils furent assaillis par une bande noire prs du mange
municipal. Une bataille en rgle s'engagea. Une douzaine d'hommes furent
tus: une cinquantaine, blesss.

[Illustration: A MOSCOU.--Les funrailles du mdecin-vtrinaire
Baumann, tu le 31 octobre.]



_Ici s'intercalent quatre pages, non broches, pagines
323-326, 327, 328._



[Illustration: EN FINLANDE.--La foule sur la place du Snat, 
Helsingfors, attendant la proclamation de l'oukase imprial.]

Pendant que le reste de la Russie tait en proie aux troubles les plus
graves, en Finlande, toute une vritable rvolution s'oprait
pacifiquement. Profitant des circonstances, les Finlandais ont recouvr
brusquement toutes les liberts qui leur avaient t successivement
enleves par le tsar Nicolas II, et que celui-ci leur a rendues par son
oukase du 4 novembre.



[Illustration: EN POLOGNE.--La grande dmonstration nationale du 5
novembre  Varsovie.]

Aprs les incidents sanglants du 1er novembre, o la foule qui
manifestait sans violence sur la place de l'Htel-de-Ville, pour
rclamer l'largissement des prisonniers politiques, fut sabre par les
cosaques, la capitale de la Pologne eut, le dimanche 5 novembre, une
journe o l'on aurait cru voir l'aurore d'une re nouvelle. Pour fter
le manifeste imprial accordant la libert personnelle  tous les sujets
russes, une immense dmonstration d'allgresse avait t organise. Un
cortge de 200.000 hommes de tout ge et de toute condition, qui
promenaient des drapeaux aux couleurs polonaises (amarante, avec l'aigle
blanc  un bec), portant l'inscription: _Pour la Patrie, la Libert et
le Peuple_, parcourut dans un ordre parfait, prcd par le clerg, les
principales artres de la ville, en chantant l'air national: _la Pologne
n'est pas encore perdue_. Le soir, Varsovie fut illumine... On sait ce
qui s'est pass depuis: l'tat de sige appliqu  la Pologne entire,
et ce malheureux pays except des mesures librales dont doivent
bnficier les autres parties de l'empire.



[Illustration: UN RENDEZ-VOUS DE CHASSE A COURRE AU DBUT DU VINGTIEME
SICLE]

_Il n'est pas besoin d'tre un vieux chasseur pour se rappeler avec
motion le joli et pittoresque spectacle que prsentait, dans le
sous-bois d'automne, ou dans la cour du chteau accueillant, un
rendez-vous de chasse, nagure. Tandis qu' cheval caracolaient dj et
de souples amazones, le lampion sur l'oreille, et des officiers
sangls dans leur dolman bien ajust, et les chasseurs les premiers en
selle de l'quipage, des breaks, des victorias, des landaus, des
tilburys, tous les vhicules disponibles, se chargeaient de la foule
impatiente des invits; les hennissements des attelages rpondaient 
ceux des chevaux de selle, piaffant. L'avnement de l'automobile a
chang, et profondment, tout cela. Et c'est le ronflement des
teufs-teufs qui accompagne dsormais le smillant brouhaha du dpart en
fort; ce sont de rapides_ quarante chevaux _qui emmnent, en trpidant
et soufflant, vers les futaies dfeuilles, les belles spectatrices
doublement emmitoufles, contre l'hiver, contre le vent, coiffes
d'htroclites casquettes plus volontiers que de chapeaux lgants,
voiles d'paisses gazes ou masques de lourdes lunettes, et pourtant
gardant toujours leur charme d'lgance sous le faix des manteaux-sacs,
derrire l'armature disgracieuse des besicles de route._



UN ATTENTAT ANARCHISTE A PKING

Une mission, charge par le gouvernement chinois d'aller tudier sur
place les institutions europennes, devait quitter Pking le 24
septembre dernier. Au jour fix, ses membres s'installaient dans un
train spcial  destination de TienTsin, lorsqu'une formidable explosion
se produisit  l'intrieur de la voiture qu'ils occupaient: une bombe
venait d'clater, tuant quatre personnes, en blessant une vingtaine,
entre autres le prince Tsai et Ou-Ting-Fang, ministre des Voies et
Communications, ceux-ci d'ailleurs peu grivement. La premire victime
avait t l'auteur de l'attentat: sur le plancher du wagon, au pied d'un
bureau adoss  une cloison, au milieu d'une mare de sang o
s'apercevaient des clats de l'engin, il gisait, la tte fracasse,
affreusement dfigur et mutil. Notre document photographique montre le
corps  l'endroit mme de sa chute, et la tension des bras de l'aide
requis par l'oprateur y indique l'effort ncessaire pour soulever
devant l'objectif cet amas presque informe d'os broys et de chairs
pantelantes. Quant aux dgts matriels, panneaux disloqus, portires
arraches, etc., deux vues extrieures de la voiture achveront d'en
donner une ide: l'une, prise du ct de l'explosion, face  la muraille
sparant la ville chinoise de la ville tartare; l'autre, du ct oppos.
Au moment de l'explosion, la panique affola mandarins, employs de la
gare, soldats, policiers, et il convient de noter que ce furent des
officiers franais de la lgation, venus pour saluer quelques-uns des
voyageurs, qui organisrent les premiers secours. Ainsi donc, l'Occident
n'a plus le monopole de l'anarchisme, et il est assez curieux de voir un
compagnon chinois en fournir la preuve par un attentat contre des
rformateurs disposs  emprunter  l'Europe les institutions que la
Chine lui envie.

