The Project Gutenberg EBook of L'ebook a 40 ans (1971-2011), by Marie Lebert

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Title: L'ebook a 40 ans (1971-2011)

Author: Marie Lebert

Release Date: August 6, 2011 [EBook #36987]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK L'EBOOK A 40 ANS (1971-2011) ***




Produced by Al Haines




L'EBOOK A 40 ANS (1971-2011)

Marie Lebert

Project Gutenberg News, 2011



INTRODUCTION


L'ebook - appel aussi livre numrique - a tout juste quarante ans.
Aprs des dbuts timides, il est maintenant solidement implant  ct
du livre imprim. On peut dsormais lire un livre sur son ordinateur,
son PDA, son tlphone mobile, son smartphone ou sa tablette de
lecture.

L'ebook a 40 ans se prsente sous la forme d'une chronologie en 60
pisodes de 1971  2011. Sauf mention contraire, les citations sont des
extraits des Entretiens du NEF <www.etudes-francaises.net/entretiens/>,
Universit de Toronto, et des entretiens qui ont suivi pour les
complter. Merci  tous ceux qui sont cits ici, pour leur temps et
pour leur amiti.

Une partie de ce livre a t publi dans le magazine en ligne
ActuaLitt <www.actualitte.com> en mai et juin 2011, sous la forme
d'une srie d'articles, pour clbrer le 40e anniversaire du Projet
Gutenberg le 4 juillet 2011. Une autre partie de ce livre mane d'une
srie d'articles en anglais publie dans Project Gutenberg News
<www.gutenbergnews.org> en juillet 2011, ces articles ayant ensuite t
traduits en franais.

Ce livre marque la fin d'un projet de recherche ayant dur douze ans,
avec une centaine de participants de par le monde.

Marie Lebert, chercheuse et journaliste, s'intresse aux technologies
pour le livre et les langues. Ses livres sont librement disponibles
dans le Projet Gutenberg <www.gutenberg.org>, dans divers formats
permettant leur lecture sur tout appareil lectronique.

Copyright  2011 Marie Lebert



TABLE DES MATIRES


1971 > Le Projet Gutenberg, un projet visionnaire
1974 > Les dbuts de l'internet
1986 > Des extensions pour l'ASCII
1990 > Le web booste l'internet
1991 > L'Unicode, systme d'encodage universel
1992 > Des rpertoires de textes lectroniques
1993 > L'Online Books Page, liste de livres en ligne
1993 > Le format PDF, lanc par Adobe
1994 > L'internet comme outil de marketing
1994 > Athena, bibliothque numrique
1995 > ditel, diteur littraire n sur la toile
1995 > La presse imprime se met en ligne
1995 > Amazon, pionnier du cybercommerce
1996 > L'Internet Archive, pour les gnrations futures
1996 > CyLibris, diteur lectronique
1996 > Vers un savoir numrique
1996 > Le projet @folio, baladeur de textes
1996 > Les ditions du Choucas sur la toile
1997 > La convergence multimdia
1997 > Un portail pour les bibliothques nationales europennes
1997 > E Ink, technologie d'encre lectronique
1997 > oVosite, espace d'criture hypermdia
1997 > NON, roman multimdia
1997 > Gallica, bibliothque numrique
1998 > Des livres numriss en quantit
1998 > L'Encyclopdie de Diderot en ligne
1998 > 00h00, diteur en ligne
1998 > Un prolongement sur le web pour les livres
1998 > Un durcissement du copyright
1998 > Les premires tablettes de lecture
1999 > Du bibliothcaire au cyberthcaire
1999 > La librairie Ulysse sur le web
1999 > L'internet, personnage de roman
2000 > Encyclopdies et dictionnaires en ligne
2000 > Les aventures de Stephen King
2000 > Des auteurs de best-sellers
2000 > Cotres.net, site de littrature hypermdia
2000 > Un format standard pour le livre numrique
2000 > Numilog, librairie numrique
2000 > La Bible de Gutenberg en ligne
2001 > Le web au service des auteurs
2001 > De nouveaux genres littraires
2001 > Wikipdia, encyclopdie collaborative
2001 > D'autres tablettes de lecture
2001 > Une meilleure bande passante
2001 > Creative Commons, le copyright revisit
2003 > La Public Library of Science
2003 > Handicapzro, l'internet pour tous
2003 > Le matriel d'enseignement du MIT
2004 > Le web 2.0, communaut et partage
2005 > Du PDA au smartphone
2005 > De Google Print  Google Books
2005 > L'Open Content Alliance, bibliothque plantaire
2006 > Le catalogue collectif WorldCat en ligne
2007 > Quel avenir pour l'ebook?
2007 > Citizendium, encyclopdie exprimentale
2007 > L'Encyclopedia of Life, projet global
2009 > Indiscripts, laboratoire de scripts InDesign
2010 > Du Libri  l'iPad
2011 > L'ebook en dix points



1971 > LE PROJET GUTENBERG, UN PROJET VISIONNAIRE


[Rsum]
Le premier livre numrique est l'eText #1 du Projet Gutenberg, un
projet visionnaire fond en juillet 1971 par Michael Hart pour crer
des versions lectroniques gratuites d'oeuvres littraires et les
diffuser dans le monde entier. Au 16e sicle, Gutenberg avait permis 
chacun d'avoir des livres imprims pour un prix relativement modique.
Au 21e sicle, le Projet Gutenberg permettrait  chacun d'avoir une
bibliothque numrique gratuite. D'abord considr comme compltement
irraliste, ce projet trouve un nouveau souffle et un rayonnement
international avec l'apparition du web en 1990, ce qui facilite la
circulation des livres, puis la cration de Distributed Proofreaders en
2000, pour partager la relecture des livres entre des milliers de
volontaires. En juillet 2011, pour son 40e anniversaire, le Projet
Gutenberg compte 36.000 livres numriques, des dizaines de milliers de
tlchargements par jour, des sites web aux tats-Unis, en Australie,
en Europe et au Canada et 40 sites miroirs rpartis sur toute la
plante.

***

Le premier livre numrique est l'eText #1 du Projet Gutenberg, fond en
juillet 1971 par Michael Hart pour crer des versions lectroniques
d'oeuvres littraires et les diffuser gratuitement dans le monde
entier.

Au 16e sicle, Gutenberg avait permis  chacun d'avoir des livres
imprims pour un prix relativement modique. Au 21e sicle, le Projet
Gutenberg permettrait  chacun d'avoir une bibliothque numrique
gratuite.

# Les dbuts du projet

Comment le projet dbute-t-il? Alors tudiant  l'Universit de
l'Illinois (tats-Unis), Michael Hart se voit attribuer quelques
millions de dollars de temps machine dans le laboratoire informatique
(Materials Research Lab) de son universit.

Le 4 juillet 1971, jour de la fte nationale, il saisit The United
States Declaration of Independence (La Dclaration de l'indpendance
des tats-Unis, signe le 4 juillet 1776) sur le clavier de son
ordinateur. En caractres majuscules, puisque les caractres minuscules
n'existent pas encore. Le texte lectronique reprsente 5 Ko (kilo-
octets).

Michael diffuse un message  la centaine de personnes que reprsente le
rseau de l'poque pour indiquer o le texte est stock - sans lien
hypertexte toutefois, puisque le web ne voit le jour que vingt ans
aprs - suite  quoi le fichier est tlcharg par six personnes.

Dans la foule, Michael dcide de consacrer ce crdit-temps de quelques
millions de dollars  la recherche d'oeuvres littraires disponibles en
bibliothque,  la numrisation de celles-ci et au stockage des textes
lectroniques.

Peu aprs, il dfinit la mission du Projet Gutenberg,  savoir mettre 
la disposition de tous, par voie lectronique, le plus grand nombre
possible d'oeuvres littraires.

Ce projet trouve un rayonnement international avec l'apparition du web
en 1990, ce qui facilite la circulation des textes lectroniques et les
changes avec les volontaires.

Michael explique plus tard, en aot 1998 : Nous considrons le texte
lectronique comme un nouveau mdium, sans vritable relation avec le
papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mmes oeuvres,
mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte
lectronique une fois que les gens y sont habitus, particulirement
dans les tablissements d'enseignement.

Au lieu d'tre un ensemble de pages relies, le livre devient un texte
lectronique que l'on peut drouler en continu, au format ASCII
(American Standard Code for Information Interchange),  savoir le
format le plus simple et le plus rpandu, avec des lettres capitales
pour les termes en italique, en gras et souligns de la version
imprime, pour que le texte du livre puisse tre lu sans problme quels
que soient la machine, la plateforme et le logiciel utiliss.

# Distributed Proofreaders

Le Projet Gutenberg trouve un nouveau souffle avec la cration de
Distributed Proofreaders en 2000, pour partager la relecture des livres
entre des milliers de volontaires.

Conu en octobre 2000 par Charles Franks pour aider  la numrisation
des livres du domaine public, Distributed Proofreaders (DP) devient
rapidement la principale source du Projet Gutenberg. Le concept est de
permettre la correction partage de livres du domaine public scanns 
partir d'une version imprime puis convertis au format texte par un
logiciel OCR (fiable  99% dans le meilleur des cas, ce qui reprsente
donc quelques erreurs par page), en fragmentant ces livres en pages
pouvant tre relues par des correcteurs diffrents. Les volontaires
n'ont aucun quota  respecter.  titre indicatif, il est suggr de
relire une page par jour.

Distributed Proofreaders est officiellement affili au Projet Gutenberg
en 2002, puis devient une entit spare en mai 2006 tout en conservant
des liens troits avec le projet. Distributed Proofreaders comptabilise
10.000 livres numriss et relus par ses volontaires en dcembre 2006
et 20.000 livres en avril 2011. Distributed Proofreaders Europe (DP
Europe) voit le jour dbut 2004, et Distributed Proofreaders Canada (DP
Canada) en dcembre 2007.

# La philosophie du projet

La structure administrative et financire du Projet Gutenberg se limite
au strict minimum, avec une devise qui tient en trois mots: Less is
more. Le but est d'assurer la prennit du projet indpendamment des
crdits, des coupures de crdits et des priorits culturelles,
financires et politiques du moment. Pas de pression possible donc par
le pouvoir et par l'argent. Et respect  l'gard des volontaires, qui
sont assurs de voir leur travail utilis pendant de nombreuses annes,
si ce n'est pour plusieurs gnrations. Le suivi rgulier du projet est
assur grce  une lettre d'information hebdomadaire et mensuelle, des
forums de discussion, des wikis et des blogs.

En juillet 2011, pour son quarantime anniversaire, le Projet Gutenberg
compte 36.000 livres numriques, des dizaines de milliers de
tlchargements par jour, des sites web aux tats-Unis, en Australie,
en Europe et au Canada et 40 sites miroirs rpartis sur toute la
plante.

Quarante ans aprs les dbuts du Projet Gutenberg, Michael Hart se
dfinit toujours comme un fou de travail ddiant toute sa vie  son
projet, qu'il voit comme tant  l'origine d'une rvolution no-
industrielle. Il se dfinit aussi comme altruiste, pragmatique et
visionnaire. Aprs avoir t trait de toqu pendant de nombreuses
annes, il force maintenant le respect.

Michael prcise souvent dans ses crits que, si Gutenberg a permis 
chacun d'avoir ses propres livres - jusque-l rservs  une lite -
pour un cot relativement modique, le Projet Gutenberg permet  chacun
d'avoir une bibliothque complte gratuite - jusque-l rserve  une
collectivit -, sur un support qu'on peut glisser dans sa poche (ou
porter en pendentif autour du cou). Les collections du Projet Gutenberg
ont la taille d'une bibliothque publique de quartier, mais cette fois
disponible sur le web et tlchargeable par tous.

Au fil des ans, la mission du Projet Gutenberg reste la mme,  savoir
changer le monde par le biais de l'ebook gratuit indfiniment
reproductible, et favoriser ainsi la lecture et la culture pour tous 
moindres frais.



1974 > LES DBUTS DE L'INTERNET


[Rsum]
L'internet, embryonnaire en 1971, nat en 1974, quinze ans avant le
web. Vinton Cerf est souvent appel le pre de l'internet parce qu'il
est le co-auteur en 1974 avec Bob Kahn du protocole TCP/IP
(Transmission Control Protocol / Internet Protocol) ncessaire au bon
fonctionnement du rseau. L'internet est d'abord mis en place aux
tats-Unis pour relier les agences gouvernementales, les universits et
les centres de recherche, avant de dbuter sa progression mondiale en
1983. L'internet trouve ensuite un nouveau souffle avec l'invention du
web par Tim Berners-Lee en 1990 puis le lancement du premier navigateur
Mosaic en 1993. Vinton Cerf fonde l'Internet Society (ISOC) en 1992
pour promouvoir le dveloppement du rseau. Il explique en janvier 1998
lors d'un entretien avec le quotidien Libration: Le rseau fait deux
choses (...): comme les livres, il permet d'accumuler de la
connaissance. Mais, surtout, il la prsente sous une forme qui la met
en relation avec d'autres informations. Alors que, dans un livre,
l'information est maintenue isole.

***

L'internet, embryonnaire en 1971, nat en 1974 suite  l'invention du
protocole TCP/IP (Transmission Control Protocol / Internet Protocol)
par Vinton Cerf et Bob Kahn pour les changes de donnes, quinze ans
avant l'invention du web.

# Les premiers pas

Vinton Cerf est souvent appel le pre de l'internet parce qu'il est le
co-auteur en 1974 (avec Bob Kahn) du protocole TCP/IP (Transmission
Control Protocol / Internet Protocol) ncessaire au bon fonctionnement
du rseau. L'internet est d'abord mis en place aux tats-Unis pour
relier les agences gouvernementales, les universits et les centre de
recherche, avant de dbuter sa progression mondiale en 1983. Il trouve
ensuite un nouveau souffle avec l'invention du web par Tim Berners-Lee
en 1990 puis le lancement du premier navigateur Mosaic en 1993.

Vinton Cerf fonde l'Internet Society (ISOC) en 1992 pour promouvoir le
dveloppement du rseau. Il explique en janvier 1998 lors d'un
entretien avec le quotidien Libration: Le rseau fait deux choses
(...): comme les livres, il permet d'accumuler de la connaissance.
Mais, surtout, il la prsente sous une forme qui la met en relation
avec d'autres informations. Alors que, dans un livre, l'information est
maintenue isole.

Le web tant facile d'utilisation grce aux liens hypertextes reliant
les documents entre eux, l'internet peut enfin tre utilis par le
grand public dans les annes 1990, et pas seulement par les usagers
verss dans l'informatique. On compte 100 millions d'usagers en
dcembre 1997, avec un million de nouveaux usagers par mois, et 300
millions d'usagers en dcembre 2000.

# La situation en Europe

En ce qui concerne la connexion  l'internet, les choses sont moins
faciles en Europe qu'en Amrique du Nord. La connexion est d'abord
tarife  la dure, avec un tarif de jour trs lev et un tarif de
nuit plus intressant, d'o l'obligation de travailler la nuit pour
viter les factures trop leves. Des mouvements de grve sont lancs
fin 1998 et dbut 1999 en France, en Italie et en Allemagne dans le but
de faire pression sur les socits prestataires pour qu'elles baissent
leurs prix et qu'elles proposent des forfaits internet, avec gain de
cause les mois suivants.

Quelques annes plus tard, le haut dbit se gnralise. Jean-Paul,
webmestre du site hypermdia cotres.net, rsume la situation en janvier
2007: J'ai l'impression que nous vivons une priode "flottante", entre
les temps hroques, o il s'agissait d'avancer en attendant que la
technologie nous rattrape, et le futur, o le trs haut dbit va
librer les forces qui commencent  bouger, pour l'instant dans les
seuls jeux.

# L'internet du futur

L'internet du futur pourrait tre un rseau pervasif permettant de se
connecter en tout lieu et  tout moment sur tout type d'appareil 
travers un rseau unique et omniprsent.

Le concept de rseau pervasif est dvelopp par Rafi Haladjian,
fondateur de la socit Ozone. Comme expliqu sur le site web en 2007,
la nouvelle vague touchera notre monde physique, notre environnement
rel, notre vie quotidienne dans tous les instants. Nous n'accderons
plus au rseau, nous l'habiterons. Les composantes futures de ce rseau
(parties filiaires, parties non filiaires, oprateurs) seront
transparentes  l'utilisateur final. Il sera toujours ouvert, assurant
une permanence de la connexion en tout lieu. Il sera galement
agnostique en terme d'application(s), puisque fond sur les protocoles
mmes de l'internet. Nous attendons cela avec impatience.

Quant au contenu de l'internet, Timothy Leary, philosophe visionnaire,
le dcrit ainsi dans son livre Chaos et cyberculture?, publi en
1994: Toute l'information du monde est  l'intrieur. Et grce au
cyberespace, tout le monde peut y avoir accs. Tous les signaux humains
contenus jusque-l dans les livres ont t numriss. Ils sont
enregistrs et disponibles dans ces banques de donnes, sans compter
tous les tableaux, tous les films, toutes les missions de tl, tout,
absolument tout. En 2011, nous n'en sommes pas encore l, mais les
choses sont en bonne voie.



1986 > DES EXTENSIONS POUR L'ASCII


[Rsum]
Avec le dveloppement de l'internet hors de la sphre anglophone,
communiquer uniquement en anglais devient insuffisant, d'o la
ncessit de prendre en compte les caractres accentus d'autres
langues europennes. Publi par l'American National Standards Institute
(ANSI) en 1963, l'ASCII (American Standard Code for Information
Interchange) est le premier systme d'encodage. Il s'agit d'un code
standard de 128 caractres traduits en langage binaire sur sept bits (A
est traduit par 1000001, B est traduit par 1000010, etc.). L'ASCII
permet uniquement la lecture de l'anglais (et du latin). Des variantes
de l'ASCII sur huit bits sont publies  partir de 1986 pour prendre en
compte les caractres accentus de quelques langues europennes. La
variante pour le franais, l'espagnol et l'allemand (entre autres) est
la norme ISO 8859-1 (Latin-1). Mais les problmes sont loin d'tre
rsolus. Pour cela, il faudra attendre l'Unicode, nouveau systme
d'encodage universel dont la premire version est publie en janvier
1991.