[Illustration: Le wagon dynamit photographi du ct o s'est produit
l'explosion.]

[Illustration: En gare de Pking: le wagon dynamit, avec deux volets
arrachs.]

[Illustration: L'auteur de l'attentat anarchiste en gare de Pking,
premire victime de sa bombe.--_Photographie prise dans le wagon
dynamit._]



[Illustration: Les recrues prtant serment au drapeau, en prsence de
l'empereur d'Allemagne et du roi d'Espagne, au Lustgarten.]

Le roi d'Espagne, qui a repris la srie de ses visites aux chefs d'tat,
inaugure par ses voyages en France et en Angleterre, vient de consacrer
prs d'une semaine  l'Allemagne, du 6 au 12 novembre. Pendant son
sjour, rceptions, reprsentations de gala, chasses, excursions se sont
succd sans incident notable, suivant un programme strictement
officiel. Ce sont surtout des spectacles militaires que l'empereur s'est
plu  offrir  son hte, conciliant ainsi sa propre prdilection avec le
got marqu du jeune roi pour les armes. Ds le lendemain de son arrive
 Berlin, il le faisait, assister  la crmonie de la prestation de
serment des recrues incorpores dans les rgiments de la garde. Cette
crmonie eut lieu le matin, au Lustgarten; Guillaume II avait revtu
l'uniforme de feld-marchal et Alphonse XIII celui de gnral; la
prsence du kronprinz et d'un nombreux tat-major rehaussait encore
l'clat de la parade. Ce fut un tableau vraiment curieux, surtout par
l'aspect des troupes masses en ordre serr et dont les plumets
formaient comme un champ d'tranges floraisons que dominaient les
casques empanachs des deux souverains  cheval.

[Illustration: A BERLIN.--LL. MM. Guillaume II et Alphonse XIII, le
premier en feld-marchal, le second en gnral, passent la revue des
recrues--_Phot. Carl. Delius._]

LE ROI D'ESPAGNE EN ALLEMAGNE



LES LIVRES ET LES CRIVAINS

UN HISTORIEN QUI FUT MINISTRE:

M. ALFRED RAMBAUD.

M. Alfred Rambaud, membre de l'Institut, ancien ministre, vient de
mourir  Paris,  l'ge de soixante-trois ans.

[Illustration: M. Alfred Rambaud.--_Phot. Larger_.]

Universitaire des plus distingus, au sortir de l'cole normale, aprs
un court passage dans l'enseignement secondaire, il avait profess aux
facults des lettres de Caen et de Nancy, puis  l'cole de Svres, et,
lors de la cration,  la Sorbonne, d'une chaire d'histoire
contemporaine, il en tait devenu titulaire. Il reprsentait le
dpartement du Doubs au Snat quand il fut charg, de 1896  1898, du
portefeuille de l'Instruction publique, dans le cabinet Mline. En 1897,
il remplaait le duc d'Aumale  l'Acadmie des sciences morales et
politiques. Comme historien, M. Alfred Rambaud laisse un grand nombre
d'ouvrages trs estims, notamment sur la Russie, dont, au cours de
plusieurs missions, il avait tudi de prs la politique, les moeurs et
la littrature. Ses autres travaux les plus importants sont: _la France
coloniale, la Civilisation franaise_ et sa collaboration, avec M.
Lavisse,  une _Histoire gnrale de l'Europe_. Son dernier ouvrage
publi est une remarquable biographie de Jules Ferry, dont il fut le
chef de cabinet  l'Instruction publique. Il avait dirig la Revue Bleue
pendant quelques aimes.



VIENNENT DE PARATRE:

Romans.

Les lecteurs de _L'Illustration_, qui accueillirent avec une faveur si
marque, d'abord _les Archives de Guibray_, puis _Dans la paix des
campagnes_, ont eu l'occasion de constater que M. Maurice Montgut est
non seulement un des reprsentants les plus justement rputs du roman
romanesque, mais encore un de nos conteurs les mieux dous et les plus
sduisants. Ds le dbut, son rcit veille notre intrt, excite notre
curiosit: quand il nous a saisis, il nous tient troitement captifs, il
nous entrane jusqu'au bout, charms, mus, intrigus. Et cet empire, il
l'exerce par des moyens de bon aloi, en crivain aussi soucieux de la
dignit des lettres qu'expert en la pratique de son art: un sujet non
banal, se prtant dans une juste limite aux combinaisons de
l'imagination cratrice, quoique tir des ralits de la vie; des
dveloppements o les pripties dramatiques, savamment gradues sont
les consquences vraisemblables et logiques de la donne initiale; une
construction d'ensemble  la fois lgante et solide; du mouvement et de
la couleur; des morceaux descriptifs rvlant  propos chez
l'observateur la survivance du pote, ainsi, se rsume, si l'on peut
dire, la technique du matre romancier. Apprcie d'un public d'lite,
la valeur de ses ouvrages, est-il besoin de l'ajouter, se rehausse d'une
parfaite tenue littraire.

Toutes ces fortes qualits d'un talent en pleine maturit se retrouvent
dans le nouveau volume, _Papiers brls_, dont vient de s'augmenter
l'oeuvre dj considrable de M. Maurice Montgut. Rien de plus
attachant, de plus poignant, de plus douloureusement humain que
l'histoire de Prosper Thibault, ce pauvre petit employ de ministre
qui, par un mchant caprice du hasard, dtenteur ignor d'un trsor
auquel la probit lmentaire lui interdit de toucher, lutte pendant des
annes contre les tentations o l'induisent non la cupidit, mais des
sentiments honntes en soi et des circonstances vraiment attnuantes.
Autour du hros, caractre faible, volont indcise, physionomie plutt
sympathique, voluent, non moins bien observes et dessines, chacune 
son plan, diverses figures typiques ncessaires  l'action. En somme,
c'est, sous la forme attrayante du roman, l'tude trs serre d'un cas
de conscience singulirement mouvant.

Au premier volume de son roman, _Jean Christophe: l'aube_, M. Romain
Rolland vient de donner une suite en deux parties, _Jean Christophe: le
matin, l'adolescent_ (Ollendorff, 2 vol., 7 fr.) Au matin, ds les
annes de l'enfance, l'me sauvage, isole et douloureusement fire du
petit musicien Jean Christophe s'veille  l'amiti d'abord (Otto), puis
 l'amour (Mina), l'amour vierge que nulle matrialit ne ternit. Ce
sont l les premires motions vives de la vie. Jean Christophe les
subit avec une violence, une intensit d'enthousiasme et de souffrance,
qui mrissent son esprit en deux ts. Les crises de l'enfance prparent
les crises des annes de transition. Adolescent, Jean Christophe
raisonne les conceptions toutes faites qui vaguent dans son esprit.
Bientt, il ne croit plus en Dieu. Aprs une infidlit de sa premire
matresse (Ada), aprs la flonie d'un frre aim, l'artiste cesse de
croire  l'amour,  l'affection familiale,  l'amiti. Il n'a plus foi
en lui-mme. Alors, puisque le coeur meurt, puisque les ambitions sont
irralisables, pourquoi vit-on? Pour vivre, rpond un pauvre homme qui
passe. Et, de fait, il suffit d'une embellie de soleil aprs la brume
pour rendre  Jean Christophe le courage, le got, la volupt de vivre.

Le livre de M. Romain Rolland est fortement pens. Il renferme un monde
d'ides qu'exprime, dans d'heureuses pages, un style exact et concis.
C'est vraiment une oeuvre de grande allure qui, peut-tre, et encore
gagn en puissance  se condenser en un seul volume, mais qui n'en est
pas moins harmonieuse, compacte et bien vivante.

Sous ce titre suffisamment suggestif, _le Marchepied_ (Flammarion. 3 fr.
50) M. Daniel Riche nous raconte un de ces mariages d'argent par o
l'homme peu fortun cherche  se faciliter l'ascension vers le but de
ses ambitions. Tel est le cas de Georges Frmiet, un clerc d'avou
besogneux, qui, convoitant une tude, pouse, pour la grosse dot,
Emmeline Rodrannes, en jouant devant la jeune fille la comdie de la
passion dsintresse. Quelques remords--car il n'est point malhonnte
au fond--et surtout le chantage d'un financier vreux, doubl d'un agent
matrimonial, lequel lui tendit l'appt tentateur, sont d'abord sa
punition; mme, son bonheur dor est  la veille de s'crouler, lorsque
tout s'arrange, grce  la puissance irrsistible de l'amour. Cet
heureux dnouement n'a, en somme, rien d'invraisemblable, et il n'est
pas pour dplaire aux nombreux lecteurs que laissent toujours sous une
impression plutt optimiste les romans de M. Daniel Riche, crits d'une
main preste, bien vivants, fertiles en motions.

Une bluette au refuge du Lautaret, un petit roman d'amour, sans grande
motion, entre deux touristes, tel est le sujet de la nouvelle qui donne
son nom: _le Chalet dans la montagne_ (Fasquelle, 3 fr. 50), au livre de
M. Eugne Montfort. Suivent des notes de voyage prises  Barcelone la
nuit,  Florence,  Oxford et en cosse.

_Varits historiques et pittoresques._

Il y a des pages colories et d'tincelantes descriptions dans _la Cit
de la mort_, de M. Louis Bertrand (Ollendorff, 3 fr. 50). L'auteur nous
donne une vision neuve de l'Afrique du Nord considre comme pays latin.
Mais n'y aurait-il pas quelque souvenir de Loti dans la manire dont M.
Louis Bertrand a bross ses paysages?