***

Avec le dveloppement de l'internet hors de la sphre anglophone,
communiquer uniquement en anglais devient insuffisant, d'o la
ncessit de prendre en compte les caractres accentus de plusieurs
langues europennes.

#  L'ASCII sur 7 bits

Le premier systme d'encodage informatique est l'ASCII (American
Standard Code for Information Interchange). Publi en 1963 aux tats-
Unis par l'American National Standards Institute (ANSI), l'ASCII est un
code standard de 128 caractres traduits en langage binaire sur sept
bits (A est traduit par 1000001, B est traduit par 1000010, etc.).
Les 128 caractres comprennent 33 caractres de contrle (qui ne
reprsentent donc pas de symbole crit) et 95 caractres imprimables:
les 26 lettres sans accent en majuscules (A-Z) et minuscules (a-z), les
chiffres, les signes de ponctuation et quelques caractres spciaux, le
tout correspondant aux touches du clavier anglophone.

# L'ASCII sur 8 bits

L'ASCII permet uniquement la lecture de l'anglais (et du latin).
L'ASCII ne permet donc pas de prendre en compte les lettres accentues
prsentes dans bon nombre de langues europennes (franais, espagnol,
allemand, etc.), tout comme les langues disposant d'autres alphabets
(arabe, grec, russe, etc.) et  plus forte raison les langues non
alphabtiques (chinois, coren, japonais, etc.). Ceci ne pose pas de
problme majeur les premires annes, tant que l'change de fichiers
lectroniques se limite surtout  l'Amrique du Nord. Mais le
multilinguisme devient bientt une ncessit vitale. Des variantes de
l'ASCII sur huit bits sont publies  partir de 1986 pour prendre en
compte les caractres accentus de quelques langues europennes. La
variante pour le franais, l'espagnol et l'allemand (entre autres) est
la norme ISO 8859-1 (ISO Latin-1).

# Un casse-tte

Avec le dveloppement de l'internet, l'change des donnes
s'internationalise encore davantage. Mme avec des variantes de
l'ASCII, on ne peut dcidment plus se limiter  l'utilisation d'un
systme d'encodage datant des dbuts de l'informatique. De plus, le
passage de l'ASCII original  ses diffrentes variantes devient vite un
vritable casse-tte, y compris au sein de l'Union europenne, les
problmes tant entre autres la multiplication des variantes, la
corruption des donnes dans les changes informatiques ou encore
l'incompatibilit des systmes, les pages ne pouvant tre affiches que
dans une seule langue  la fois.

Olivier Gainon, fondateur de CyLibris et pionnier de l'dition
lectronique littraire, crit  ce sujet en dcembre 2000: Il faut
que le rseau respecte les lettres accentues, les lettres spcifiques,
etc. Je crois trs important que les futurs protocoles permettent une
transmission parfaite de ces aspects - ce qui n'est pas forcment
simple (dans les futures volutions de l'HTML ou des protocoles IP,
etc.). Donc il faut que chacun puisse se sentir  l'aise avec
l'internet et que ce ne soit pas simplement rserv  des (plus ou
moins) anglophones. Il est anormal aujourd'hui que la transmission
d'accents puisse poser problme dans les courriers lectroniques. La
premire dmarche me semble donc une dmarche technique. Si on arrive 
faire cela, le reste en dcoule: la reprsentation des langues se fera
en fonction du nombre de connects, et il faudra envisager  terme des
moteurs de recherche multilingues.

# L'Unicode

Publi pour la premire fois en janvier 1991, l'Unicode est un systme
d'encodage universel sur 16 bits spcifiant un nombre unique pour
chaque caractre. Ce nombre est lisible quels que soient la plateforme,
le logiciel et la langue utiliss. L'Unicode peut traiter 65.000
caractres uniques et prendre en compte tous les systmes d'criture de
la plante. L'Unicode est progressivement adopt  partir de 1998. Un
norme travail est en effet ncessaire pour sa prise en compte par tous
les logiciels et navigateurs web. Il faudra attendre dcembre 2007 pour
que l'Unicode supplante l'ASCII sur l'internet.



1990 > LE WEB BOOSTE L'INTERNET


[Rsum]
Le World Wide Web est invent en 1990 par Tim Berners-Lee, alors
chercheur au CERN (Centre europen pour la recherche nuclaire) 
Genve, en Suisse. En 1989, il met au point l'hypertexte pour relier
des documents entre eux. En 1990, il met au point le premier serveur
HTTP (HyperText Transfer Protocol) et le premier navigateur web. En
1991, le web est oprationnel et rend l'internet (qui existe depuis
1974) accessible  tous et pas seulement aux usagers verss dans
l'informatique. Des liens hypertextes permettent dsormais de passer
d'un document textuel ou visuel  un autre au moyen d'un simple clic de
souris. Plus tard, cette interactivit est encore accrue avec la
possibilit de liens hypermdias permettant de lier des textes et des
images  des vidos ou bandes sonores. Le World Wide Web Consortium
(W3C) est fond en octobre 1994 pour dvelopper les protocoles communs
du web.

***

Le World Wide Web est invent en 1990 par Tim Berners-Lee, chercheur au
CERN (Centre europen pour la recherche nuclaire)  Genve, en Suisse.
Le web rend l'internet accessible  tous et lui permet une progression
exponentielle.

# Les dbuts du web

En 1989, Tim Berners-Lee met au point l'hypertexte pour relier des
documents entre eux. En 1990, il met au point le premier serveur HTTP
(HyperText Transfer Protocol) et le premier navigateur web. En 1991, le
World Wide Web est oprationnel et rend l'internet (qui existe depuis
1974) accessible  tous et pas seulement aux usagers verss dans
l'informatique. Des liens hypertextes permettent dsormais de passer
d'un document textuel  un autre au moyen d'un clic de souris. Plus
tard, cette interactivit est encore accrue avec la possibilit de
liens hypermdias permettant de lier textes et images fixes  des
vidos ou bandes sonores.

Mosaic est le premier navigateur destin au grand public. Dvelopp par
le NSCA (National Center for Supercomputing Applications) 
l'Universit de l'Illinois (tats-Unis) et distribu gratuitement en
novembre 1993, il contribue largement au dveloppement rapide du web.
Dbut 1994, une partie de l'quipe de Mosaic migre dans la Netscape
Communications Corporation pour dvelopper un nouveau logiciel sous le
nom de Netscape Navigator. En 1995, Microsoft lance son propre
navigateur, l'Internet Explorer. Viennent ensuite d'autres navigateurs,
comme Opera ou Safari, le navigateur d'Apple.

Un consortium industriel international est fond en octobre 1994 pour
dvelopper les protocoles communs du web, sous le nom de World Wide
Consortium (W3C) et sous l'gide de Tim Berners-Lee. En 1997, une
section Internationalization / Localization regroupe les protocoles
utiliss pour crer un site web multilingue: HTML (HyperText Markup
Language), jeux (de base) de caractres, nouveaux attributs, HTTP
(HyperText Transfer Protocol), ngociation de la langue, URL (Uniform
Resource Locator) et autres identificateurs incluant des caractres non
ASCII, conseils divers.

# Le rve de Tim Berners-Lee

 la question de Pierre Ruetschi, journaliste  la Tribune de Genve,
quotidien suisse: Sept ans plus tard, tes-vous satisfait de la faon
dont le web a volu?, Tim Berners-Lee rpond en dcembre 1997 que,
s'il est heureux de la richesse et de la varit de l'information
disponible, le web n'a pas encore la puissance prvue dans sa
conception d'origine. Il aimerait que le web soit plus interactif, que
les gens puissent crer de l'information ensemble, et pas seulement
consommer celle qui leur est propose. Le web doit devenir un mdia de
collaboration, un monde de connaissance que nous partageons.

Dans un essai publi en avril 1998 sur sa propre page web (sur le site
du World Wide Web Consortium), Tim Berners-Lee explique que le rve
derrire le web est un espace d'information commun dans lequel nous
communiquons en partageant l'information. Son universalit est
essentielle,  savoir le fait qu'un lien hypertexte puisse pointer sur
quoi que ce soit, quelque chose de personnel, de local ou de global,
aussi bien une bauche qu'une ralisation trs sophistique. Deuxime
partie de ce rve, le web deviendrait d'une utilisation tellement
courante qu'il serait un miroir raliste (sinon la principale
incarnation) de la manire dont nous travaillons, jouons et nouons des
relations sociales. Une fois que ces interactions seraient en ligne,
nous pourrions utiliser nos ordinateurs pour nous aider  les analyser,
donner un sens  ce que nous faisons, et voir comment chacun trouve sa
place et comment nous pouvons mieux travailler ensemble. (extrait de
The World Wide Web: a very short personal history)

# Le web 2.0

Selon Netcraft, socit spcialise dans les mesures d'audience, le
nombre de sites web passe d'un million de sites en avril 1997  dix
millions de sites en fvrier 2000, 20 millions de sites en septembre
2000, 30 millions de sites en juillet 2001, 40 millions de sites en
avril 2003, 50 millions de sites en mai 2004, 60 millions de sites en
mars 2005, 70 millions de sites en aot 2005, 80 millions de sites en
avril 2006, 90 millions de sites en aot 2006 et 100 millions de sites
en novembre 2006, une augmentation rapide qui s'explique par
l'explosion des sites personnels et des blogs.

Le web 2.0, term lanc en 2004 par Tim O'Reilly, diteur de livres
informatiques, apporte peut-tre un dbut de rponse au rve de Tim
Berners-Lee puisqu'il est bas sur les notions de communaut et de
partage.

Quinze ans aprs la cration du web, le magazine Wired constate dans
son numro d'aot 2005 que moins de la moiti du web est commercial,
le reste fonctionne avec la passion. Quant  l'internet, d'aprs le
quotidien Le Monde du 19 aot 2005, ses trois pouvoirs - l'ubiquit,
la varit et l'interactivit - rendent son potentiel d'usages quasi
infini.

Robert Beard, professeur de langues et crateur du site A Web of Online
Dictionaries en 1995, crivait de manire prmonitoire ds septembre
1998: Le web sera une encyclopdie du monde faite par le monde pour le
monde. Il n'y aura plus d'informations ni de connaissances utiles qui
ne soient pas disponibles, si bien que l'obstacle principal  la
comprhension internationale et interpersonnelle et au dveloppement
personnel et institutionnel sera lev. Il faudrait une imagination plus
dbordante que la mienne pour prdire l'effet de ce dveloppement sur
l'humanit.



1991 > L'UNICODE, SYSTME D'ENCODAGE UNIVERSEL


[Rsum]
L'ASCII, premier systme d'encodage datant des dbuts de
l'informatique, n'est plus suffisant avec l'internationalisation de
l'internet, d'o l'intrt de l'Unicode, nouveau systme d'encodage
universel, dont la premire version est publie en janvier 1991.
L'Unicode spcifie un nombre sur 16 bits unique  chaque caractre (ou
idogramme) et lisible quels que soient la plateforme, le logiciel et
la langue utiliss. L'Unicode peut traiter 65.000 caractres et prendre
en compte tous les systmes d'criture de la plante. Il devient une
composante des spcifications du World Wide Web Consortium (W3C),
l'organisme international charg du dveloppement du web. L'utilisation
de l'Unicode se gnralise  partir de 1998, par exemple pour les
fichiers texte sous plateforme Windows (Windows NT, Windows 2000,
Windows XP et versions suivantes), qui taient jusque-l en ASCII.
L'Unicode supplante dfinitivement l'ASCII en dcembre 2007.

***

L'ASCII n'est plus suffisant avec l'internationalisation de l'internet,
d'o l'intrt de l'Unicode, nouveau systme d'encodage universel, dont
la premire version est publie en janvier 1991.

Contrairement  l'ASCII conu pour l'anglais (et le latin), avec des
variantes pour quelques langues supplmentaires, l'Unicode prend en
compte toutes les langues de la plante.

# De l'ASCII  l'Unicode

Pour mmoire, le premier systme d'encodage informatique est l'ASCII
(American Standard Code for Information Interchange), publi en 1963
aux tats-Unis par l'American National Standards Institute (ANSI) pour
encoder des informations en anglais.

Mais le multilinguisme devient bientt une ncessit vitale. Des
variantes de l'ASCII prennent en compte d'autres langues  partir de
1986. Avec le dveloppement de l'internet, l'change des donnes
s'internationalise de plus en plus, si bien qu'il n'est plus possible
de se limiter  un systme d'encodage datant des dbuts de
l'informatique, mme avec ses variantes.

Publi pour la premire fois en janvier 1991, l'Unicode est un systme
d'encodage universel sur 16 bits spcifiant un nombre unique pour
chaque caractre (ou idogramme). Ce nombre est lisible quels que
soient la plateforme, le logiciel et la langue utiliss. L'Unicode peut
traiter 65.000 caractres uniques et prendre en compte tous les
systmes d'criture de la plante.  la grande satisfaction des
linguistes, il remplace progressivement l'ASCII, avec des variantes
UTF-8, UTF-16 et UTF-32 (UTF: Unicode Transformation Format) selon le
nombre de bits utiliss pour l'encodage.

L'Unicode est maintenu par l'Unicode Consortium. Il devient une
composante des spcifications du World Wide Web Consortium (W3C), fond
en octobre 1994 pour promouvoir le dveloppement du web. L'utilisation
de l'Unicode se gnralise  partir de 1998, par exemple pour les
fichiers texte sous plateforme Windows (Windows NT, Windows 2000,
Windows XP et versions suivantes), qui taient jusque-l en ASCII.

# Une tche norme

Mais la tche s'annonce rude. Patrick Rebollar, professeur de franais
et de littrature franaise au Japon et modrateur de la liste de
diffusion LITOR (Littrature et ordinateur), prcise en janvier 2000:
Il s'agit d'abord d'un problme logiciel. Comme on le voit avec
Netscape ou Internet Explorer, la possibilit d'affichage multilingue
existe. La compatibilit entre ces logiciels et les autres (de la suite
Office de Microsoft, par exemple) n'est cependant pas acquise.
L'adoption de la table Unicode devrait rsoudre une grande partie des
problmes, mais il faut pour cela rcrire la plupart des logiciels, ce
 quoi les producteurs de logiciels rechignent du fait de la dpense,
pour une rentabilit qui n'est pas vidente car ces logiciels
entirement multilingues intressent moins de clients que les logiciels
de navigation.

Luc Dall'Armellina, co-auteur et webmestre d'oVosite, un espace
d'criture hypermdia, crit en juin 2000: Les systmes d'exploitation
se dotent peu  peu des kits de langues et bientt peut-tre de polices
de caractres Unicode  mme de reprsenter toutes les langues du
monde; reste que chaque application, du traitement de texte au
navigateur web, embote ce pas. Les difficults sont immenses: notre
clavier avec ses  250 touches avoue ses manques ds lors qu'il faille
saisir des Katakana ou Hiragana japonais, pire encore avec la langue
chinoise. La grande varit des systmes d'criture de par le monde et
le nombre de leurs signes font barrage. Mais les cueils culturels ne
sont pas moins importants, lis aux codes et modalits de
reprsentation propres  chaque culture ou ethnie. Un sentiment
prmonitoire puisque l'Unicode ne supplantera l'ASCII qu'en dcembre
2007.



1992 > DES RPERTOIRES DE TEXTES LECTRONIQUES


[Rsum]
Les premiers textes lectroniques sont recenss dans les Etext
Archives, rpertoire cr en 1992 par Paul Southworth, et dans l'E-
Zine-List, liste cre en 1993 par John Labovitz. Les premiers titres
purement lectroniques sont des textes courts de tous ordres, souvent
politiques au dbut, auxquels succdent les e-zines (electronic zines),
rdigs par une personne ou un petit groupe sur des sujets souvent
culturels, sans publicit ni profit commercial. Les Etext Archives sont
cres en 1992 par Paul Southworth, et hberges sur le site web de
l'Universit du Michigan (tats-Unis). Elles sont "un lieu d'accueil
pour les textes lectroniques de tout genre", sans juger de leur
contenu. L'E-Zine-List est cre en t 1993 par John Labovitz. En cinq
ans, de 1993  1998, les quelques dizaines d'e-zines deviennent
plusieurs centaines (3.045 e-zines recenss en novembre 1998). Le champ
de l'e-zine s'largit pour recouvrir tout type de publication publie
par voie lectronique.

***

Les premiers textes lectroniques sont recenss dans les Etext
Archives, rpertoire cr en 1992 par Paul Southworth, et dans l'E-
Zine-List, liste cre en 1993 par John Labovitz.

Les premiers titres purement lectroniques sont des textes courts de
tous ordres, souvent politiques au dbut. Viennent ensuite les e-zines
(zines lectroniques), rdigs par une personne ou un petit groupe sur
des sujets souvent culturels.

Qu'est-ce exactement qu'un zine? John explique sur le site: Pour ceux
d'entre vous qui ne connaissent pas le monde du zine, "zine" est
l'abrg de "fanzine" ou "magazine" selon votre point de vue. Les zines
sont en gnral l'oeuvre d'une personne ou d'un petit groupe, souvent
rdige pour le plaisir ou pour des raisons personnelles, et sont le
plus souvent irrvrencieux, bizarres et/ou sotriques. Les zines ne
sont pas des publications grand public - le plus souvent ils ne
contiennent pas de publicit (sauf parfois des publicits pour d'autres
zines), ils ne sont pas dirigs vers une audience de masse et ils ne
visent pas un profit commercial. Un "e-zine" est un zine qui est
distribu en partie ou uniquement sur des rseaux lectroniques tels
que l'internet.

# Les Etext Archives

Les Etext Archives sont cres en 1992 par Paul Southworth, et
hberges par le site web de l'Universit du Michigan (tats-Unis).
Elles sont un lieu d'accueil pour les textes lectroniques de tout
genre, du sacr au profane, et du politique au personnel, sans juger
de leur contenu.

Cinq ans plus tard, elles comportent six sections: (a) une section E-
zines, qui regroupe des textes lectroniques priodiques qui vont du
professionnel au personnel; (b) une section Politics, qui regroupe
des zines politiques, des essais et des pages de groupes politiques;
(c) une section Fiction, qui regroupe des publications d'auteurs
amateurs; (d) une section Religion, qui regroupe des textes religieux
grand public ou non; (e) une section Poetry, qui est un mlange
clectique de posie surtout amateur; et enfin (f) une section
Quartz, qui comprend les archives auparavant hberges 
quartz.rutgers.edu.