M. Emmanuel Rodocanachi, l'auteur de tant de remarquables tudes
relatives  l'histoire de Rome, a consacr une substantielle monographie
au _Capitole romain antique et moderne_ (Hachette, 5 fr.) Cette nouvelle
contribution vaut  plusieurs titres: importance du sujet, abondance et
qualit des documents (y compris de nombreuses gravures). Le
Capitole--ce vocable fameux dsigne  la fois, on le sait, la colline
elle-mme et ses difices--a eu, selon les propres expressions du savant
crivain, ce rare privilge de demeurer,  travers les ges, le centre
et comme le symbole de la vie politique de Rome; il en a t bien
rellement la tte, ainsi que son nom l'y prdestinait. Aussi ses
transformations successives offrent-elles le plus haut intrt. C'est 
nous les retracer, depuis les origines jusqu' l'poque moderne, que M.
Rodocanachi s'est appliqu, avant de nous guider pas  pas parmi les
curieuses et instructives collections archologiques du muse capitolin.
Il l'a fait avec la prcision et la varit d'une rudition o le souci
de l'art sous ses diverses formes, monuments, statues, etc., s'allie
troitement  la science historique la plus sre.

_Questions sociales._

L'application,  la Russie rforme, des thories de Henry Georges sur
la nationalisation du sol, voil, d'aprs Tolsto, le seul moyen de
rendre la vie possible au paysan russe qui meurt de faim. La terre est
accapare par ceux qui ne travaillent pas. Ceux qui remuent le sol--ils
sont cent millions!--ne peuvent, par leurs propres efforts, subvenir 
leur existence. Et c'est l le _Grand Crime_ (Fasquelle, 3 fr. 50) que
dnonce le clbre penseur. En tte de ce plaidoyer pour les misrables,
Tolsto adresse un loquent appel au tsar. Ajoutons que l'oeuvre est
accompagne d'une remarquable prface de M. Halprine-Kaminski,
l'minent traducteur.



DOCUMENTS et INFORMATIONS

LES USINES DE NIAGARA.

L'nergie lectrique fournie par les chutes du Niagara et distribue par
la _Niagara Falls Power Company_ est utilise actuellement par trois
services: le service de Niagara mme, absorbant 45.000 chevaux qui
assurent l'clairage de la ville, la marche du tramway et le
fonctionnement de trente usines, presque toutes consacres 
l'lectrolyse; le service de la rive canadienne, o le courant est amen
par des conducteurs suivant le pont mtallique, encore  ses dbuts et
consommant 2.000 chevaux; le service  longue distance vers Buffalo (32
kilomtres). Tonawanda, Lockport et Olcott, qui distribue 30.000
chevaux, dont 24.000  la seule ville de Buffalo.

Pour cet envoi  distance, le courant, en sortant des dynamos
gnratrices, est amen  la tension de 22.000 volts par des
transformateurs qui en absorbent une partie et qui reprsentent
eux-mmes une dpense apprciable. Les droits de parcours, l'entretien
des conducteurs, la dperdition d'nergie, la retransformation du
courant  son arrive  Buffalo et sa distribution, augmentent beaucoup
les frais. Et, s'il est exact que la perte par transmission entre
Niagara et Buffalo n'excde pas 10%, le prix de l'nergie transmise se
trouve major dans une proportion beaucoup plus considrable: il reste,
cependant, intrieur au prix que pourrait offrir une production locale.
Mais c'est l un cas d'espce, et M. H.-W. Buck, dans un rapport aux
membres des Socits d'ingnieurs amricains, se prononce formellement,
au point de vue conomique, contre le systme du transport de la force.
Il estime que les industries ont un intrt indiscutable  se grouper
prs des chutes.

La puissance de la cataracte est value  900.000 chevaux et l'on a
commenc rcemment des travaux qui permettront,  bref dlai, d'en
utiliser 500.000. On peut juger de l'essor industriel auquel est appele
la rgion de Niagara.

LA LAMPE UVIOL.

La nouvelle lampe lectrique imagine par M. O. Schott, et baptise par
lui Uviol. est une lampe qui ne vise ni  clairer, ni  chauffer.
C'est une lampe qui, des trois catgories de rayons composant la lumire
solaire: les calorifiques, les lumineux et les chimiques, met surtout
les derniers, les rayons actiniques, les rayons ultra-violets. Ce
caractre spcial de la lampe explique son nom. La lampe Uviol est une
modification de la lampe  vapeur de mercure Cooper-Hewitt, et n'a t
rendue possible que par la fabrication rcente,  Ina, d'un verre qui
laisse passer en notable abondance les rayons ultra-violets. Les usages
de cette lampe pourront tre nombreux. Il est entendu que personne n'en
fera usage pour s'clairer ou se chauffer; mais elle servira de beaucoup
d'autres manires. Elle servira  prouver les couleurs de teinture des
toffes. Au lieu d'exposer les toffes teintes au soleil pour voir
quelle est la rsistance des coloris aux rayons (chimiques) du soleil,
on les exposera aux rayons de lampes Uviol, leur fonctionnement tant
rgulier et constant, ce qu'on ne saurait dire de celui du soleil. La
lampe Uviol servira aussi en photographie: ce sera une excellente
lumire artificielle, en raison de sa richesse en rayons actiniques.
Enfin, elle parat devoir prendre une place importante en thrapeutique.
Les rayons chimiques ont, on le sait, une puissante action sur
l'organisme: ce sont eux qui, entre autres mfaits, occasionnent le coup
de chaleur et aussi les brlures du visage chez les alpinistes. Les
rayons actiniques tuent les bactries et agissent fortement sur la peau.
La lampe Uviol tue les insectes: une mouche tenue  proximit meurt en
une minute: et si on laisse dehors, en t, une lampe Uviol allume
pendant la nuit, on trouve, au matin, autour d'elle, une foule de
cadavres de petits insectes. Elle servira encore et surtout en
photothrapie selon la mthode de Finsen, et, avec une source aussi
puissante, on peut s'attendre  agir vigoureusement sur la peau. Si on
laisse agir sur celle-ci,  petite distance (de 1  3 centimtres), les
rayons pendant un temps variant de 5  15 minutes, on n'aperoit rien
d'abord, comme avec le radium. Mais, quelques heures aprs, la peau
rougit,--elle est le sige d'une sensation de brlure, et elle ple. On
a certainement dans la lampe Uviol un agent thrapeutique pouvant
fournir des rsultats fort intressants.

LE CENTENAIRE DE MOREUIL.

Nous avons donn rcemment le portrait de M. Bourgogne, de Brignoles,
qui venait de fter son centime anniversaire. Nous donnons aujourd'hui
celui de M. Baudry, de Moreuil (Somme), qui entre dans sa cent deuxime
anne le 18 novembre courant. Ce beau vieillard jouit encore de toutes
ses facults et continue  grer lui-mme ses affaires. La vue seule est
un peu faible.

[Illustration: M. Baudry, n le 18 novembre 1804.]

LE PROGRS DCENNAL DES CHEMINS DE FER.

Le produit des chemins de fer franais tait de 1 milliard 191 millions
en 1895. Aprs avoir atteint 1 milliard 350 millions en 1899, puis 1
milliard 440 millions en 1900, anne de l'Exposition, il retombait, en
1901,  1 milliard 384 millions. Depuis, il s'est lentement relev pour
arriver  1 milliard 437 millions en 1904. La plus-value constate en
1904, par rapport  1895, est donc de 246 millions. Au cours de cette
priode dcennale, 2.432 kilomtres de voie ferre ont t construits,
portant  34.953 kilomtres le total des rseaux exploits.

En Angleterre, la longueur des rseaux exploits est peu suprieure 
celle des rseaux franais: 35.800 kilomtres. Le produit, qui se
chiffrait par 2 milliards 168 millions en 1895, s'est lev, en 1903, 
2 milliards 800 millions: soit une augmentation de 632 millions.

L'Allemagne possdait 45.261 kilomtres de rails en 1895 et 51.740
kilomtres en 1902. Le produit, qui tait de 1 milliard 869 millions
pour l'exercice 1895-1896, a atteint, pour l'exercice 1903-1904, la
somme de 2 milliards 697 millions: soit une plus-value de 828 millions.

En Amrique, 338.000 kilomtres ont produit, pendant l'exercice
1903-1904, plus de 10 milliards.

[Illustration: Le _Sully_, chou dans la baie d'Along, rompu par le
typhon du 28 septembre.]

LA FIN DU SULLY.

Nous avons publi prcdemment divers documents se rapportant 
l'accident du croiseur cuirass _Sully_, chou le 7 fvrier dernier sur
un cueil de la baie d'Along, et dont, aprs de laborieux efforts, on a
d abandonner le sauvetage. Un typhon, survenu le 30 aot, avait
commenc  l'branler; le 28 septembre, un second typhon, d'une extrme
violence, achevait de le briser. Comme le montre notre gravure, qui
reproduit une photographie prise quelques heures aprs la rupture,
celle-ci s'est produite  hauteur des tourelles avant, au point o le
panneau sparant ces deux tourelles des portemanteaux arrire offrait
une zone de moindre rsistance. Le _Sully_ forme maintenant deux
morceaux distincts spars par une brche large d'une trentaine de
mtres. Il touche  l'avant et  l'arrire, le rocher le Canot. o il
s'est chou, se trouvant entre les deux tronons. Le bateau est
compltement perdu; mais, comme il avait t vacu la veille du typhon,
on n'eut aucun accident de personne  dplorer. Il semble douteux qu'on
puisse sauver la partie mobile des tourelles.

LA FORCE DU LAC DE TITICACA.

Il est question de demander au lac de Titicaca l'nergie lectrique
ncessaire pour mettre en marche les chemins de fer du sud du Prou.

Ce lac, situ  3.800 mtres d'altitude, est la plus haute masse d'eau
navigable de l'univers. Il mesure environ 200 kilomtres de longueur sur
une largeur moyenne de 70 kilomtres; sa plus grande profondeur dpasse
200 mtres et sa superficie, qui approche de 8.000 kilomtres carrs,
reprsente quatorze  quinze fois celle du Lman (578 kil. 9). Son
bassin, isol dans une dpression des Andes, est en quelque sorte
suspendu au-dessus des routes fluviales du continent, dans une contre
aride et inhabite. Son missaire ou dversoir, large seulement d'une
quarantaine de mtres, marque la frontire entre le Prou et la Bolivie
Tout rcemment encore, on le franchissait au moyen d'un pont form de
couches de roseaux Bottant sur l'eau et soutenues par des chanes de
fibres vgtales accroches  des piliers dont l'intervalle tait occup
par des portes  deux battants. Le soir,  6 heures, chaque rpublique
s'enfermait chez elle  double tour; elle rouvrait sa porte  8 heures
du matin.