Comme indiqu  l'poque sur le site, "le web venait de dbuter [en
1992], le gopher tait la nouvelle technologie de pointe et le FTP
tait encore le protocole standard d'extraction de l'information pour
la grande majorit des utilisateurs. L'origine du projet a incit de
nombreuses personnes  l'associer avec l'Universit du Michigan, bien
qu'il n'ait exist aucune relation officielle et que le projet soit
entirement le fait du travail des volontaires et de dons personnels.
Le matriel est la proprit exclusive des responsables du projet. Le
projet a t lanc en rponse  l'absence d'archivage organis de
documents politiques, de priodiques et de discussions diffuses par le
biais de Usenet sur des newsgroups tels que alt.activism,
misc.activism.progressive et alt.society.anarchy. Le groupe
alt.politics.radical-left a rejoint le projet plus tard et il tait
aussi une source importante de documents et de contributeurs rguliers.
Peu de temps aprs, les zines lectroniques (e-zines) ont dbut leur
prolifration rapide sur l'internet, et il tait clair que ces
publications souffraient de la mme absence de collecte coordonne et
de prservation, sans parler du fait que la frontire tait floue entre
les e-zines (qui  l'poque tait surtout lis au hacking, au phreaking
et  l'anarchisme internet) et les documents politiques prsents sur
l'internet, si bien que la plupart des e-zines taient en phase avec
l'objectif original des Etext Archives. Une chose en amenant une autre,
des e-zines de toutes sortes - dont de nombreux titres sur divers
sujets culturels non lis  la politique - ont fini par envahir nos
archives en volume significatif."

# L'E-Zine-List

L'E-Zine-List est cre en t 1993 par John Labovitz pour recenser les
e-zines circulant dans le monde entier et accessibles par FTP (File
Transfer Protocol), gopher (systme d'information  base de menus
textuels  plusieurs niveaux), courriel, le web ou d'autres services.
La liste est actualise une fois par mois.

Comment l'E-Zine-List dbute-t-elle? Dans l'historique prsent sur le
site, John relate qu' l'origine son intention est de faire connatre
Crash, un zine imprim dont il souhaite proposer une version
lectronique.  la recherche de rpertoires, il ne trouve que le groupe
de discussion alt.zines et des archives comme The Well et les Etext
Archives. Lui vient alors l'ide d'un rpertoire organis. Il dbute
avec douze titres classs manuellement sur un traitement de texte. Puis
il crit sa propre base de donnes.

En cinq ans, de 1993  1998, les quelques dizaines d'e-zines deviennent
plusieurs centaines, et la signification mme d'e-zine s'largit pour
recouvrir tout type de publication publie par voie lectronique, mme
si, selon John, il subsiste toujours un groupe original et indpendant
dsormais minoritaire qui continue de publier suivant son coeur ou de
repousser les frontires de ce que nous appelons un zine. L'E-Zine-
List recense 3.045 titres en novembre 1998. John poursuit encore la
liste pendant quelques annes avant de passer le relais  d'autres.



1993 > L'ONLINE BOOKS PAGE, LISTE DE LIVRES EN LIGNE


[Rsum]
Alors que certains numrisent les oeuvres littraires du domaine
public, comme le Projet Gutenberg et des projets connexes, d'autres se
donnent pour tche de rpertorier celles qui sont en accs libre sur le
web, en offrant au lecteur un point d'accs commun. C'est le cas de
John Mark Ockerbloom, doctorant  l'Universit Carnegie Mellon
(Pittsburgh, Pennsylvanie, tats-Unis), qui cre l'Online Books Page en
janvier 1993 afin de recenser les livres anglophones du domaine public
en accs libre sur le web. En 1999, il rejoint l'Universit de
Pennsylvanie pour travailler  la R&D (recherche et dveloppement) de
la bibliothque numrique.  la mme poque, il y transfre l'Online
Books Page tout en gardant la mme prsentation, trs sobre, et tout en
poursuivant son travail d'inventaire dans le mme esprit. Ce rpertoire
recense 12.000 titres en 1999, 20.000 titres en 2003 (dont 4.000 titres
publis par des femmes), 25.000 titres en 2006, 30.000 titres en 2007
(dont 7.000 titres du Projet Gutenberg) et 35.000 titres en 2010.

***

L'Online Books Page est une page web cre en janvier 1993 pour
recenser les livres anglophones du domaine public en accs libre sur le
web.

Alors que certains numrisent les oeuvres littraires du domaine
public, comme le Projet Gutenberg et des projets connexes, d'autres se
donnent pour tche de rpertorier celles qui sont en accs libre sur le
web, en offrant au lecteur un point d'accs commun. C'est le cas de
John Mark Ockerbloom, doctorant  l'Universit Carnegie Mellon
(Pittsburgh, Pennsylvanie, tats-Unis), auteur de l'Online Books Page.

Cinq ans plus tard, en septembre 1998, John Mark relate: J'tais
webmestre ici pour la section informatique de la CMU [Carnegie Mellon
University], et j'ai dbut notre site local en 1993. Il comprenait des
pages avec des liens vers des ressources disponibles localement, et 
l'origine l'Online Books Page tait l'une de ces pages, avec des liens
vers des livres mis en ligne par des collgues de notre dpartement
(par exemple Robert Stockton, qui a fait des versions web de certains
textes du Projet Gutenberg). Ensuite les gens ont commenc  demander
des liens vers des livres disponibles sur d'autres sites. J'ai remarqu
que de nombreux sites (et pas seulement le Projet Gutenberg ou Wiretap)
proposaient des livres en ligne, et qu'il serait utile d'en avoir une
liste complte qui permette de tlcharger ou de lire des livres o
qu'ils soient sur l'internet. C'est ainsi que mon index a dbut.

J'ai quitt mes fonctions de webmestre en 1996, mais j'ai gard la
gestion de l'Online Books Page, parce qu'entre temps je m'tais
passionn pour l'norme potentiel qu'a l'internet de rendre la
littrature accessible au plus grand nombre. Maintenant il y a tant de
livres mis en ligne que j'ai du mal  rester  jour. Je pense pourtant
poursuivre cette activit d'une manire ou d'une autre. Je suis trs
intress par le dveloppement de l'internet en tant que mdium de
communication de masse dans les prochaines annes. J'aimerais aussi
rester impliqu dans la mise  disposition gratuite de livres sur
l'internet, que ceci fasse partie intgrante de mon activit
professionnelle, ou que ceci soit une activit bnvole mene sur mon
temps libre.

En 1998, un index de 7.000 livres en ligne est disponible par auteur,
par titre et par sujet. On trouve aussi une liste de rpertoires et
d'archives de textes en ligne, tout comme une liste de rpertoires de
publications priodiques (magazines, journaux, revues, priodiques
scientifiques).

Fin 1998, John Mark obtient son doctorat en informatique. En 1999, il
rejoint l'Universit de Pennsylvanie, o il travaille  la R&D
(recherche et dveloppement) de la bibliothque numrique.  la mme
poque, il y transfre l'Online Books Page tout en gardant la mme
prsentation, trs sobre, et tout en poursuivant son travail
d'inventaire dans le mme esprit. Ce rpertoire recense 12.000 titres
en 1999, 20.000 titres en 2003 (dont 4.000 titres publis par des
femmes), 25.000 titres en 2006, 30.000 titres en 2007 (dont 7.000
titres du Projet Gutenberg) et 35.000 titres en 2010.



1993 >  LE FORMAT PDF, LANC PAR ADOBE


[Rsum]
La socit Adobe lance en juin 1993 le format PDF (Portable Document
Format), l'Acrobat Reader (gratuit, pour lire les PDF) et l'Adobe
Acrobat (payant, pour crer des PDF). Le but du format PDF est de figer
les documents numriques dans une prsentation donne, pour conserver
la prsentation originale du document source, quelle que soit la
plateforme utilise pour le crer et pour le lire. Au fil des ans, le
format PDF devient un standard de diffusion des documents
lectroniques. L'Acrobat Reader est progressivement disponible dans
plusieurs langues, pour diverses plateformes (Windows, Mac, Linux) et
pour divers supports (ordinateur, PDA, smartphone). En mai 2003,
l'Acrobat Reader (5e version) fusionne avec l'Acrobat eBook Reader (2e
version) pour devenir l'Adobe Reader, qui dbute  la version 6 et qui
permet de lire aussi bien les fichiers PDF standard que les fichiers
PDF scuriss des livres numriques sous droits. De format
propritaire, le format PDF devient un standard ouvert en juillet 2008,
tout comme une norme ISO (ISO 32000-1:2008).

***

De la cte californienne, la socit Adobe lance en juin 1993 le format
PDF (Portable Document Format), tout comme l'Acrobat Reader (gratuit,
pour lire les PDF) et l'Adobe Acrobat (payant, pour crer des PDF).

# Un standard de diffusion

Le but du format PDF est de figer les documents numriques dans une
prsentation donne, pour conserver la prsentation originale du
document source, quelle que soit la plateforme utilise pour le crer
et pour le lire. Au fil des ans, le format PDF devient un standard de
diffusion des documents lectroniques. L'Acrobat Reader est
progressivement disponible dans plusieurs langues et pour diverses
plateformes (Windows, Mac, Linux).

Adobe annonce en aot 2000 l'acquisition de la socit Glassbook,
spcialise dans les logiciels de distribution de livres numriques 
l'intention des diteurs, libraires, diffuseurs et bibliothques.  la
mme date, Adobe passe un partenariat avec les grandes librairies en
ligne Amazon.com et Barnes  & Noble.com pour que celles-ci proposent
des titres lisibles sur l'Acrobat Reader et le Glassbook Reader dans
leur eBookStore, lanc en aot 2000 par Barnes & Noble et en novembre
2000 par Amazon.

# Deux nouveaux logiciels

En janvier 2001, Adobe lance deux nouveaux logiciels.

Le premier logiciel, gratuit, est l'Acrobat eBook Reader, qui permet de
lire les fichiers PDF de livres numriques sous droits, avec gestion
des droits par l'Adobe Content Server. Le logiciel permet d'ajouter des
notes et des signets, de choisir l'orientation de lecture des livres
(paysage ou portrait), ou encore de visualiser leur couverture dans une
bibliothque personnelle. Il utilise la technique d'affichage CoolType
et comporte un dictionnaire intgr.

Le deuxime logiciel, payant, est l'Adobe Content Server, destin aux
diteurs et distributeurs. Il s'agit d'un logiciel serveur de contenu
assurant le conditionnement, la protection, la distribution et la vente
scurise de livres numriques au format PDF. Ce systme de gestion des
droits numriques (ou systme DRM: Digital Rights Management) permet de
contrler l'accs aux livres numriques sous droits, et donc de grer
les droits d'un livre selon les consignes donnes par le gestionnaire
des droits, qui est souvent l'diteur, par exemple en autorisant ou non
l'impression ou le prt. L'Adobe Content Server sera remplac par
l'Adobe LiveCycle Policy Server en novembre 2004.

En avril 2001, Adobe passe un deuxime partenariat avec Amazon, qui met
en vente 2.000 livres numriques lisibles sur l'Acrobat eBook Reader:
titres de grands diteurs, guides de voyages, livres pour enfants, etc.

L'Acrobat Reader s'enrichit d'une version PDA, disponible pour le Palm
Pilot en mai 2001 puis pour le Pocket PC en dcembre 2001, puisque le
public commence  lire sur PDA, suscitant l'inquitude de certains
professionnels du livre (et de certains ophtalmologues) qui trouvent
que l'cran est vraiment trop petit, alors que les adeptes de la
lecture sur PDA tentent de les convaincre du contraire.

# L'Adobe Reader

En dix ans, entre 1993 et 2003, l'Acrobat Reader aurait t tlcharg
500 millions de fois. En 2003, ce logiciel est dsormais disponible
dans de nombreuses langues et pour toute plateforme (Windows, Mac,
Linux, Palm OS, Pocket PC, Symbian OS, etc.). 10% des documents
prsents sur l'internet seraient au format PDF. Des millions de
fichiers PDF sont prsents sur le web pour lecture et tlchargement ou
bien transitent par courriel. Le format PDF est galement le format de
livre numrique le plus rpandu.

En mai 2003, l'Acrobat Reader (version 5) fusionne avec l'Acrobat eBook
Reader (version 2) pour devenir l'Adobe Reader, qui dbute  la version
6 et permet de lire aussi bien les fichiers PDF standard que les
fichiers PDF scuriss des livres numriques sous droits.

Fin 2003, Adobe ouvre sa librairie en ligne, le Digital Media Store,
avec les titres au format PDF de grands diteurs tels que HarperCollins
Publishers, Random House et Simon & Schuster, ainsi que les versions
lectroniques de journaux et magazines comme le New York Times et
Popular Science. Adobe lance aussi Adobe eBooks Central, un service
permettant de lire, publier, vendre et prter des livres numriques, et
l'Adobe eBook Library, qui se veut un prototype de bibliothque de
livres numriques.

Aprs avoir t un format propritaire, le format PDF devient un
standard ouvert en juillet 2008. Il est publi en tant que norme ISO
(Organisation internationale de normalisation) sous l'appellation ISO
32000-1:2008.



1994 > L'INTERNET COMME OUTIL DE MARKETING


[Rsum]
Aussi bizarre que cela puisse paratre, des livres numriques en accs
libre favorisent la vente des mmes livres imprims. La National
Academy Press (NAP) dcide en 1994 de mettre en accs libre sur le web
le texte intgral de plusieurs centaines de livres, avec l'accord de
leurs auteurs, afin que les lecteurs puissent les feuilleter 
l'cran, comme ils l'auraient fait dans une librairie. L'diteur
utilise l'internet comme nouvel outil de marketing, avec un pari gagn,
puisque la prsence de ces livres sur le web entrane une augmentation
de la vente des mmes livres imprims. La solution choisie par la NAP
est adopte ds 1995 par la MIT Press (MIT: Massachusetts Institute of
Technology), avec un succs similaire. Les autres maisons d'dition
hsitent  se lancer dans l'aventure, pour trois raisons: le cot
excessif qu'entrane la mise en ligne de milliers de pages, les
problmes lis au droit d'auteur, et enfin la peur d'une concurrence
entre les versions numriques gratuites et les versions imprimes
payantes, qu'ils estiment nuisible aux ventes.

***

Aussi bizarre que cela puisse paratre, des livres numriques en accs
libre favorisent la vente des mmes livres imprims. La National
Academy Press (NAP) est la premire  tenter l'exprience, ds 1994,
avec un pari gagn.

La publication en ligne d'un livre  titre gratuit nuit-elle aux ventes
de la version imprime ou non?  premire vue, cela parat illogique,
crit Beth Berselli, journaliste au Washington Post, dans un article
repris par le Courrier international de novembre 1997. Un diteur de
Washington, la National Academy Press (NAP), qui a publi sur internet
700 titres de son catalogue actuel, permettant ainsi  tout un chacun
de lire gratuitement ses livres, a vu ses ventes augmenter de 17%
l'anne suivante. Qui a dit que personne n'achterait la vache si on
pouvait avoir le lait gratuitement?

# La politique atypique de la NAP

Une politique atypique porte donc ses fruits. diteur universitaire, la
National Academy Press (qui devient ensuite la National Academies
Press) publie environ 200 livres par an, surtout des ouvrages
scientifiques et techniques et des ouvrages mdicaux. En 1994,
l'diteur choisit de mettre en accs libre sur le web le texte intgral
de plusieurs centaines de livres, afin que les lecteurs puissent les
feuilleter  l'cran, comme ils l'auraient fait dans une librairie,
avant de les acheter ensuite si utile.

Ce sont les auteurs eux-mmes qui, pour mieux faire connatre leurs
livres, demandent que ceux-ci soient mis en ligne sur le site, avec
succs, puisque les ventes augmentent pour leurs correspondants
imprims.

Pour l'diteur, l'internet est un nouvel outil de marketing face aux
50.000 ouvrages publis chaque anne aux tats-Unis. Une rduction de
20% est accorde pour toute commande effectue en ligne. La prsence de
ces livres sur le web entrane aussi une augmentation des ventes par
tlphone. En 1998, le site de la NAP propose le texte intgral d'un
millier de titres.

# La MIT Press lui embote le pas

La solution choisie par la NAP est adopte en 1995 par la MIT Press
(MIT: Massachusetts Institute of Technology).  cette date, la MIT
Press publie 200 livres par an et 40 priodiques, dans divers domaines:
sciences et technologies, architecture, sciences sociales, conomie,
sciences cognitives et informatique. Nombre de livres sont mis en ligne
gratuitement sur le site, afin de marquer un engagement  long terme
pour une utilisation efficace et crative des nouvelles technologies.
La MIT Press voit rapidement les ventes de livres imprims augmenter
pour les titres disponibles gratuitement en version intgrale sur le
web.

Ces initiatives sont salues par d'autres maisons d'dition, qui
hsitent cependant  se lancer dans l'aventure, pour trois raisons: le
cot excessif qu'entrane la mise en ligne de milliers de pages, les
problmes lis au droit d'auteur, et enfin la peur d'une concurrence
entre les versions numriques gratuites et les versions imprimes
payantes, concurrence qu'ils estiment nuisible aux ventes, mme si les
expriences menes par la NAP et la MIT Press dmontrent le contraire.



1994 > ATHENA, BIBLIOTHQUE NUMRIQUE


[Rsum]
Les premires bibliothques numriques francophones dbutent avec la
saisie patiente de livres imprims ligne aprs ligne sur le clavier
d'un ordinateur. C'est le cas d'Athena (Genve), prcde par ABU
(Paris) et suivie de la Bibliothque lectronique de Lisieux
(Normandie), entre autres. ABU: la bibliothque universelle (ABU:
Association des bibliophiles universels) voit le jour en avril 1993, 
l'initiative de l'association du mme nom. Ses membres  bnvoles
dactylographient eux-mmes des oeuvres francophones du domaine public
ou bien les scannent. Athena est une bibliothque numrique  la fois
francophone et multilingue cre en 1994 par Pierre Perroud, professeur
 Genve. La Bibliothque lectronique de Lisieux est cre en juin
1996 par Olivier Bogros, directeur de la mdiathque municipale de
Lisieux, avec 370 textes courts numriss en juillet 1999.