Les chemins de fer du Sud-Pruvien, qui passent  4.000 mtres
d'altitude, consomment journellement pour 7.000 francs de houille. Aprs
avoir utilis pour leur exploitation l'eau descendue du lac de Titicaca,
il resterait encore une force disponible de 6.000 chevaux.

NOUVELLE MTHODE DE CONSERVATION DES FRUITS.

On sait que la difficult de conserver les fruits rside dans la
rapidit avec laquelle les fruits charnus s'altrent sous l'action des
organismes, champignons et bactries, vivant  leur surface.

Partant de ce point de vue, des savants anglais en ont dduit que, si
ces micro organismes pouvaient tre dtruits, la priode durant laquelle
le fruit peut se maintenir en excellente condition serait
considrablement prolonge.

La mthode qui a fourni les meilleurs rsultats  ces auteurs repose sur
l'immersion des fruits dans de l'eau froide contenant 3% de la solution
commerciale de formol.

S'il s'agit de fruits  pulpe molle, comme les cerises, les fraises et
les raisins, on les plonge seulement durant dix minutes dans la dite
solution, puis on les trempe pendant cinq autres minutes dans de l'eau
froide et, finalement, on les tend sur une toile mtallique ou tout
autre dispositif convenable pour y goutter et scher.

Mais, lorsque les fruits ont une pelure ou peau qu'on ne mange pas, il y
a tout avantage  ne les soumettre qu' la solution formole.

L'exprience a montr que les fruits ayant subi ce traitement sont
rests absolument sains, aprs qu'une mme quantit de fruits de chaque
sorte, pris comme tmoins, taient devenus moisis et dcomposs, pendant
une dure de sept jours pour les cerises, quatre jours pour les fraises
et raisins, et dix jours pour les poires.

M. Truelle, en faisant connatre ces faits  la Socit d'agriculture, a
remarqu que ce traitement pourrait tre appliqu aux fruits de
pressoir, dont le grand ennemi est la pourriture.

APRS L'EXPLOSION DU CHATHAM.

On se rappelle que le navire anglais _Chatham_, en partie charg de
dynamite, ayant pris feu au cours de son passage dans le canal de Suez,
fut aussitt coul, par mesure de prudence. Trois semaines plus tard, le
28 septembre, on dtruisait l'pave par une explosion minutieusement
prpare. Dans notre numro du 14 octobre dernier,  ct de
photographies instantanes faisant voir la gerbe de l'explosion et les
phnomnes de remous des eaux et d'obscurcissement du ciel qui
l'accompagnrent, une de nos gravures prsentait les bigues occupes 
dbarrasser le canal des dbris du _Chatham_. Nous montrons aujourd'hui
les plus gros de ces dbris que les puissantes machines ont russi 
amener sur la berge.

LA NAISSANCE ET LA MORT DES MONNAIES.

On est assez bien fix sur la faon dont naissent les monnaies, mais on
connat moins bien comment elles meurent.

Depuis l'origine des coupures en usage actuellement (1803 pour l'or, an
IV pour les cus, 1865 pour l'argent divisionnaire, 1852 pour le bronze,
1903 pour le nickel), 15 milliards et demi de monnaies ont pris
naissance.

Or, d'aprs un tableau emprunt  une rcente tude de M. Dollans, plus
de la moiti de ces monnaies auraient dj disparu, dans les proportions
suivantes (en millions de francs):

Frap. av. 1904               Exist. en Franc.

Or                           9.808     4.200

Ecus                         5.061     1.935

Argent divisionnaire           585       240

                            15.454     6.375

Il est certain que nombre de pices vont s'ensevelir en Extrme-Orient;
mais beaucoup prissent par le feu, l'eau, la terre, ou la fonte
industrielle.

Ainsi, dans le cours du sicle dernier, des millions de pices de 5
francs en argent ont t dmontises par l'industrie prive, non
seulement pour ses besoins, mais parce que le mtal blanc faisait prime,
et qu'il s'y cachait un peu d'or.

L'ARGILE DANS LE TRAITEMENT DU CHOLRA.

Un mdecin allemand, M. J. Stumpf, de Wurzbourg, emploie, depuis cinq
ans, l'argile dans les cas de diarrhe cholriforme, et dclare avoir
obtenu de ce singulier remde les meilleurs effets. L'argile qu'il
utilise est la blanche, qu'il pulvrise et qu'il donne, dans de l'eau,
en uns dose unique mais massive: 70 ou 100 grammes pour l'adulte, 30
grammes pour les enfants et 10 ou 15 grammes pour les nourrissons.
L'adulte avale sa dose en vingt ou trente minutes, dlaye dans un
demi-litre d'eau; on agite souvent le mlange, pour que l'argile ne
reste pas au fond du verre. L'effet de l'argile est presque instantan:
les symptmes s'apaisent et le malade ressent un grand bien-tre. Ce
traitement a t employ par M. Stumpf dans un cas de cholra asiatique
bien caractris, le mois dernier, avec plein succs. Point important:
pour administrer utilement l'argile, il faut que le tube digestif soit
vide et que le malade ne prenne aucune nourriture ni aucune boisson
alcoolique pendant vingt-quatre heures aprs avoir aval l'argile.
Celle-ci agirait en touffant, pour ainsi dire, les bactries de
l'intestin et en les empchant de se multiplier et de multiplier aussi
leurs toxines. Cette explication ne suffit peut-tre pas  rendre compte
de la rapidit avec laquelle les symptmes de la diarrhe cholriforme
et du cholra asiatique s'vanouissent aprs l'ingestion du remde. Mais
l'essentiel est que le remde agisse. Et il agit.