***

Les premires bibliothques numriques francophones dbutent avec la
saisie patiente de livres imprims ligne aprs ligne sur le clavier
d'un ordinateur.

C'est le cas d'Athena (Genve), prcde par ABU (Paris) et suivie de
la Bibliothque lectronique de Lisieux (Normandie), entre autres.

# ABU: la bibliothque universelle

La toute premire bibliothque numrique franaise  voir le jour est
ABU: la bibliothque universelle. Elle est cre en juin 1993 
l'initiative de l'Association des bibliophiles universels (ABU) et
hberge sur le site du CNAM (Conservatoire national des arts et
mtiers)  Paris. Ses membres bnvoles dactylographient eux-mmes des
oeuvres francophones du domaine public ou bien les scannent. En janvier
2002, les collections comprennent 288 textes de 101 auteurs. Il ne
semble pas que d'autres textes aient t ajouts depuis.

# Athena, francophone et plurilingue

Athena est une bibliothque numrique fonde en 1994 par Pierre
Perroud, professeur au collge Voltaire  Genve (Suisse), et hberge
sur le site de l'Universit de Genve. Elle propose  la fois des
oeuvres numrises par Athena (200 oeuvres depuis 1994) et des liens
vers des oeuvres en accs libre sur le web.

En 1997, le site bilingue franais-anglais donne accs  3.500 textes
lectroniques dans des domaines aussi varis que la philosophie, les
sciences, la priode classique, la littrature, l'histoire, l'conomie,
etc. En dcembre 1998, la bibliothque offre des liens vers 8.000
textes lectroniques en plusieurs langues.

Un des objectifs d'Athena est de mettre en ligne des textes de langue
franaise (French Authors and Texts) puisque Genve est la capitale de
la Suisse francophone. Une section spcifique regroupe les auteurs et
textes suisses (Swiss Authors and Texts). On trouve aussi un rpertoire
mondial de ressources littraires en ligne (Athena Literature
Resources). Par ailleurs, Athena propose une table de minralogie qui
est l'oeuvre de Pierre Perroud et qui est consulte dans le monde
entier.

Dans un article de la revue Informatique-Informations (Genve) dat de
fvrier 1997, Pierre Perroud insiste sur la complmentarit du texte
lectronique et du livre imprim. Selon lui, les textes lectroniques
reprsentent un encouragement  la lecture et une participation
conviviale  la diffusion de la culture, notamment pour l'tude de ces
textes et la recherche textuelle. Ces textes lectroniques sont un bon
complment du livre imprim - celui-ci restant irremplaable lorsqu'il
s'agit de lire.  Mais le livre imprim reste un compagnon
mystrieusement sacr vers lequel convergent de profonds symboles: on
le serre dans la main, on le porte contre soi, on le regarde avec
admiration; sa petitesse nous rassure autant que son contenu nous
impressionne; sa fragilit renferme une densit qui nous fascine; comme
l'homme il craint l'eau et le feu, mais il a le pouvoir de mettre la
pense de celui-l  l'abri du Temps.

# La Bibliothque lectronique de Lisieux

La Bibliothque lectronique de Lisieux est cre en juin 1996 par
Olivier Bogros, directeur de la mdiathque municipale de Lisieux
(Normandie), qui l'hberge pendant deux ans sur les pages de son compte
personnel CompuServe avant d'enregistrer un nom de domaine en juin
1998.

En juillet 1999, la bibliothque lectronique comprend 370 textes
courts, numriss en mode texte  partir des collections de la
mdiathque. On y trouve des oeuvres littraires, des brochures et des
opuscules documentaires, ainsi que des manuscrits, livres et brochures
sur la Normandie.

Lanc en aot 2000, LexoTor est une base de donnes fonctionnant avec
le logiciel TACTweb (TACT: Text Analysis Computing Tools) et permettant
l'interrogation en ligne des oeuvres de la bibliothque, ainsi que des
analyses et comparaisons textuelles. Les collections comprennent 930
oeuvres et 20 galeries d'images en dcembre 2006.



1995 > DITEL, DITEUR LITTRAIRE N SUR LA TOILE


[Rsum]
ditel est le premier diteur lectronique francophone non commercial.
Le site est lanc en avril 1995 sous la houlette de Pierre Franois
Gagnon, pote et essayiste qubcois. Pierre Franois relate en juillet
2000: En fait, tout le monde et son pre savent ou devraient savoir
que le premier site d'dition en ligne commercial fut CyLibris [cr en
aot 1996  Paris par Olivier Gainon, ndlr], prcd de loin lui-mme,
au printemps de 1995, par nul autre qu'ditel, le pionnier d'entre les
pionniers du domaine, bien que nous fmes confins  l'action
symbolique collective, faute d'avoir les moyens de dboucher jusqu'ici
sur une formule de commerce en ligne vraiment viable et abordable.
D'abord site pionnier de l'dition littraire francophone, puis premier
site web d'auto-dition collective de langue franaise, ditel devient
au fil des ans un site de cyberdition non commerciale, en partenariat
avec quelques auteurs maison, ainsi qu'un webzine littraire. Un blog
lui succde quelques annes plus tard.

***

ditel, premier diteur lectronique francophone non commercial,
apparat sur la toile en avril 1995 sous la houlette de Pierre Franois
Gagnon, pote et essayiste qubcois.

Pierre Franois dcide d'utiliser le numrique pour la rception des
textes, leur archivage et leur diffusion. Il relate en juillet 2000:
En fait, tout le monde et son pre savent ou devraient savoir que le
premier site d'dition en ligne commercial fut CyLibris [cr en aot
1996  Paris par Olivier Gainon, ndlr], prcd de loin lui-mme, au
printemps de 1995, par nul autre qu'ditel, le pionnier d'entre les
pionniers du domaine, bien que nous fmes confins  l'action
symbolique collective, faute d'avoir les moyens de dboucher jusqu'ici
sur une formule de commerce en ligne vraiment viable et abordable
(...). Nous sommes actuellement trois mousquetaires [Pierre Franois
Gagnon, Jacques Massacrier et Mostafa Benhamza, ndlr]  dvelopper le
contenu original et indit du webzine littraire qui continuera de
servir de faade d'animation gratuite, offerte personnellement par les
auteurs maison  leur lectorat,  d'ventuelles activits d'dition en
ligne payantes, ds que possible au point de vue technico-financier.
Est-il encore raliste de rver  la dmocratie conomique?

Quant  l'avenir, tout ce que j'espre de mieux pour le petit diteur
indpendant issu, comme ditel, directement du net et qui cherche  y
merger enfin, c'est que les nouveaux supports de lecture, ouverts et
compatibles grce au standard OeB (Open eBook), s'imposeront d'emble
comme des objets usuels indispensables, c'est--dire multifonctionnels
et ultramobiles, intgrant  la fois l'informatique, l'lectronique
grand public et les tlcommunications, et pas plus dispendieux qu'une
console de jeux vido.

Quel est son meilleur souvenir li  l'internet? La dcouverte de
quelques amitis affinitaires, indfectibles, m'enchante encore, tandis
que l'troitesse de vision, le scepticisme ngatif qu'affichait la
vaste majorit des auteurs de science-fiction et de fantastique vis--
vis du caractre pourtant immanent et inluctable de ce qui n'est aprs
tout qu'un fantasme  la Star Trek, qui hante depuis longtemps
l'imaginaire collectif, soit l'e-book tout communicant qui tienne dans
le creux de la paume, ne cesse pas de m'tonner et de me laisser
pantois rtrospectivement.

Une conclusion? Je dirai, pour conclure, que je me trouve vraiment
fait pour tre "diteur en ligne, pote et essayiste, et peut-tre mme
un jour, romancier"! Fait  noter, c'est curieusement de la part des
potes, toujours visionnaires quand ils sont authentiques, que le
concept de livre numrique a reu le meilleur accueil!

Aprs avoir t le premier site web d'auto-dition collective de langue
franaise, ditel devient un site de cyberdition non commerciale, en
partenariat avec quelques auteurs maison, ainsi qu'un webzine
littraire. Un blog lui succde quelques annes plus tard. Le blog
prend ensuite la forme d'une vitrine de diffusion web pour quelques
livres.



1995 > LA PRESSE IMPRIME SE MET EN LIGNE


[Rsum]
La mise en ligne de la presse imprime  partir de 1995 prfigure la
mise en ligne des livres imprims quelques annes plus tard, d'o
l'intrt de ce chapitre. Au dbut des annes 1990, les premires
ditions lectroniques de journaux sont d'abord disponibles par le
biais de services commerciaux tels que America OnLine (AOL) ou
CompuServe. Les grands titres de la presse imprime lancent ensuite
leurs propres sites web. En fvrier 1995 est mis en ligne le site web
du mensuel Le Monde diplomatique, premier site d'un priodique imprim
franais, suivi des sites web de Libration fin 1995 et du Monde et de
L'Humanit en 1996. Au Royaume-Uni, le Times et le Sunday Times font
web commun sur un site dnomm Times Online. Aux tats-Unis, la version
en ligne du Wall Street Journal est payante tandis que celle du New
York Times est disponible sur abonnement gratuit. Le Washington Post
est librement disponible en ligne, tout comme le mensuel Wired.

***

La mise en ligne de la presse imprime  partir de 1995 prfigure la
mise en ligne des livres imprims quelques annes plus tard, d'o
l'intrt de ce chapitre.

Au dbut des annes 1990, les premires ditions lectroniques de
journaux sont disponibles par le biais de services commerciaux tels que
America OnLine (AOL) ou CompuServe. Suite  l'apparition du premier
navigateur fin 1993 et  la croissance rapide du web qui s'ensuit, les
grands titres de la presse imprime lancent leurs propres sites web en
1995 et 1996.

# Aux tats-Unis

Aux tats-Unis, la version en ligne du Wall Street Journal est payante,
avec 100.000 abonns en 1998. Celle du New York Times est disponible
sur abonnement gratuit. Le Washington Post propose l'actualit
quotidienne en accs libre ainsi que de nombreux articles archivs, le
tout avec images, sons et vidos. Pathfinder (rebaptis ensuite Time)
est le site web du groupe Time-Warner, diteur de Time Magazine, Sports
Illustrated, Fortune, People, Southern Living, Money, Sunset, etc. On
peut y lire les articles de ces magazines et les rechercher par date ou
par sujet. Lanc en 1992 en Californie, Wired, premier magazine imprim
entirement consacr  la culture cyber, est bien videmment prsent
sur le web.

Au Royaume-Uni, le Times et le Sunday Times font web commun sur un site
dnomm Times Online, avec possibilit de crer une dition
personnalise.

# En France

Mis en ligne en fvrier 1995, le site web du mensuel Le Monde
diplomatique est le premier site d'un priodique imprim franais.
Mont dans le cadre d'un projet exprimental avec l'Institut national
de l'audiovisuel (INA), ce site est inaugur lors du forum des images
Imagina. Il donne accs  l'ensemble des articles depuis janvier 1994,
par date, par sujet et par pays. L'intgralit du mensuel en cours est
consultable gratuitement pendant deux semaines suivant sa parution. Un
forum de discussion permet au journal de discuter avec ses lecteurs.

Fin 1995, le quotidien Libration met en ligne son site web, peu aprs
le lancement du Cahier Multimdia, un cahier imprim hebdomadaire
inclus dans l'dition du jeudi. Le site propose la Une du quotidien, la
rubrique Multimdia (qui regroupe les articles du Cahier Multimdia et
les archives des cahiers prcdents), le Cahier Livres complt par
Chapitre Un (le premier chapitre des nouveauts retenues par le
quotidien) et bien d'autres rubriques. La rubrique Multimdia est
ensuite rebaptise Numriques.

Le site du quotidien Le Monde est lanc en 1996. On y trouve des
dossiers en ligne, la Une en version graphique  partir de 13 heures,
l'intgralit du journal avant 17 heures, l'actualit en liaison avec
l'AFP (Agence France-Presse) et des rubriques sur la Bourse, les
livres, le multimdia et le sport. En 1998, le journal complet en ligne
cote 5 FF (0,76 euros) alors que le journal imprim cote 7,50 FF
(1,15 euros). S'ils concernent le multimdia, les articles du
supplment imprim hebdomadaire Tlvision-Radio-Multimdia sont
disponibles gratuitement en ligne dans la rubrique Multimdia,
rebaptise ensuite Nouvelles technologies.

L'Humanit est le premier quotidien franais  proposer la version
intgrale du journal en accs libre. Classs par rubriques, les
articles sont disponibles entre 10 heures et 11 heures du matin, 
l'exception de L'Humanit du samedi, disponible en ligne le lundi
suivant. Tous les articles sont archivs sur le site.

# L'internet,  la fois une menace et une chance

Quelles sont les retombes de l'internet pour les journalistes? Bernard
Boudic, le responsable ditorial du site web du quotidien Ouest-France
(site lanc en juillet 1996), explique en juin 1998: Elles sont encore
minces. Nous commenons seulement  offrir un accs internet  chacun
(rdaction d'Ouest-France: 370 journalistes rpartis dans soixante
rdactions, sur douze dpartements... pas simple). Certains utilisent
internet pour la messagerie lectronique (courrier interne ou externe,
rception de textes de correspondants  l'tranger, envoi de fichiers
divers) et comme source d'informations. Mais cette pratique demande
encore  s'tendre et  se gnraliser. Bien sr, nous rflchissons
aussi  tout ce qui touche  l'criture multimdia et  sa rtro-action
sur l'criture imprime, aux changements d'habitudes de nos lecteurs,
etc. (...)

Internet est  la fois une menace et une chance. Menace sur l'imprim,
trs certainement (captation de la pub et des petites annonces,
changement de rflexes des lecteurs, perte du got de l'imprim,
concurrence d'un mdia gratuit, que chacun peut utiliser pour diffuser
sa propre info, etc.). Mais c'est aussi l'occasion de relever tous ces
dfis, de rajeunir la presse imprime.

Tous sujets que l'on retrouve quelques annes plus tard dans les dbuts
du livre numrique: rapport accru de l'auteur avec ses lecteurs,
version payante et/ou version gratuite, version numrique et/ou version
imprime, etc.



1995 > AMAZON, PIONNIER DU CYBERCOMMERCE


[Rsum]
Un nouveau type de librairie nat sur l'internet, avec un site web
comme vitrine et des transactions uniquement en ligne, la plus connue
tant Amazon. Amazon.com est lanc en juillet 1995 par Jeff Bezos 
Seattle, sur la cte ouest des tats-Unis. La librairie en ligne dbute
avec dix salaris et trois millions d'articles. Les vitrines de la
librairie sont ses pages web, et toutes les transactions se font via
l'internet. Les livres sont stocks dans de gigantesques hangars avant
d'tre directement envoys aux clients par courrier postal. En novembre
2000, Amazon compte 7.500 salaris, 28 millions d'articles, 23 millions
de clients et quatre filiales au Royaume-Uni (filiale ouverte en
octobre 1998), en Allemagne (octobre 1998), en France (aot 2000) et au
Japon (novembre 2000). Une cinquime filiale est ouverte au Canada
(juin 2002), suivie d'une sixime filiale, Joyo, en Chine (septembre
2004). Prsent dans sept pays et devenu une rfrence mondiale du
commerce en ligne (avec eBay), Amazon compte 9.000 salaris et 41
millions de clients en juillet 2005.

***

Un nouveau type de librairie nat sur l'internet, avec un site web
comme vitrine et des transactions uniquement en ligne, la plus connue
tant Amazon.

Sous la houlette de Jeff Bezos, Amazon.com ouvre ses portes
virtuelles en juillet 1995 avec un catalogue de trois millions de
livres -  savoir l'ensemble de la production imprime disponible  la
vente aux tats-Unis - et dix salaris bass  Seattle, sur la cte
ouest. Les livres sont stocks dans de gigantesques hangars avant
d'tre directement envoys aux clients par courrier postal.

# Les dbuts

Quinze mois auparavant, au printemps 1994, Jeff Bezos fait une tude de
march pour dcider du meilleur produit  vendre sur l'internet. Dans
sa liste de vingt produits marchands, qui comprennent entre autres les
vtements et les instruments de jardinage, les cinq premiers du
classement se trouvent tre les livres, les CD, les vidos, les
logiciels et le matriel informatique.

Jeff Bezos relate en 1997 dans le kit de presse d'Amazon: J'ai utilis
tout un ensemble de critres pour valuer le potentiel de chaque
produit. Le premier critre a t la taille des marchs existants. J'ai
vu que la vente des livres reprsentait un march mondial de 82
milliards de dollars US. Le deuxime critre a t la question du prix.
Je voulais un produit bon march. Mon raisonnement tait le suivant:
puisque c'tait le premier achat que les gens allaient faire en ligne,
il fallait que la somme  payer soit modique. Le troisime critre a
t la varit dans le choix. Il y avait trois millions de titres pour
les livres alors qu'il n'y avait que 300.000 titres pour les CD, par
exemple.

# Les associs

Au printemps 1997, Amazon.com - que tout le monde appelle dsormais
Amazon - dcide de s'inspirer du systme d'associs en ligne lanc
quelques mois plus tt par l'Internet Bookshop (Royaume-Uni), qui est
la plus grande librairie en ligne europenne.

Tout dtenteur d'un site web peut vendre des livres appartenant au
catalogue d'Amazon et toucher un pourcentage de 15% sur les ventes.
L'associ(e) slectionne les titres du catalogue qui l'intressent,
en fonction de ses centres d'intrt, et rdige ses propres rsums.
Amazon reoit les commandes par son intermdiaire, expdie les livres,
rdige les factures et lui envoie un rapport hebdomadaire d'activit
avec le rglement correspondant.

Le rseau d'Amazon compte 30.000 sites affilis au printemps 1998 et
60.000 sites en juin 1998, qui sont autant de vitrines supplmentaires
pour la librairie en ligne. Les affilis sont aussi des socits telles
que Adobe, InfoBeat, Kemper Funds, PR Newswire, Travelocity, Virtual
Vineyards et Xoom.

# L'expansion

Outre les livres, Amazon propose galement des CD, des DVD, des jeux
informatiques, etc. On peut consulter le catalogue  l'cran, lire le
rsum des livres choisis ou mme des extraits, puis passer sa commande
en ligne. Le contenu ditorial du site change quotidiennement et se
veut un magazine littraire en ligne, avec des conseils de lecture, des
articles manant de journalistes connus (qui travaillaient auparavant
dans la presse imprime), des entretiens avec des auteurs et des
commentaires de lecteurs. En juillet 1998, Amazon compte 1,5 million de
clients dans 160 pays, le public s'habituant peu  peu aux achats en
ligne.

En novembre 2000, Amazon compte 7.500 salaris, 28 millions d'articles,
23 millions de clients et quatre filiales au Royaume-Uni (filiale
ouverte en octobre 1998), en Allemagne (octobre 1998), en France (aot
2000) et au Japon (novembre 2000). Amazon ouvre plus tard une cinquime
filiale en juin 2002, cette fois au Canada, puis une sixime filiale
(dnomme Joyo) en Chine en septembre 2004.

# L'eBookStore

Amazon ouvre son eBookStore en novembre 2000 avec un catalogue de 1.000
livres numriques. Avant ce lancement, la librairie en ligne signe deux
partenariats en aot 2000, l'un avec Microsoft pour proposer des livres
lisibles sur le Microsoft Reader, et l'autre avec Adobe pour proposer
des titres lisibles sur l'Acrobat Reader.

Amazon conclut ensuite un deuxime partenariat avec Adobe en avril 2001
pour la mise en vente de 2.000 livres numriques lisibles sur l'Acrobat
eBook Reader (le nouveau logiciel d'Adobe grant les livres sous
droits). Ces livres sont notamment des titres de grands diteurs, des
guides de voyages et des livres pour enfants.

Prsent dans sept pays et devenu une rfrence mondiale du commerce en
ligne (avec eBay), Amazon fte ses dix ans d'existence en juillet 2005,
avec 41 millions de clients et 9.000 salaris.

# Barnes & Noble

Le principal concurrent d'Amazon est Barnes & Noble, qui lance sa
librairie en ligne en mai 1997. Celle-ci est finance en partenariat
avec le gant des mdias Bertelsmann pendant six ans, avant que Barnes
& Noble ne rachte la part dtenue par Bertelsmann (36,8%) en juillet
2003 pour 164 millions de dollars US.

Contrairement  Amazon, librairie uniquement virtuelle, le site
Barnes & Noble.com s'appuie sur une chane de librairies qui, en 1997,
comprend 480 librairies rparties dans 48 des 50 tats que compte le
pays. Ds les dbuts du site, Barnes & Noble se livre  une guerre des
prix avec Amazon,  la plus grande joie des clients qui profitent de
cette course aux rabais pour faire une conomie de 20  40% sur
certains titres.

Barnes & Noble.com ouvre ensuite son eBookStore en aot 2000, trois
mois avant Amazon, pour y proposer des livres numriques, suite  un
partenariat avec Microsoft en janvier 2000 pour la vente de livres
lisibles sur le Microsoft Reader puis un partenariat avec Adobe en aot
2000 pour la vente de livres lisibles sur l'Acrobat Reader et le
Glassbook Reader, Adobe ayant rachet la socit Glassbook  la mme
date.



1996 > L'INTERNET ARCHIVE, POUR LES GNRATIONS FUTURES


[Rsum]
Fonde en avril 1996 par Brewster Kahle  San Francisco (Californie),
l'Internet Archive a pour but de constituer, stocker, prserver et
grer une archive de l'internet en sauvegardant et stockant la totalit
du web tous les deux mois. L'objectif est d'offrir un outil de travail
aux universitaires, chercheurs et historiens, et de prserver un
historique de l'internet pour les gnrations futures. L'Internet
Archive se prsente donc comme une bibliothque de l'internet puis,
dans un deuxime temps, comme une bibliothque numrique  but non
lucratif destine  procurer un accs universel au savoir humain. En
octobre 2001, avec 30 milliards de pages archives, l'Internet Archive
met ses archives en accs libre sur le web grce  la Wayback Machine,
qui permet  tout un chacun d'avoir accs  l'historique d'un site. Les
archives du web reprsentent 65 milliards de pages web (provenant de 50
millions de sites web) en dcembre 2006, 85 milliards de pages web en
mai 2007 et 150 milliards de pages web en mars 2010.

***

L'Internet Archive est fonde en avril 1996 par Brewster Kahle  San
Francisco (Californie) pour prserver un historique de l'internet.

L'Internet Archive a pour but de constituer, stocker, prserver et
grer une archive de l'internet, en sauvegardant et stockant la
totalit du web tous les deux mois, afin d'offrir un outil de travail
aux universitaires, chercheurs et historiens, et de prserver un
historique de l'internet pour les gnrations prsentes et futures.

L'Internet Archive se prsente donc comme une bibliothque de
l'internet puis, dans un deuxime temps, comme une bibliothque
numrique  but non lucratif destine  procurer un accs universel au
savoir humain.

# L'importance d'un archivage du web

Comme expliqu  l'poque sur le site, de tout temps les socits ont
voulu prserver leur culture et leur hritage pour les gnrations
prsentes et futures. Les bibliothques ont donc eu pour vocation de
conserver les traces crites de ces cultures et de ces hritages, et
d'en procurer l'accs au grand public et aux chercheurs. Il parat donc
essentiel qu'elles tendent leur mission aux nouvelles technologies.
Paradoxalement, le travail de sauvegarde a souvent t mal fait au
dbut du 20e sicle. Nombreux ont t les premiers films qui ont t
recycls - et donc dfinitivement perdus - pour rcuprer la couche
d'argent prsente sur la pellicule. Nombre d'missions de radio et de
tlvision n'ont pas t conserves. Il importe donc de ne pas
reproduire la mme erreur pour l'internet, et particulirement pour le
web, un nouveau mdium dont la porte, immense, est encore mconnue en
1996. C'est la raison d'tre de l'Internet Archive.

# La Wayback Machine

En octobre 2001, avec 30 milliards de pages archives, l'Internet
Archive met ses archives en accs libre grce  la Wayback Machine, qui
permet  tout un chacun de voir l'historique d'un site web -  savoir
la prsentation et le contenu d'un site web donn - thoriquement tous
les deux mois depuis avril 1996, date de la cration de l'Internet
Archive.

En 2004, les archives du web reprsentent plus de 300 To (traoctets)
de donnes, avec une croissance de 12 To par mois. Le nombre de pages
web visibles avec la Wayback Machine est de 65 milliards (provenant de
50 millions de sites web) en dcembre 2006, 85 milliards de pages web
en mai 2007 et 150 milliards de pages web en mars 2010.

# Des collections numriques

En 2000, l'Internet Archive dbute la constitution de collections
numriques, en hbergeant notamment une partie du Million Book Project
(10.520 livres en avril 2005), tout comme des archives de films de la
priode 1903-1973, des archives de concerts live rcents, des archives
de logiciels, des archives d'images et de vidos, les sites relatifs au
11 septembre (2001), les sites relatifs aux lections de 2000
(prsidentielles) et 2002 (lection du Congrs et des gouverneurs des
tats), les sites relatifs aux pionniers du web, etc. Toutes ces
collections sont en consultation libre.

Qu'est-ce exactement que le Million Book Project? Lanc en janvier 2000
par la Carnegie Mellon University (Pennsylvanie, tats-Unis), le
Million Book Project - appel aussi Universal Library ou Universal
Digital Library (UDL) - a pour but de numriser un million de livres
dans un grand nombre de langues, en axant ses efforts sur les livres
disponibles en Inde et en Chine. En 2007, un million de livres sont
disponibles sur le site de l'universit, sous forme de fichiers image
aux formats DjVu et TIFF, avec trois sites miroirs (Inde, Chine du
Nord, Chine du Sud).

Par ailleurs, en raction au projet Google Books, l'Internet Archive
pense qu'une bibliothque numrique  vocation mondiale ne doit pas
tre lie  des enjeux commerciaux. En octobre 2005, elle lance l'Open
Content Alliance (OCA) dans l'optique de fdrer un grand nombre de
partenaires pour crer une bibliothque plantaire publique
respectueuse du copyright et sur un modle ouvert, avec des collections
consultables sur tout moteur de recherche.



1996 > CYLIBRIS, DITEUR LECTRONIQUE


[Rsum]
Fond en aot 1996  Paris par Olivier Gainon, CyLibris (de Cy, cyber
et Libris, livre) est la premire maison d'dition  utiliser
l'internet et le numrique pour publier de nouveaux auteurs
littraires. Vendus uniquement sur le web, les livres sont imprims 
la commande et envoys directement au client, ce qui permet d'viter le
stock et les intermdiaires. Au printemps 2000, CyLibris devient membre
du Syndicat national de l'dition (SNE). En 2001, certains titres sont
galement vendus en version imprime par un rseau de librairies
partenaires, notamment la Fnac, et en version numrique par Mobipocket
et Numilog. En 2003, le catalogue de CyLibris comprend une cinquantaine
de titres. CyLibris met fin  cette belle aventure en 2007.

***

Fond  Paris en aot 1996 par Olivier Gainon, CyLibris (de Cy, cyber
et Libris, livre) est le pionnier francophone de l'dition lectronique
commerciale.

CyLibris est en effet la premire maison d'dition  utiliser
l'internet et le numrique pour publier de nouveaux auteurs littraires
et quelques auteurs confirms, dans divers genres: littrature
gnrale, policiers, science-fiction, thtre et posie.

Vendus uniquement sur le web, les livres sont imprims  la commande et
envoys directement au client, ce qui permet d'viter le stock et les
intermdiaires. Des extraits sont disponibles en tlchargement libre.

# Une maison d'dition spcialise

Pendant son premier trimestre d'activit, CyLibris signe des contrats
avec treize auteurs. Fin 1999, le site compte 15.000 visites
individuelles et 3.500 livres vendus tous exemplaires confondus, avec
une anne financirement quilibre.

Olivier Gainon explique en dcembre 2000: CyLibris a t cr d'abord
comme une maison d'dition spcialise sur un crneau particulier de
l'dition et mal couvert  notre sens par les autres diteurs: la
publication de premires oeuvres, donc d'auteurs dbutants. Nous nous
intressons finalement  la littrature qui ne peut trouver sa place
dans le circuit traditionnel: non seulement les premires oeuvres, mais
les textes atypiques, inclassables ou en dcalage avec la mouvance et
les modes littraires dominantes. Ce qui est rassurant, c'est que nous
avons dj eu quelques succs ditoriaux: le grand prix de la SGDL
[Socit des gens de lettres] en 1999 pour "La Toile" de Jean-Pierre
Balpe, le prix de la litote pour "Willer ou la trahison" de Jrme
Olinon en 2000, etc. Ce positionnement de "dfricheur" est en soi
original dans le monde de l'dition, mais c'est surtout son mode de
fonctionnement qui fait de CyLibris un diteur atypique.

Cr ds 1996 autour de l'internet, CyLibris a voulu contourner les
contraintes de l'dition traditionnelle grce  deux innovations: la
vente directe par l'intermdiaire d'un site de commerce sur internet,
et le couplage de cette vente avec une impression numrique en "flux
tendu". Cela permettait de contourner les deux barrires
traditionnelles dans l'dition: les cots d'impression (et de stockage)
et les contraintes de distribution. Notre systme grait donc des flux
physiques: commande reue par internet, impression du livre command,
envoi par la poste. Je prcise que nous sous-traitons l'impression 
des imprimeurs numriques, ce qui nous permet de vendre des livres de
qualit quivalente  celle de l'offset, et  un prix comparable. Notre
systme n'est ni plus cher, ni de moindre qualit, il obit  une
conomie diffrente qui,  notre sens, devrait se gnraliser  terme.

# Une double activit

En quoi consiste l'activit d'un diteur lectronique? Je dcrirais
mon activit comme double. D'une part celle d'un diteur traditionnel
dans la slection des manuscrits et leur re-travail (je m'occupe
directement de la collection science-fiction), mais galement le choix
des maquettes, les relations avec les prestataires, etc. D'autre part,
une activit internet trs forte qui vise  optimiser le site de
CyLibris et mettre en oeuvre une stratgie de partenariat permettant 
CyLibris d'obtenir la visibilit qui lui fait parfois dfaut. Enfin, je
reprsente CyLibris au sein du SNE [NDLR: Syndicat national de
l'dition, dont CyLibris fait partie depuis le printemps 2000].
CyLibris est aujourd'hui une petite structure. Elle a trouv sa place
dans l'dition, mais est encore d'une conomie fragile sur internet.
Notre objectif est de la rendre prenne et rentable et nous nous y
employons.

# Un diteur prsent sur tous les fronts

Le site web se veut aussi un carrefour de la petite dition. Il procure
des informations pratiques aux auteurs en herbe: comment envoyer un
manuscrit  un diteur, ce que doit comporter un contrat d'dition,
comment protger ses manuscrits, comment tenter sa chance dans des
revues ou concours littraires, etc.

En 2001, certains titres sont galement vendus en version imprime par
un rseau de librairies partenaires, notamment la Fnac, et en version
numrique par Mobipocket et Numilog, pour lecture sur ordinateur ou
PDA. En 2003, le catalogue de CyLibris comprend une cinquantaine de
titres.

Par ailleurs, l'quipe de CyLibris lance en mai 1999 CyLibris Infos,
une lettre d'information lectronique gratuite dont l'objectif n'est
pas tant de promouvoir les livres de l'diteur que de prsenter
l'actualit de l'dition francophone. Volontairement dcale et souvent
humoristique sinon dcapante, la lettre, d'abord mensuelle, parat deux
fois par mois  compter de fvrier 2000, avec 565 abonns en octobre
2000. Elle change de nom en fvrier 2001 pour devenir dition-actu, qui
compte 1.500 abonns en 2003 avant de laisser place au blog de
CyLibris.

Olivier Gainon met fin  toutes ces activits ditoriales en 2007 pour
passer  d'autres projets.



1996 > VERS UN SAVOIR NUMRIQUE


[Rsum]
Vinton Cerf, pre de l'internet et fondateur de l'Internet Society
(ISOC),  explique en janvier 1998 lors d'un entretien avec le quotidien
Libration: Le rseau fait deux choses (...): comme les livres, il
permet d'accumuler de la connaissance. Mais, surtout, il la prsente
sous une forme qui la met en relation avec d'autres informations. Alors
que, dans un livre, l'information est maintenue isole. De plus,
l'information contenue dans les livres reste la mme, alors que
l'internet privilgie les informations rcentes et rgulirement
actualises. Lors d'une confrence organise en septembre 1996 par
l'IFIP (International Federation of Information Processing), Dale
Spender, professeure et chercheuse, propose une communication sous le
titre Creativity and the computer education industry en tentant de
cerner les changements apports par l'internet dans l'acquisition du
savoir et les mthodes d'enseignement.

***

L'information contenue dans les livres reste la mme, alors que
l'internet privilgie les informations rcentes et rgulirement
actualises. Il faut donc compltement repenser notre relation au
savoir.

Vinton Cerf, pre de l'internet et fondateur de l'Internet Society
(ISOC),  explique en janvier 1998 lors d'un entretien avec le quotidien
Libration: Le rseau fait deux choses (...): comme les livres, il
permet d'accumuler de la connaissance. Mais, surtout, il la prsente
sous une forme qui la met en relation avec d'autres informations. Alors
que, dans un livre, l'information est maintenue isole.

# Une nouvelle manire d'enseigner

Lors d'une confrence organise en septembre 1996 par l'IFIP
(International Federation of Information Processing), Dale Spender,
professeure et chercheuse, propose une communication sous le titre
Creativity and the computer education industry en tentant de cerner
les changements apports par l'internet dans l'acquisition du savoir et
les mthodes d'enseignement. Voici son argumentation rsume en deux
paragraphes.

Pendant plus de cinq sicles, l'enseignement est principalement bas
sur l'information donne par les livres. Or les habitudes lies 
l'imprim ne peuvent tre transfres au monde numrique.
L'enseignement en ligne offre des possibilits tellement nouvelles
qu'il n'est gure possible d'effectuer les distinctions traditionnelles
entre enseignant et enseign. Le passage de la culture imprime  la
culture numrique exige d'entirement repenser le processus
d'enseignement, puisque nous avons maintenant l'opportunit sans
prcdent de pouvoir influer sur le genre d'enseignement que nous
souhaitons.

Dans la culture imprime, l'information contenue dans les livres
restait la mme pendant un certain temps, ce qui nous a encourag 
penser que l'information tait stable. La nature mme de l'imprim est
lie  la notion de vrit, stable elle aussi. Cette stabilit et
l'ordre qu'elle engendre ont t l'un des fondements de l'ge
industriel et de la rvolution scientifique. Les notions de vrit, de
loi, d'objectivit et de preuve ont t les lments de rfrence de
nos croyances et de nos cultures. Mais la rvolution numrique change
tout ceci. Soudain l'information en ligne supplante l'information
imprime pour devenir la plus fiable et la plus utile, et l'usager est
prt  la payer en consquence. C'est cette transformation radicale
dans la nature de l'information qui doit tre au coeur du dbat relatif
aux mthodes d'enseignement.

# Trois expriences

En tmoigne l'exprience de Patrick Rebollar, professeur de franais et
de littrature franaise  Tokyo (Japon), qui raconte en juillet 1998:
Mon travail de recherche est diffrent, mon travail d'enseignant est
diffrent, mon image en tant qu'enseignant-chercheur de langue et de
littrature est totalement lie  l'ordinateur, ce qui a ses bons et
ses mauvais cts (surtout vers le haut de la hirarchie universitaire,
plutt constitue de gens gs et technologiquement rcalcitrants).
J'ai cess de m'intresser  certains collgues proches
gographiquement mais qui n'ont rien de commun avec mes ides, pour
entrer en contact avec des personnes inconnues et rparties dans
diffrents pays (et que je rencontre parfois,  Paris ou  Tokyo, selon
les vacances ou les colloques des uns ou des autres). La diffrence est
d'abord un gain de temps, pour tout, puis un changement de mthode de
documentation, puis de mthode d'enseignement privilgiant
l'acquisition des mthodes de recherche par mes tudiants, au dtriment
des contenus (mais cela dpend des cours). Progressivement, le
paradigme rticulaire l'emporte sur le paradigme hirarchique.