UN INTRESSANT CROISEMENT.

M. L. Dechambre vient de russir un assez curieux croisement de moutons.

La mre est de la race  grosse queue, qui habite l'gypte, la cte
des Somalis, Madagascar, et qui prsente les caractres suivants: tte
fine, avec une dpression au niveau de la racine du nez, oreilles
tombantes, encolure grle, poitrine troite, ventre peu dvelopp,
membres hauts et fins, queue trs volumineuse remplie de graisse. La
peau est couverte de poils; le pelage, blanc sur le corps, est noir sur
la tte et l'encolure. Le pre appartient  notre vieille race
berrichonne, qui donne d'excellente viande. Cette race a la tte fine,
les oreilles dresses, le tronc dvelopp, les membres fins, la queue
longue et mince. La toison, de finesse moyenne, est entirement blanche.

[Illustration: Une curiosit ovine: brebis de la cte des Somalis,
blier berrichon et leurs agneaux.]

Du mariage des deux types sont ns deux agneaux de sexe diffrent, qui
ont la tte fine de la mre, les oreilles dresses du pre, le dos
droit, la croupe longue, les membres hauts et fins. La grosse queue du
mouton exotique a disparu et se trouve remplace par un appendice de
forme cylindrique qui tombe au niveau de la pointe du jarret. Le corps
est couvert d'un poil brillant rappelant un peu la laine. Quant au
pelage, il diffre totalement de celui des parents: l'un des agneaux est
tout noir; l'autre est pie, avec prdominance trs marque de noir. Il y
a donc, chez les agneaux, plutt juxtaposition que fusion des caractres
des deux parents.

[Illustration: Quelques dbris du _Chatham_ retirs du canal de Suez.]

LE NOUVEL HOPITAL D'AUBERVILLIERS

Il n'y a gure plus d'un an--c'tait en juillet 1904--nous montrions 
nos lecteurs M. Mesureur, directeur de l'Assistance publique, allumant
lui-mme, par mesure de salubrit, l'incendie qui devait consumer les
baraquements insalubres, dangereux, construits lors de l'pidmie de
cholra de 1884,  Aubervilliers, et que les ncessits avaient oblig 
utiliser jusque-l malgr les conditions hyginiques dplorables qu'ils
offraient aux malades. Sur leur emplacement, on a reconstruit les
pavillons dont nous donnons aujourd'hui la vue, et qui sont les plus
confortables, les plus conformes aux prescriptions de la science
actuelle qu'on puisse trouver.

L'AGITATION OUVRIRE DANS LES ARSENAUX

[Illustration: Grvistes discutant devant la porte de l'arsenal de
Toulon.]

Depuis quelque temps, une vive agitation rgne dans nos cinq ports de
guerre, o les ouvriers des arsenaux, constitus en syndicats, ont
dcid de proclamer la grve gnrale s'il n'tait pas donn
satisfaction  leurs diverses revendications. A Cherbourg,  Brest, 
Lorient,  Rochefort,  Toulon, n'ont t, ces jours derniers, que
runions, discours, manifestes, diatribes violentes contre l'autorit
maritime; la menace de grve a mme commenc  se raliser. Le
gouvernement a montr aussitt la ferme rsolution de ne pas tolrer
davantage un tat de choses prjudiciable  la dfense nationale, et le
ministre de la Marine fit savoir que tout ouvrier n'ayant pas repris le
travail jeudi, 16 courant, se verrait ray des contrles.

LES MAQUETTES ANIMES

[Illustration: Le joueur de violoncelle sur la scne du thtre des
Marionnettes.]

[Illustration: Le nouvel hpital d'Aubervilliers.]

A Versailles, dans l'atelier du peintre Georges-Bertrand. Deux cents
spectateurs environ, la plupart venus de Paris tout exprs pour jouir du
pittoresque et rare spectacle auquel l'artiste les convie. Voici, au
premier rang, frileusement envelopp de sa pelisse, le ministre
plnipotentiaire du Japon et Mme Motono;  leur droite, M. Finot,
directeur de la _Revue_, derrire qui sourit Mme Pierson, de la
Comdie-Franaise; voici M. Gaston Menier, dput; le prince B.
Karageorgevitch, M. Ren Baschet, MM. Gaston Brardi, Mariani, le
peintre Roll; et, debout,  gauche, M. Henri Lavedan, de l'Acadmie
franaise, et Mme Lavedan, qui ont l'air de s'amuser beaucoup... Et tout
le monde, en effet, s'amuse ici infiniment; car le rideau de la petite
scne devant laquelle nous sommes assis vient de s'ouvrir, et la
premire des maquettes animes de Georges-Bertrand vient d'entrer en
scne: c'est le clown violoncelliste, dont la prodigieuse virtuosit va
nous enchanter pendant de trop courtes minutes. Aprs lui viendront la
cantatrice, le clown jongleur, le chef d'orchestre, Polin, Caruso, Cleo
de Mrode et Zambelli. Aux musiques du phonographe invisible s'adaptent
si exactement, si spirituellement les gestes, les mouvements de corps,
les jeux de physionomie de l'interprte que c'est bien, en vrit, un
petit personnage vivant qui s'agite, chante et parle devant nous!