Robert Beard, professeur  la Bucknell University (tats-Unis), crit
en septembre 1998: En tant que professeur de langue, je pense que le
web prsente une plthore de nouvelles ressources disponibles dans la
langue tudie, de nouveaux instruments d'apprentissage (exercices
interactifs Java et Shockwave) et de test, qui sont  la disposition
des tudiants quand ceux-ci en ont le temps ou l'envie, 24 heures / 24
et 7 jours / 7. Aussi bien pour mes collgues que pour moi, et bien sr
pour notre tablissement, l'internet nous permet aussi de publier
pratiquement sans limitation. (...) L'internet nous offrira tout le
matriel pdagogique dont nous pouvons rver, y compris des notes de
lecture, exercices, tests, valuations et exercices interactifs plus
efficaces que par le pass parce que reposant davantage sur la notion
de communication.

Russon Wooldridge, professeur au dpartement des tudes franaises de
l'Universit de Toronto (Canada), explique en fvrier 2001: Mes
activits de recherche, autrefois menes dans une tour d'ivoire, se
font maintenant presque uniquement par des collaborations locales ou 
distance. (...) Tout mon enseignement exploite au maximum les
ressources d'internet (le web et le courriel): les deux lieux communs
d'un cours sont la salle de classe et le site du cours, sur lequel je
mets tous les matriaux des cours. Je mets toutes les donnes de mes
recherches des vingt dernires annes sur le web (rdition de livres,
articles, textes intgraux de dictionnaires anciens en bases de donnes
interactives, de traits du 16e sicle, etc.). Je publie des actes de
colloques, j'dite un journal, je collabore avec des collgues
franais, mettant en ligne  Toronto ce qu'ils ne peuvent pas publier
en ligne chez eux. (...) Je me rends compte que sans internet mes
activits seraient bien moindres, ou du moins trs diffrentes de ce
qu'elles sont actuellement. Donc je ne vois pas l'avenir sans.



1996 > LE PROJET @FOLIO, BALADEUR DE TEXTES


[Rsum]
Conu ds octobre 1996 par Pierre Schweitzer, architecte designer 
Strasbourg (Alsace, France), le projet @folio se dfinit comme un
baladeur de textes ou encore comme un support de lecture nomade
permettant de lire des textes glans sur l'internet. De petite taille,
il cherche  mimer, sous forme lectronique, le dispositif technique du
livre, afin d'offrir une mmoire de fac-simils relis en hypertexte
pour faciliter le feuilletage. Pierre est aussi l'auteur du logiciel
Mot@mot, un logiciel permettant de dcouper mot  mot les pages
scannes du livre. Le but est d'obtenir une chane d'images-mots
liquide qu'on peut remettre en page aussi facilement qu'une chane de
caractres pour lire le texte sur un cran de petite taille. Afin de
dvelopper @folio et Mot@mot, Pierre fait valider un brevet
international en avril 2001 puis cre la start-up franaise iCodex en
juillet 2002.

***

Conu ds octobre 1996 par Pierre Schweitzer, le projet @folio se
dfinit comme un baladeur permettant de lire des textes glans sur
l'internet.

De petite taille, ce support de lecture nomade cherche  mimer, sous
forme lectronique, le dispositif technique du livre, afin d'offrir une
mmoire de fac-simils relis en hypertexte pour faciliter le
feuilletage.

# Les dbuts du projet

Pierre Schweitzer, architecte designer  Strasbourg (Alsace, France),
explique en janvier 2001: @folio est un baladeur de textes, simple,
lger, autonome, que le lecteur remplit selon ses dsirs  partir du
web, pour aller lire n'importe o. Il peut aussi y imprimer des
documents personnels ou professionnels provenant d'un CD-Rom. Les
textes sont mmoriss en faisant: "imprimer", mais c'est beaucoup plus
rapide qu'une imprimante, a ne consomme ni encre ni papier. Les liens
hypertextes sont maintenus au niveau d'une reliure tactile. (...)

Le projet est n  l'atelier Design de l'cole d'architecture de
Strasbourg o j'tais tudiant. Il est dvelopp  l'cole nationale
suprieure des arts et industries de Strasbourg avec le soutien de
l'ANVAR-Alsace. Aujourd'hui, je participe avec d'autres  sa
formalisation, les prototypes, design, logiciels, industrialisation,
environnement technique et culturel, etc., pour transformer ce concept
en un objet grand public pertinent.

# Le logiciel Mot@mot

Pierre est aussi l'auteur du logiciel Mot@mot, un logiciel permettant
de dcouper mot  mot les pages scannes du livre. Le but est d'obtenir
une chane d'images-mots liquide qu'on peut remettre en page aussi
facilement qu'une chane de caractres pour lire le texte sur un cran
de petite taille.

Pierre explique  la mme date: La plus grande partie du patrimoine
crit existant est fix dans des livres, sur du papier. Pour rendre ces
oeuvres accessibles sur la toile, la numrisation en mode image est un
moyen trs efficace. Le projet Gallica en est la preuve. Mais il reste
le problme de l'adaptation des fac-simils d'origine  nos crans de
lecture aujourd'hui: rduits brutalement  la taille d'un cran, les
fac-simils deviennent illisibles. Sauf  manipuler les barres
d'ascenseur, ce qui ncessite un ordinateur et ne permet pas une
lecture confortable. La solution propose par Mot@mot consiste 
dcouper le livre, mot  mot, du dbut  la fin (enfin, les pages
scannes du livre...). Ces mots restent donc des images, il n'y a pas
de reconnaissance de caractres, donc pas d'erreur possible. On obtient
une chane d'images-mots liquide, qu'on peut remettre en page aussi
facilement qu'une chane de caractres. Il devient alors possible de
l'adapter  un cran de taille modeste, sans rien perdre de la
lisibilit du texte. La typographie d'origine est conserve, les
illustrations aussi.

# Le rve de Pierre Schweitzer

Afin de dvelopper le projet @folio et le logiciel Mot@mot, Pierre
Schweitzer fait valider un brevet international en avril 2001, puis
cre la start-up franaise iCodex en juillet 2002.

Cinq ans plus tard, en aot 2007, Pierre poursuit patiemment sa
croisade pour promouvoir son projet. Il s'agit d'offrir un support de
lecture efficace aux textes qui n'en ont pas, ceux qui sont accessibles
sur le web. Avec @folio, je reste persuad qu'un support de lecture
transportable qui serait  la fois simple et lger, annotable et
effaable,  bas cot, respectueux de la page et de nos traditions
typographiques, pourrait apporter un supplment de confort apprciable
 tous les usagers du texte numrique. Une ardoise dont on pourrait
feuilleter l'hypertexte  main nue, en lieu et place de
l'imprimante...

En quoi la technologie utilise est-elle diffrente de celle des autres
tablettes du march? La technologie d'@folio est inspire du fax et du
classeur  onglets. La mmoire flash est imprime comme Gutenberg
imprimait ses livres. Ce mode fac-simil ne ncessite aucun format
propritaire, il est directement lisible  l'oeil nu. Le fac-simil est
un mode de reprsentation de l'information robuste, prenne, adaptable
 tout type de contenu (de la musique imprime aux formules de
mathmatique ou de chimie) sans aucune adaptation ncessaire. C'est un
mode de reprsentation totalement ouvert et accessible  tous: il
supporte l'criture manuscrite, la calligraphie, les critures non
alphabtiques, et le dessin  main leve, toutes choses qui sont trs
difficiles  faire  l'aide d'un seul outil sur un ordinateur ou un
"ebook" classique. Cette conception technique nouvelle et trs
simplifie permet de recueillir une grande varit de contenus et
surtout, elle permet un prix de vente trs raisonnable (100 euros pour
le modle de base) dans diffrentes combinaisons de formats (tailles
d'cran) et de mmoire (nombre de pages) adaptes aux diffrentes
pratiques de lecture.

Outre cette technologie novatrice, quel serait l'avantage de la lecture
sur @folio? La simplicit d'usage, l'autonomie, le poids, le prix.
Quoi d'autre? La finesse n'est pas ngligeable pour pouvoir tre gliss
presque n'importe o. Et l'accs immdiat aux documents - pas de temps
d'attente comme quand on "allume" son ordinateur portable: @folio ne
s'allume jamais et ne s'teint pas, la dernire page lue reste affiche
et une simple pression sur le bord de l'cran permet de remonter
instantanment au sommaire du document ou aux onglets de classement.

 la mme date, en aot 2007, la revue en ligne anglophone TeleRead
fait l'loge du projet @folio en intitulant l'article Pierre
Schweitzer's Dream (Le rve de Pierre Schweitzer). Plusieurs
spcialistes anglophones, et non des moindres (David Rothman, Mike
Cook, Ellen Hage), rendent hommage  la persvrance de Pierre en
esprant voir son projet commercialis un jour.



1996 > LES DITIONS DU CHOUCAS SUR LA TOILE


[Rsum]
Bas en Haute-Savoie, le Choucas est une petite maison d'dition
spcialise dans les romans policiers, la littrature, la photographie
et les livres d'art. Le Choucas voit le jour en 1992 sous la houlette
de Nicolas et Suzanne Pewny. Au prix d'un grand nombre de nuits sans
sommeil, Nicolas Pewny cre lui-mme le site web du Choucas en novembre
1996. Les manuscrits affluent par courriel. Les corrections apportes
aux livres, les illustrations et l'envoi des documents  l'imprimeur se
font aussi par courriel. Le Choucas cesse malheureusement ses activits
en mars 2001, une disparition de plus  dplorer chez les petits
diteurs indpendants. Nicolas Pewny devient ensuite consultant en
dition lectronique et met ses comptences au service d'autres
organismes.

***

N en 1992, le Choucas est une petite maison d'dition haut-savoyarde
spcialise dans les romans policiers, la littrature, la photographie
et les livres d'art, avec un site web ds 1996.

Le Choucas voit le jour sous la houlette de Nicolas et Suzanne Pewny.
En juin 1998, Nicolas raconte: Le site des ditions du Choucas a t
cr fin novembre 1996. Lorsque je me suis rendu compte des
possibilits qu'internet pouvait nous offrir, je me suis jur que nous
aurions un site le plus vite possible. Un petit problme: nous n'avions
pas de budget pour le faire raliser. Alors, au prix d'un grand nombre
de nuits sans sommeil, j'ai cr ce site moi-mme et l'ai fait
rfrencer (ce n'est pas le plus mince travail). Le site a alors volu
en mme temps que mes connaissances (encore relativement modestes) en
la matire et s'est agrandi, et a commenc  tre un peu connu mme
hors de France et de l'Europe.

# Un changement considrable

Quels sont les atouts d'un site internet? Le changement qu'internet a
apport dans notre vie professionnelle est considrable, explique
Nicolas. Nous sommes une petite maison d'dition installe en province.
Internet nous a fait connatre rapidement sur une chelle que je ne
souponnais pas. Mme les mdias "classiques" nous ont ouvert un peu
leur portes grce  notre site. Les manuscrits affluent par le courrier
lectronique. Ainsi nous avons dit deux auteurs qubcois [NDLR:
Fernand Hroux et Liz Morency, auteurs de "Affaire de coeurs", paru en
septembre 1997]. Beaucoup de livres se ralisent (corrections,
illustrations, envoi des documents  l'imprimeur) par ce moyen. Ds le
dbut du site nous avons reu des demandes de pays o nous ne sommes
pas (encore) reprsents: tats-Unis, Japon, Amrique latine, Mexique,
malgr notre volont de ne pas devenir un site "commercial" mais
d'information et  "connotation culturelle". (Nous n'avons pas de
systme de paiement scuris, nous avons juste rfrenc sur une page
les libraires qui vendent en ligne.)

Comment Nicolas voit-il l'avenir? J'aurais tendance  rpondre par
deux questions: Pouvez-vous me dire comment va voluer internet?
Comment vont voluer les utilisateurs? Nous voudrions bien rester aussi
peu "commercial" que possible et augmenter l'interactivit et le
contact avec les visiteurs du site. Y russirons-nous? Nous avons dj
reu des propositions qui vont dans un sens oppos. Nous les avons
mises "en veille". Mais si l'volution va dans ce sens, pourrons-nous
rsister, ou trouver une "voie moyenne"? Honntement, je n'en sais
rien.

# D'diteur  consultant en dition lectronique

Le Choucas cesse malheureusement ses activits en mars 2001, une
disparition de plus  dplorer chez les petits diteurs indpendants.

Nicolas raconte en juin 2001: Comme je le prvoyais, notre
distributeur a dpos son bilan. Et malheureusement les ditions du
Choucas (ainsi que d'autres diteurs) ont cess leur activit
ditoriale. Je maintiens gracieusement le site web pour tmoignage de
mon savoir-faire d'diteur on- et off-line. (...)

Je ne regrette pas ces dix annes de lutte, de satisfactions et de
malheurs passs aux ditions du Choucas. J'ai connu des auteurs
intressants dont certains sont devenus des amis... Maintenant je fais
des publications et des sites internet pour d'autres. En ce moment pour
une ONG [organisation non gouvernementale] internationale caritative;
je suis ravi de participer (modestement)  leur activit  but non
lucratif. Enfin on ne parle plus de profit ou de manque  gagner, c'est
reposant.

Fort de son exprience dans le domaine de la librairie, de l'dition,
de l'internet et du numrique, Nicolas Pewny est maintenant consultant
en dition lectronique et met ses comptences au service d'autres
organismes.

Il crit en fvrier 2003: Je vois le livre numrique du futur comme un
"ouvrage total" runissant textes, sons, images, vido, interactivit:
une nouvelle manire de concevoir et d'crire et de lire, peut-tre sur
un livre unique, sans cesse renouvelable, qui contiendrait tout ce que
l'on a lu, unique et multiple compagnon. Utopique? Invraisemblable?
Peut-tre pas tant que cela!



1997 > LA CONVERGENCE MULTIMDIA


[Rsum]
La convergence multimdia est la convergence de tous les secteurs lis
 l'information (imprimerie, dition, presse, conception graphique,
enregistrements sonores, films, radiodiffusion, etc.) suite 
l'utilisation des techniques de numrisation. On peut galement la
dfinir comme la convergence de l'informatique, du tlphone, de la
radio et de la tlvision dans une industrie de la communication
utilisant les mmes canaux de distribution, avec acclration du
processus matriel de production. La convergence multimdia a de
nombreux revers,  savoir des contrats occasionnels et prcaires pour
les salaris, l'absence de syndicats pour les tltravailleurs, le
droit d'auteur souvent mis  mal pour les auteurs, etc. La convergence
multimdia amne-t-elle des emplois nouveaux ou bien est-elle source de
chmage? Ce sujet est dbattu ds janvier 1997 lors du Colloque sur la
convergence multimdia organis par l'Organisation internationale du
travail (BIT)  Genve, avec des dbats qui se poursuivent les annes
suivantes.

***

La convergence multimdia est la convergence de tous les secteurs lis
 l'information (imprimerie, dition, presse, conception graphique,
enregistrements sonores, films, radiodiffusion, etc.) suite 
l'utilisation des techniques de numrisation.

On peut galement la dfinir comme la convergence de l'informatique, du
tlphone, de la radio et de la tlvision dans une industrie de la
communication utilisant les mmes canaux de distribution, souvent
dnomms autoroutes de l'information (ou inforoutes), avec acclration
du processus matriel de production.

# Une approche plus concrte

La numrisation permet de crer, enregistrer, combiner, stocker,
rechercher et transmettre des textes, sons et images par des moyens
simples et rapides. Des procds similaires permettent le traitement de
l'criture, de la musique et du cinma alors que, par le pass, ce
traitement tait assur par des procds diffrents sur des supports
diffrents (papier pour l'criture, bande magntique pour la musique,
cellulod pour le cinma). De plus, des secteurs distincts comme
l'dition (qui produit des livres) et l'industrie musicale (qui produit
des disques) travaillent dsormais de concert pour produire des CD-Rom.

Pour mmoire, ceci n'est pas le premier bouleversement affectant la
chane de l'dition, loin de l. Dans les annes 1970, l'imprimerie
traditionnelle est d'abord branle par les machines de
photocomposition. Dans les annes 1980 et 1990, le cot de l'impression
continue ensuite de baisser avec les photocopieurs, les photocopieurs
couleur, les ateliers de PAO (publication assiste par ordinateur) et
le matriel d'impression numrique.

Tout contenu est dsormais systmatiquement numris pour permettre son
transfert par voie lectronique et pour acclrer la processus matriel
de production. Dans l'dition, le rdacteur, le concepteur artistique
et l'infographiste travaillent souvent simultanment au mme ouvrage.
Dans la presse, alors qu'auparavant le personnel de production devait
dactylographier les textes du personnel de rdaction, les journalistes
envoient dsormais directement leurs textes pour mise en page.

# Un colloque international

Si la convergence multimdia entrane de nouveaux emplois dans certains
secteurs  - par exemple ceux lis  la production de films ou de
produits audio-visuels - d'autres secteurs sont soumis  d'inquitantes
restructurations ou mme des licenciements en masse. Ces problmes sont
suffisamment proccupants pour tre dbattus lors d'un colloque sur la
convergence multimdia organis en janvier 1997 par l'Organisation
internationale du travail (OIT)  Genve.

Professeur associ en sciences sociales  l'Universit d'Utrecht (Pays-
Bas), Peter Leisink explique que la rdaction des textes et la
correction des preuves se font dsormais  domicile, le plus souvent
par des travailleurs ayant pris le statut d'indpendants  la suite de
licenciements et de dlocalisations ou fusions d'entreprises. Or cette
forme d'emploi tient plus du travail prcaire que du travail
indpendant, car ces personnes n'ont que peu d'autonomie et sont
gnralement tributaires d'une seule maison d'dition.

Selon Michel Muller, secrtaire gnral de la FILPAC (Fdration des
industries du livre, du papier et de la communication), les industries
graphiques franaises ont perdu 20.000 emplois en dix ans, entre 1987
et 1996, avec des effectifs qui sont passs de 110.000  90.000
salaris. Les entreprises doivent mettre sur pied des plans sociaux
trs coteux pour favoriser le reclassement des personnes licencies,
en crant des emplois souvent artificiels, alors qu'il aurait mieux
fallu financer des tudes fiables sur la manire d'quilibrer crations
et suppressions d'emplois lorsqu'il tait encore temps.