Le peintre Georges-Bertrand s'est rvl, en cette circonstance,
sculpteur mrite, costumier, mcanicien et metteur en scne hors de
pair. Les maquettes animes sont devenues l'oeuvre et la passion de sa
vie. Puisse le succs rcompenser un effort d'art si original et si
intressant!

LA MUNICIPALIT DE NEW-YORK

Les lections locales du 7 novembre, aux tats-Unis, ont pris, comme
toujours,  New-York, le caractre d'un gros vnement, et la lutte
engage entre les partis pour la possession des pouvoirs municipaux a
t plus chaude que jamais.

[Illustration: M. G. B. Mac Clellan, dont l'lection comme maire de
New-York est conteste.]

Depuis longtemps, on le sait, la mairie de la grande cit amricaine,
sauf de rares exceptions, reste aux mains d'une puissance, bien connue
sous le nom de Tammany, sorte de syndicat intress  entretenir dans la
gestion des affaires publiques le rgime de l'arbitraire, de la
corruption et de l'exaction. C'est encore Tammany qui vient de triompher
par la rlection, en qualit de maire, de son candidat, M. Mac Clellan,
dmocrate, battant M. Hearst, socialiste, et M. Ivins, rpublicain.

[Illustration: W. J. Jrme, attorney de district de New-York.]

Son principal concurrent, M. Hearst, lequel est milliardaire quoique
socialiste, conteste la validit du scrutin, et s'est dclar prt 
payer royalement toutes les preuves matrielles de fraude et de
corruption lectorales qu'on pourra lui fournir. La justice devant tre
saisie des accusations, on comprend l'importance attribue  la
rlection du juge Jrme comme attorney de district. En effet, ce
magistrat, qui exerce des fonctions analogues  celles de notre
ministre public, est un des plus ardents champions de la rforme des
moeurs municipales  New-York et, par consquent, pour Tammany, un juge
particulirement redoutable.

[Illustration: Au premier rang: Mme Tanner. Mme Darlaud. Mme Degenne. M.
Finot. M. Motono. Mme Motono. Mme Finot. Mme Messimy. AU THTRE DES
MARIONNETTES DE M. GEORGES-BERTRAND.--Le public.--_Phot. Paul Boyer_.]



59e LEON D'HYGINE, par Henriot.



NOUVELLES INVENTIONS

(Tous les articles compris sous cette rubrique sont entirement
gratuits.)

NOUVEAU RPERTOIRE
TLPHONIQUE AVEC FICHES MOBILES

Depuis que le tlphone a pris une extension considrable, aussi bien
chez les commerants que chez les particuliers, il est fort utile de
possder un classeur pratique permettant d'avoir toujours sous les yeux,
sans tre oblig de consulter constamment l'_Annuaire_, les numros des
abonns avec lesquels on est en relations.

[Illustration:]

Le nouveau rpertoire que reprsente notre gravure, quoique d'un trs
petit volume, permet de classer d'une faon trs discrte, par lettres
alphabtiques, environ 620 noms, adresses et numros tlphoniques
d'abonns.

On peut le placer en vidence dans un bureau sans que chacun puisse y
lire les noms des personnes inscrites.

Les fiches en sont mobiles et se remplacent trs facilement, ce qui
permet de les changer quand elles sont salies ou ratures. Elles sont
maintenues aux volets que l'on voit sur notre gravure par un dcoupage
spcial et combin.

Les intresss comprendront combien ce systme est plus pratique que les
anciens tableaux sur lesquels on ne pouvait inscrire que 40 ou 50 noms
et dont le classement tait parfois difficile, tout en tant d'un volume
considrable.

Le rpertoire nouveau se fait en deux tailles:

Le grand, 31 x 23, en percaline grain soie, au prix de 3 fr. 75; le
petit, 21 x 14, en percaline grain soie, au prix de 2 fr. 90, en vert et
grenat; le grand, en maroquin grain long, 15 fr. 75; le petit, en
maroquin grain long, 9 fr. 75, en rouge, vert et grenat.

On trouve ces rpertoires chez les principaux papetiers. Demander le
Rpertoire tlphonique  fiches mobiles (marque A G). Vente en gros,
chez _M. Gonnet, 14, boulevard Saint-Germain, Paris._

Note du transcripteur: Les supplments mentionns en titre ne nous ont
pas t fournis.






End of the Project Gutenberg EBook of L'Illustration, No. 3273, 18 Novembre
1905, by Various

*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK L'ILLUSTRATION, NO. 3273, 18 ***

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Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
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increasing the number of public domain and licensed works that can be
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