Walter Durling, directeur du grand oprateur tlphonique AT&T (tats-
Unis), insiste sur le fait que les nouvelles technologies n'apporteront
pas de changements fondamentaux  la situation des salaris au sein de
leur entreprise. L'invention du film n'a pas tu le thtre et celle de
la tlvision n'a pas fait disparatre le cinma. Les entreprises
devraient crer des emplois lis aux nouvelles technologies et les
proposer  ceux qui sont obligs de quitter d'autres postes devenus
obsoltes. Des arguments bien thoriques alors qu'il s'agit plutt d'un
problme de pourcentage. Combien de crations de postes pour combien de
licenciements?

# Des suppressions massives d'emplois

 part quelques cas particuliers mis en avant par les organisations
d'employeurs, la convergence multimdia entrane des suppressions
massives d'emplois. Partout dans le monde, des postes  faible
qualification technique sont remplacs par des postes demandant des
qualifications techniques leves. Les travailleurs peu qualifis sont
licencis. D'autres suivent une formation professionnelle
complmentaire, parfois auto-finance sur leur temps libre, et cette
formation professionnelle ne garantit pas pour autant le remploi.

Les syndicats prconisent pour leur part la cration d'emplois par
l'investissement, l'innovation, la formation aux nouvelles
technologies, la reconversion des travailleurs dont les emplois sont
supprims, des conventions collectives quitables, la dfense du droit
d'auteur, une meilleure protection des travailleurs dans le secteur
artistique, et enfin la dfense des tltravailleurs en tant que
travailleurs  part entire.

Malgr tous les efforts des syndicats, la situation deviendra-elle
aussi dramatique que celle dcrite dans une note des actes du colloque,
indiquant que certains craignent un futur dans lequel les individus
seront forcs de lutter pour survivre dans une jungle lectronique. Les
mcanismes de survie tablis au cours des dernires dcennies - tels
que relations de travail relativement stables, conventions collectives,
reprsentation des salaris, formation professionnelle procure par les
employeurs et rgimes de scurit sociale cofinancs par employeurs et
employs - risquent d'tre mis  rude preuve dans un monde du travail
qui franchit les frontires  la vitesse de la lumire.



1997 > UN PORTAIL POUR LES BIBLIOTHQUES NATIONALES EUROPENNES


[Rsum]
Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel - acronyme de Gateway and Bridge
to Europe's National Libraries -  est un portail trilingue offrant un
point d'accs unique aux services internet des bibliothques nationales
europennes. L'ide d'un tel site nat en 1994 lors de la runion
annuelle de la CENL (Conference of European National Librarians)  Oslo
(Norvge). En mars 1995, une nouvelle runion rassemble les
reprsentants des bibliothques nationales des Pays-Bas, du Royaume-Uni
et de Finlande, qui dessinent un projet pilote et sont rejoints ensuite
par les bibliothques nationales d'Allemagne, de France et de Pologne,
suite  quoi un premier site Gabriel est lanc en septembre 1995. Lors
de la runion annuelle de la CENL en 1996  Lisbonne (Portugal),
Gabriel devient un site officiel de la CENL, avec un nouveau portail
trilingue (anglais, allemand, franais) lanc en janvier 1997.

***

Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel est un portail trilingue
(anglais, allemand, franais) offrant un point d'accs unique aux
services internet des bibliothques nationales europennes.

# Le site de Gabriel

Gabriel est l'acronyme de Gateway and Bridge to Europe's National
Libraries. On lit sur le site que le choix de ce nom rappelle
galement les travaux de Gabriel Naud, dont l'"Advis pour dresser une
bibliothque" (Paris, 1627) est le premier travail thorique en Europe
sur les bibliothques et qui constitue ainsi un point de dpart sur les
bibliothques de recherche modernes. Le nom Gabriel est aussi employ
dans de nombreuses langues europennes et vient de l'Ancien Testament,
Gabriel tant l'un des archanges, ou messager cleste. Il est galement
prsent dans le Nouveau Testament et dans le Coran.

Plus prosaquement, le site offre en 1998 des liens hypertextes vers
les services internet des 38 bibliothques nationales participantes
(Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Estonie,
Finlande, France, Grce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie,
Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macdoine, Malte, Norvge, Pays-
Bas, Pologne, Portugal, Rpublique slovaque, Rpublique tchque,
Roumanie, Royaume-Uni, San Marino, Sude, Suisse, Turquie et Vatican).

Les services internet sont trs divers d'une bibliothque  l'autre,
avec une liste complte disponible par bibliothque. Ces services sont
par exemple des catalogues en ligne appels aussi OPAC (Online Public
Access Catalogues), des bibliographies nationales, des catalogues
collectifs nationaux, des index de priodiques, des serveurs web et des
gophers ( savoir des systmes d'information  base de menus textuels 
plusieurs niveaux). Une rubrique spcifique informe des projets communs
 plusieurs pays. La recherche sur Gabriel est possible par pays et par
type de services.

#  L'historique de Gabriel

Comment Gabriel voit-il le jour? L'ide d'un projet commun aux
bibliothques nationales europennes nat lors de la runion annuelle
de la CENL (Conference of European National Librarians) en 1994  Oslo
(Norvge). Le projet dbute par un tableau d'affichage lectronique
commun qui est rgulirement actualis avec les projets internet en
cours.

En mars 1995, une nouvelle runion rassemble les reprsentants des
bibliothques nationales du Pays-Bas (Koninklijke Bibliotheek), du
Royaume-Uni (British Library) et de Finlande (Helsinki University
Library), qui dessinent un projet pilote et sont rejoints ensuite par
les bibliothques nationales d'Allemagne (Die Deusche Bibliothek), de
France (Bibliothque nationale de France) et de Pologne (Biblioteka
Narodowa). Gabriel dcrirait leurs services et collections en tentant
d'inciter d'autres bibliothques nationales  participer au projet.

Lanc en septembre 1995, le premier site Gabriel est gr par la
British Library, qui s'occupe de sa maintenance ditoriale, avec deux
sites miroirs sur les serveurs des bibliothques nationales des Pays-
Bas et de Finlande.

La seconde tape se droule entre octobre 1995 et septembre 1996. Les
bibliothques nationales n'ayant pas particip  la phase pilote sont
invites  se joindre au projet puisqu'elles ont dbut en parallle
leur propre site web et leur catalogue en ligne, si bien que le nombre
de bibliothques utilisant Gabriel en tant que portail commun
s'accrot.

Pendant sa runion annuelle en septembre 1996  Lisbonne (Portugal), la
CENL dcide de prendre Gabriel sous son ombrelle et de lancer un
portail officiel plus consquent  compter de janvier 1997. Dsormais
trilingue (anglais, allemand, franais), Gabriel est maintenu par la
bibliothque nationale des Pays-Bas (Koninklijke Bibliotheek), avec
quatre sites miroir sur les serveurs des bibliothques nationales du
Royaume-Uni, de Finlande, d'Allemagne et de Slovnie.

Beaucoup plus tard, en t 2005, Gabriel fusionnera avec le site web de
l'European Library (lanc par la CENL en janvier 2004) pour proposer un
portail commun aux 43 bibliothques nationales europennes. Europeana
verra le jour trois ans aprs, en novembre 2008, en tant que
bibliothque numrique europenne.

# Les bibliothques publiques

Qu'en est-il des bibliothques publiques? Sur le site de la Commission
europenne, le document Internet and the Library Sphere value 
1.000 environ le nombre de bibliothques publiques disposant d'un site
web en novembre 1998.

Ces bibliothques sont rparties dans 26 pays. Les pays les plus
reprsents sont la Finlande (247 bibliothques), la Sude (132
bibliothques), le Royaume-Uni (112 bibliothques), le Danemark (107
bibliothques), l'Allemagne (102 bibliothques), les Pays-Bas (72
bibliothques), la Lituanie (51 bibliothques), l'Espagne (56
bibliothques) et la Norvge (45 bibliothques). La Russie a un site
commun pour 26 bibliothques publiques de recherche. Les pays
nouvellement reprsents sont la Rpublique tchque (29 bibliothques)
et le Portugal (3 bibliothques).

Les sites sont htrognes. Certains se contentent de mentionner
l'adresse postale de la bibliothque et ses heures d'ouverture, tandis
que d'autres proposent toute une gamme de services, y compris un accs
direct  leur catalogue en ligne.



1997 > E INK, TECHNOLOGIE D'ENCRE LECTRONIQUE


[Rsum]
Les recherches sur le papier lectronique sont en cours ds 1997, les
deux projets les plus avancs tant ceux des socits E Ink et Gyricon
Media. Ce support souple aura une densit comparable au papier
plastifi ou au transparent. Il pourra tre utilis indfiniment, avec
un contenu chang  volont via l'internet. Si le concept est
rvolutionnaire, le produit lui-mme est le rsultat d'une fusion entre
trois sciences, la chimie, la physique et l'lectronique. En avril
1997, des chercheurs du Media Lab du MIT (Massachusetts Institute of
Technology) crent la socit E Ink pour dvelopper une technologie
d'encre lectronique. En juillet 2002, E Ink prsente le prototype du
premier cran utilisant cette technologie, commercialis en 2004.
Suivent des crans pour diverses tablettes de lecture (Libri, Sony
Reader, Cybook, Kindle, Nook, etc.), puis les prototypes des premiers
crans souples, qui annoncent le papier lectronique de demain. Un
deuxime projet est dvelopp par la socit Gyricon Media, manation
du centre Xerox de la Silicon Valley.

***

Les recherches sur le papier lectronique sont en cours ds 1997, les
deux projets les plus avancs tant ceux des socits E Ink et Gyricon
Media.

Ce support souple aura une densit comparable au papier plastifi ou au
transparent. Il pourra tre utilis indfiniment, avec un contenu
chang  volont via l'internet. Si le concept est rvolutionnaire, le
produit lui-mme est le rsultat d'une fusion entre trois sciences, la
chimie, la physique et l'lectronique.

# La technologie E Ink

En avril 1997, des chercheurs du Media Lab du MIT (Massachusetts
Institute of Technology) crent la socit E Ink pour dvelopper une
technologie d'encre lectronique. Trs schmatiquement, la technologie
est la suivante: prises entre deux feuilles de plastique souple, des
millions de micro-capsules contiennent chacune des particules noires et
blanches en suspension dans un fluide clair. Un champ lectrique
positif ou ngatif permet de faire apparatre le groupe de particules
souhait  la surface du support, pour afficher, modifier ou effacer
les donnes.

En juillet 2002, E Ink prsente le prototype du premier cran utilisant
cette technologie, un cran de haute rsolution  matrice active
dvelopp en partenariat avec les socits Toppan et Philips. Cet cran
est commercialis en 2004. Suivent des crans pour diverses tablettes
de lecture (Libri, Sony Reader, Cybook, Kindle, Nook, etc.) puis les
prototypes des premiers crans souples, qui annoncent le papier
lectronique de demain.

La premire tablette de lecture disposant d'un cran E Ink de 6 pouces
(au lieu de l'cran LCD habituel) est le Libri, lanc en avril 2004
par Sony au Japon. Suit le Sony Reader lanc en octobre 2006 aux tats-
Unis, avec un cran utilisant une technologie E Ink plus avance, 
savoir un cran qui donne une excellente exprience de lecture, trs
proche de celle du vrai papier, et qui ne fatigue pas les yeux (Mike
Cook, auteur du site epubBooks.com). Le CyBook Gen3 lanc par Bookeen
en juillet 2007, le Kindle lanc par Amazon en novembre 2007 et le Nook
lanc par Barnes & Noble en novembre 2009 disposent galement d'un
cran E Ink.

# La technologie Gyricon

Un autre projet d'encre lectronique est dvelopp par Xerox. Le centre
Xerox de la Silicon Valley (Californie), dnomm PARC (Palo Alto
Research Center), travaille depuis 1997  la mise au point d'une
technique d'affichage dnomme Gyricon.

Le procd est un peu diffrent de celui de la socit E Ink. Trs
schmatiquement, la technologie est la suivante: prises entre deux
feuilles de plastique souple, des millions de micro-alvoles
contiennent des micro-billes bicolores en suspension dans un liquide
clair. Chaque bille est pourvue d'une charge lectrique. Une impulsion
lectrique extrieure permet la rotation des billes, et donc le
changement de couleur, pour afficher, modifier ou effacer des donnes.
Dnomm SmartPaper, ce papier lectronique est destin  tre produit
en rouleaux, tout comme le papier traditionnel.

En dcembre 2000, des chercheurs de PARC crent la socit Gyricon
Media dans le but de dvelopper et commercialiser le SmartPaper. Le
march pressenti est d'abord celui de l'affichage commercial, qui
utilise le systme SmartSign, dvelopp par Gyricon Media en complment
du SmartPaper. La vente d'affichettes fonctionnant sur piles dbute en
2004. Viennent ensuite les panneaux de signalisation lectroniques puis
les premiers prototypes de papier lectronique et de journal
lectronique. La socit Gyricon Media disparat en 2005, les activits
de recherche et de dveloppement se poursuivant au sein de Xerox.

# Le codex numrique

Christian Vandendorpe, professeur  l'Universit d'Ottawa (Canada) et
spcialiste des thories de la lecture, crit en mai 2001: Lorsque le
procd de l'encre lectronique sera commercialis sous la forme d'un
codex numrique plastifi offrant une parfaite lisibilit en lumire
rflchie, comparable  celle du papier - ce qui devrait tre courant
vers 2010 ou 2015 -, il ne fait gure de doute que la part du papier
dans nos activits de lecture quotidienne descendra  une fraction de
ce qu'elle tait hier. En effet, ce nouveau support portera  un sommet
l'idal de portabilit qui est  la base mme du concept de livre. Tout
comme le codex avait dplac le rouleau de papyrus, qui avait lui-mme
dplac la tablette d'argile, le codex numrique dplacera le codex
papier, mme si ce dernier continuera  survivre pendant quelques
dcennies, grce notamment au procd d'impression sur demande qui sera
bientt accessible dans des librairies spcialises. Avec sa matrice de
quelques douzaines de pages susceptibles de permettre l'affichage de
millions de livres, de journaux ou de revues, le codex numrique
offrira en effet au lecteur un accs permanent  la bibliothque
universelle. En plus de cette ubiquit et de cette instantanit, qui
rpondent  un rve trs ancien, le lecteur ne pourra plus se passer de
l'indexabilit totale du texte lectronique, qui permet de faire des
recherches plein texte et de trouver immdiatement le passage qui
l'intresse. Enfin, le codex numrique permettra la fusion des notes
personnelles et de la bibliothque et acclrera la mutation d'une
culture de la rception vers une culture de l'expression personnelle et
de l'interaction.



1997 > OVOSITE, ESPACE D'CRITURE HYPERMDIA


[Rsum]
Principe de base du web, l'hyperlien relie des textes et des images
entre eux, et les relie aussi  des bandes sonores ou des vidos. Des
crivains frus de nouvelles technologies ne tardent pas  en explorer
les possibilits, par exemple dans des sites d'criture hypermdia ou
des oeuvres d'hyperfiction. Mis en ligne en juin 1997, oVosite est un
espace d'criture hypermdia conu par un collectif de six auteurs
issus du dpartement hypermdia de l'Universit Paris 8: Chantal
Beaslay, Laure Carlon, Luc Dall'Armellina (qui est aussi le webmestre
d'oVosite), Philippe Meuriot, Anika Mignotte et Claude Rouah. Luc
Dall'Armellina explique en juin 2000: oVosite est un site web conu et
ralis (...) autour d'un symbole primordial et spirituel, celui de
l'oeuf. Le site s'est constitu selon un principe de cellules autonomes
qui visent  exposer et intgrer des sources htrognes (littrature,
photo, peinture, vido, synthse) au sein d'une interface unifiante.

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Mis en ligne en juin 1997, oVosite est un espace d'criture hypermdia
conu par un collectif de six auteurs issus du dpartement hypermdia
de l'Universit Paris 8.

Principe de base du web, l'hyperlien relie des textes et des images
entre eux, et les relie aussi  des bandes sonores ou des vidos. Des
auteurs frus de nouvelles technologies ne tardent pas  en explorer
les possibilits dans des sites d'criture hypermdia, par exemple
oVosite, dont les auteurs sont Chantal Beaslay, Laure Carlon, Luc
Dall'Armellina (qui est aussi son webmestre), Philippe Meuriot, Anika
Mignotte et Claude Rouah.

Luc Dall'Armellina explique en juin 2000: oVosite est un site web
conu et ralis (...) autour d'un symbole primordial et spirituel,
celui de l'oeuf. Le site s'est constitu selon un principe de cellules
autonomes qui visent  exposer et intgrer des sources htrognes
(littrature, photo, peinture, vido, synthse) au sein d'une interface
unifiante.

"Les rcits voisins", la premire cellule active, met en scne huit
nouvelles originales - mtaphores d'closion ou de gestation - 
travers des ancrages variant selon trois regards: lments de
l'environnement (rouge), personnages de l'histoire (violet),
correspondances potiques (bleu). L'interprtation de ces regards,
c'est--dire le choix des liens pour chaque lment de texte, incombe 
chaque auteur et dpend de sa perception individuelle du sujet au sein
de son univers intime. "Les rcits voisins" est une oeuvre collective,
un travail d'criture multimdia qui s'est tendu sur prs de six mois.

"Dsirs" est une proposition de fragmentation d'un pome anonyme (texte
de 1692) et qui occupe l'espace sur le mode de l'apparition des phrases
relies  des mots qui s'affichent et disparaissent au gr d'un
alatoire mesur.

# L'hyperlien et l'criture

Les possibilits offertes par l'hyperlien ont-elles chang son mode
d'criture? La rponse de Luc est  la fois ngative et positive.

Ngative d'abord: Non - parce qu'crire est de toute faon une affaire
trs intime, un mode de relation qu'on entretient avec son monde, ses
proches et son lointain, ses mythes et fantasmes, son quotidien et
enfin, appendus  l'espace du langage, celui de sa langue d'origine.
Pour toutes ces raisons, je ne pense pas que l'hypertexte change
fondamentalement sa manire d'crire, qu'on procde par touches, par
impressions, associations, quel que soit le support d'inscription, je
crois que l'essentiel se passe un peu  notre insu.

Positive ensuite: Oui - parce que l'hypertexte permet sans doute de
commencer l'acte d'criture plus tt: devanant l'activit de lecture
(associations, bifurcations, sauts de paragraphes) jusque dans l'acte
d'crire. L'criture (ceci est significatif avec des logiciels comme
StorySpace) devient peut-tre plus modulaire. On ne vise plus tant la
longue horizontalit du rcit, mais la mise en espace de ses fragments,
autonomes. Et le travail devient celui d'un tissage des units entre
elles. L'autre aspect li  la modularit est la possibilit
d'critures croises,  plusieurs auteurs. Peut-tre s'agit-il
d'ailleurs d'une mta-criture, qui met en relation les units de sens
(paragraphes ou phrases) entre elles.

# Des situations nouvelles

Luc crit aussi: La couverture du rseau autour de la surface du globe
resserre les liens entre les individus distants et inconnus. Ce qui
n'est pas simple puisque nous sommes placs devant des situations
nouvelles: ni vraiment spectateurs, ni vraiment auteurs, ni vraiment
lecteurs, ni vraiment interacteurs. Ces situations crent des nouvelles
postures de rencontre, des postures de "spectacture" ou de "lectacture"
(Jean-Louis Weissberg). Les notions de lieu, d'espace, de temps,
d'actualit sont requestionnes  travers ce mdium qui n'offre plus
gure de distance  l'vnement mais se situe comme aucun autre dans le
prsent en train de se faire. L'cart peut tre mince entre l'envoi et
la rponse, parfois immdiat (cas de la gnration de textes).

Mais ce qui frappe et se trouve reprable ne doit pas masquer les
aspects encore mal dfinis tels que les changements radicaux qui
s'oprent sur le plan symbolique, reprsentationnel, imaginaire et plus
simplement sur notre mode de relation aux autres. "Plus de proximit"
ne cre pas plus d'engagement dans la relation, de mme "plus de liens"
ne crent pas plus de liaisons, ou encore "plus de tuyaux" ne crent
pas plus de partage.

Je rve d'un internet o nous pourrions crire  plusieurs sur le mme
dispositif, une sorte de lieu d'atelier d'critures permanent et qui
autoriserait l'criture personnelle (c'est en voie d'exister), son
partage avec d'autres auteurs, leur mise en relation dans un tissage
d'hypertextes et un espace commun de notes et de commentaires sur le
travail qui se cre.



1997 > NON, ROMAN MULTIMDIA


[Rsum]
Lucie de Boutiny est l'auteure de NON, un roman multimdia dbut en
aot 1997 et publi en feuilleton par Synesthsie, revue en ligne d'art
contemporain. Elle raconte en juin 2000: NON est un roman comique qui
fait la satire de la vie quotidienne d'un couple de jeunes cadres
supposs dynamiques. Bien qu'appartenant  l'lite high-tech d'une
industrie florissante, Monsieur et Madame sont les jouets de la dite
rvolution numrique. (...) NON prolonge les expriences du roman post-
moderne (rcits tout en digression, polysmie avec jeux sur les
registres - naturaliste, mlo, comique... - et les niveaux de langues,
etc.). Cette hyper-stylisation permet  la narration des dveloppements
inattendus et offre au lecteur l'attrait d'une navigation dans des
rcits multiples et multimdias, car l'crit  l'cran s'apparente  un
jeu et non seulement se lit mais aussi se regarde.

***

Lucie de Boutiny est l'auteure de NON, un roman multimdia dbut en
aot 1997 et publi en feuilleton par Synesthsie, revue en ligne d'art
contemporain.

Elle raconte en juin 2000: NON prolonge les expriences du roman post-
moderne (rcits tout en digression, polysmie avec jeux sur les
registres - naturaliste, mlo, comique... - et les niveaux de langues,
etc.). Cette hyperstylisation permet  la narration des dveloppements
inattendus et offre au lecteur l'attrait d'une navigation dans des
rcits multiples et multimdia, car l'crit  l'cran s'apparente  un
jeu et non seulement se lit mais aussi se regarde.

Quant au sujet: NON est un roman comique qui fait la satire de la vie
quotidienne d'un couple de jeunes cadres supposs dynamiques. Bien
qu'appartenant  l'lite high-tech d'une industrie florissante,
Monsieur et Madame sont les jouets de la dite rvolution numrique.
Madame, aprs quelques annes de bons et loyaux services d'audit
expatrie dans les pays asiatiques, vient d'tre licencie.  longueur
de journes inactives, elle se pme d'extase devant une sitcom
sirupeuse et dpense sans compter l'argent du mnage dans des achats
compulsifs en ligne. Monsieur fait semblant d'aimer son travail de
vendeur de bases de donnes en ligne. Il cherche un sens  sa vie
d'homme blanc suppos appartenir  une lite sociale: ses attentes sont
calques sur les valeurs diffuses par la publicit omniprsente. Les
personnages sont des bons produits. Les images et le style graphique
qui accompagnent leur petite vie conventionnelle ne se privent pas de
dtourner nombre de vrais bandeaux publicitaires et autres icnes qui
font l'apologie d'une vie bien encadre par une socit de contrle.

# Une concentration maximale

Les romans prcdents de Lucie de Boutiny sont publis sous forme
imprime. Un roman numrique requiert-il une dmarche diffrente?
D'une manire gnrale, mon humble exprience d'apprentie auteur m'a
rvl qu'il n'y a pas de diffrence entre crire de la fiction pour le
papier ou le pixel: cela demande une concentration maximale, un
isolement  la limite dsespr, une patience obsessionnelle dans le
travail millimtrique avec la phrase, et bien entendu, en plus de la
volont de faire, il faut avoir quelque chose  dire! Mais avec le
multimdia, le texte est ensuite mis en scne comme s'il n'tait qu'un
scnario. Et si,  la base, il n'y a pas un vrai travail sur le langage
des mots, tout le graphisme et les astuces interactives qu'on peut y
mettre fera gadget. Par ailleurs, le support modifie l'apprhension du
texte, et mme, il faut le souligner, change l'oeuvre originale. Et
cela ne signifie pas: "the medium is the message" - je vous pargne le
millionime commentaire sur cette citation. Il n'y a pas non plus
dgradation de la littrature mais dplacement...

Par exemple un concert live de jazz ,cout dans les arnes de Cimiez,
n'est plus le mme une fois enregistr, donc compress, puis cout
dans une voiture qui file sur l'autoroute. Et pourtant, le mlomane se
satisfait du formatage car ce qui compte est: "j'ai besoin de musique,
je veux l'entendre maintenant". Notre rapport  la littrature volue
dans ce sens: il y aura de plus en plus d'adaptations, de formats, de
supports, de versions, mais aussi diffrents prix pour une mme oeuvre
littraire, etc. Comme pour la musique aujourd'hui, il nous faut tre
de plus en plus instruits et riches pour possder les bonnes versions.

# Des allers-retours papier-pixel

Lucie de Boutiny ajoute aussi: Mes "conseillers littraires", des amis
qui n'ont pas ressenti le vent de libert qui souffle sur le web,
aimeraient que j'y reste, englue dans la pte  papier. Appliquant le
principe de demi-dsobissance, je fais des allers-retours papier-
pixel. L'avenir nous dira si j'ai perdu mon temps ou si un nouveau
genre littraire hypermdia va natre. (...) Si les crivains franais
classiques en sont encore  se demander s'ils ne prfrent pas le petit
carnet Clairefontaine, le Bic ou le Mont-Blanc ftiche, et un usage
modr du traitement de texte, plutt que l'ordinateur connect, c'est
que l'HTX [HyperTeXt Literature] ncessite un travail d'accouchement
visuel qui n'est pas la vocation originaire de l'crivain papier. En
plus des proccupations du langage (syntaxe, registre, ton, style,
histoire...), le techno-crivain - collons-lui ce label pour le
diffrencier - doit aussi matriser la syntaxe informatique et
participer  l'invention de codes graphiques car lire sur un cran est
aussi regarder.

# L'intelligence collective virtuelle

Que pense-t-elle de l'internet de l'an 2000? Comme tous ceux qui ont
surf avec des modems de 14.4 Ko sur le navigateur Mosaic et son
interface en carton-pte, je suis due par le fait que l'esprit
libertaire ait cd le pas aux activits librales dcrbrantes. Les
frres ennemis devraient se donner la main comme lors des premiers
jours car le net  son origine n'a jamais t un repaire de "has been"
mlancoliques, mais rien ne peut rsister  la force d'inertie de
l'argent. C'tait en effet prvu dans le scnario, des stratgies
utopistes avaient t mises en place mais je crains qu'internet ne soit
plus aux mains d'internautes comme c'tait le cas.

L'intelligence collective virtuelle pourtant se dfend bien dans divers
forums ou listes de discussions, et a,  dfaut d'tre souvent
efficace, c'est beau. Dans l'utopie originelle, on aurait aim profiter
de ce nouveau mdia, notamment de communication, pour sortir de cette
tarte  la crme qu'on se reoit chaque jour, merci  la socit du
spectacle, et ne pas rpter les erreurs de la tlvision qui n'est, du
point de vue de l'art, jamais devenue un mdia de cration ambitieux.

Sinon, les crivains franais, c'est historique, sont dans la majorit
technophobes... Les institutions culturelles et les universitaires
lettrs en revanche soutiennent les dmarches hyperlittraires  force
de colloques et publications diverses. Du ct des plasticiens, je suis
encore plus rassure, il est acquis que l'art en ligne existe.

Lucie de Boutiny participe en mai 2001  la cration d'E-critures, une
association d'artistes multimdia, en collaboration avec Grard Dalmon
et Xavier Malbreil.



1997 > GALLICA, BIBLIOTHQUE NUMRIQUE


[Rsum]
Bibliothque numrique de la Bibliothque nationale de France (BnF),
Gallica est inaugur en octobre 1997 avec des textes et des images du
19e sicle francophone, sicle de l'dition et de la presse moderne,
sicle du roman mais aussi des grandes synthses historiques et
philosophiques, sicle scientifique et technique. Gallica  devient
rapidement l'une des plus importantes bibliothques numriques du
rseau. On y trouve les documents libres de droits du fonds numris de
la BnF, qui vont du Moyen-ge au dbut du 20e sicle. Pour des raisons
de cot, les documents sont essentiellement numriss en mode image. En
dcembre 2006, les collections de Gallica comprennent 90.000 ouvrages
(fascicules de presse compris), 80.000 images et des dizaines d'heures
de ressources sonores. Gallica dbute ensuite la conversion en mode
texte des livres numriss en mode image pour favoriser l'accs  leur
contenu. En mars 2010, Gallica franchit la barre du million de
documents, dont la plupart sont accessibles gratuitement.

***

Bibliothque numrique de la Bibliothque nationale de France (BnF),
Gallica est inaugur en octobre 1997 avec des textes et des images du
19e sicle francophone.

On lit sur le site que ce sicle est le sicle de l'dition et de la
presse moderne, sicle du roman mais aussi des grandes synthses
historiques et philosophiques, sicle scientifique et technique.

# Les dbuts

 l'poque, le serveur stocke 2.500 livres numriss en mode image
complts par les 250 livres numriss en mode texte de la base
Frantext de l'INaLF (Institut national de la langue franaise).

Classs par discipline, ces livres sont complts par une chronologie
du 19e sicle et des synthses sur les grands courants en histoire,
sciences politiques, droit, conomie, littrature, philosophie,
sciences et histoire des sciences.

Le site propose aussi un chantillon de la future iconothque
numrique,  savoir le fonds du photographe Eugne Atget, une slection
de documents sur l'crivain Pierre Loti, une collection d'images de
l'cole nationale des ponts et chausses - ces images ayant trait aux
grands travaux de la rvolution industrielle en France - et enfin un
choix de livres illustrs de la bibliothque du Muse de l'Homme.

Fin 1997, Gallica se considre moins comme une banque de documents
numriss que comme un laboratoire dont l'objet est d'valuer les
conditions d'accs et de consultation  distance des documents
numriques. Le but est d'exprimenter la navigation dans les
collections, en permettant le libre parcours du chercheur ou du lecteur
curieux.

# En 1998

Dbut 1998, Gallica annonce 100.000 volumes et 300.000 images pour la
fin 1999. Sur les 100.000 volumes prvus, qui reprsenteraient 30
millions de pages numrises, plus du tiers concernerait le 19e sicle.
Quant aux 300.000 images fixes, la moiti viendrait des dpartements
spcialiss de la BnF (Estampes et photographie, Manuscrits, Arts du
spectacle, Monnaies et mdailles, etc.), et l'autre moiti de
collections d'tablissements publics (muses et bibliothques,
Documentation franaise, cole nationale des ponts et chausses,
Institut Pasteur, Observatoire de Paris, etc.) ou privs (agences de
presse dont Magnum, l'Agence France-Presse, Sygma, Rapho, etc.).

En mai 1998, la BnF revoit ses esprances  la baisse et modifie
quelque peu ses orientations premires. Jrme Strazzulla, journaliste
au quotidien Le Figaro, explique dans un article du 3 juin 1998 que la
BnF est passe d'une esprance universaliste, encyclopdique,  la
ncessit de choix ditoriaux pointus. Dans le mme article, le
prsident de la BnF, Jean-Pierre Angremy, rapporte la dcision du
comit ditorial de Gallica: Nous avons dcid d'abandonner l'ide
d'un vaste corpus encyclopdique de cent mille livres, auquel on
pourrait sans cesse reprocher des trous. Nous nous orientons
aujourd'hui vers des corpus thmatiques, aussi complets que possibles,
mais plus restreints. (...) Nous cherchons  rpondre, en priorit, aux
demandes des chercheurs et des lecteurs.

# Les annes 2000

Cinq ans plus tard, en 2003, Gallica rassemble 70.000 ouvrages et
80.000 images allant du Moyen-ge au dbut du 20e sicle, tous
documents libres de droits. Mais la numrisation en mode image
n'autorise pas la recherche textuelle alors que Gallica se trouve tre
la plus grande bibliothque numrique francophone en nombre de titres
disponibles en ligne. La recherche textuelle est toutefois possible
dans les tables des matires, les sommaires et les lgendes des corpus
iconographiques, qui sont numriss en mode texte. Seule une petite
collection de livres (1.120 livres en fvrier 2004) est intgralement
numrise en mode texte, celle de la base Frantext, intgre  Gallica.

Tous problmes auxquels la BnF remdie au fil des mois, avec une
navigation plus aise et la conversion progressive des livres du mode
image au mode texte grce  un logiciel OCR, avec possibilit donc de
recherche textuelle.

En fvrier 2005, Gallica compte 76.000 ouvrages.  la mme date, la BnF
annonce la mise en ligne prochaine (entre 2006 et 2009) de la presse
franaise parue entre 1826 et 1944,  savoir 22 titres reprsentant 3,5
millions de pages. Dbut 2006, les premiers journaux disponibles en
ligne sont les quotidiens Le Figaro (fond en 1826), La Croix (fonde
en 1883), L'Humanit (fonde en 1904) et Le Temps (fond en 1861 et
disparu en 1942).

En mars 2010, Gallica franchit la barre du million de documents -
livres, manuscrits, cartes, images, priodiques (presse et revues),
fichiers sonores (paroles et musiques) et partitions musicales - dont
la plupart sont accessibles gratuitement sur un site dont l'interface
dsormais quadrilingue (franais, anglais, espagnol, portugais) n'a
cess de s'amliorer au fil des ans. Si les documents sont en langue
franaise dans leur trs grande majorit, on y trouve aussi des
documents en anglais, en italien, en allemand, en latin ou en grec
selon les disciplines.



1998 > DES LIVRES NUMRISS EN QUANTIT


[Rsum]
En 1998, qui dit livre numrique dit numrisation, la majorit des
livres existant seulement en version imprime. Pour pouvoir tre
consult  l'cran, un livre peut tre numris soit en mode image soit
en mode texte, les deux modes de numrisation tant complmentaires. La
numrisation en mode image consiste  scanner le livre, et correspond
donc  la photographie du livre page aprs page. La prsentation
originale tant conserve, on peut feuilleter le livre  l'cran. La
version informatique est le fac-simil numrique de la version
imprime. Si elle est plus conomique, cette mthode ne permet pas la
recherche textuelle. La numrisation en mode texte consiste  scanner
le livre en mode image, puis  le convertir en mode texte grce  un
logiciel OCR (Optical Character Recognition). La version informatique
du livre ne conserve pas la prsentation originale du livre ou de la
page mais elle permet la recherche textuelle.

***

En 1998, qui dit livre numrique dit numrisation, la majorit des
livres existant seulement en version imprime.

Pour pouvoir tre consult  l'cran, un livre peut tre numris soit
en mode texte soit en mode image, les deux modes de numrisation tant
complmentaires.

# La numrisation en mode texte

Les premiers temps, la numrisation en mode texte consiste  patiemment
saisir le livre sur un clavier, page aprs page, solution souvent
adopte lors de la constitution des premires bibliothques numriques,
ou alors quand les documents originaux manquent de clart, pour les
livres anciens par exemple.

Les annes passant, la numrisation en mode texte consiste surtout 
scanner le livre en mode image, puis  le convertir en texte grce  un
logiciel OCR (Optical Character Recognition), avec relecture ventuelle
 l'cran pour corriger le texte obtenu puisqu'un bon logiciel OCR
serait fiable  99%.

La version informatique du livre ne conserve pas la prsentation
originale du livre ou de la page. Le livre devient texte,  savoir un
ensemble de caractres apparaissant en continu  l'cran.  cause du
temps pass au traitement de chaque livre, ce mode de numrisation est
assez long, et donc nettement plus coteux que la numrisation en mode
image. Dans de nombreux cas, il est toutefois prfrable, puisqu'il
permet l'indexation, la recherche textuelle, l'analyse textuelle, une
tude comparative entre plusieurs textes ou plusieurs versions du mme
texte, etc.

C'est la mthode utilise par exemple par le Projet Gutenberg, fond
ds 1971 et qui propose aujourd'hui la plus grande collection numrique
au format texte, avec des livres relus et corrigs  deux reprises pour
tre fiables  99,95% par rapport  la version imprime.

# La numrisation en mode image

La numrisation en mode image consiste  scanner le livre, et
correspond donc  la photographie du livre page aprs page. La
prsentation originale tant conserve, on peut feuilleter le livre 
l'cran. La version informatique est le fac-simil numrique de la
version imprime.

C'est la mthode employe  la fin des annes 1990 pour les programmes
de numrisation  grande chelle, par exemple celui de la Bibliothque
nationale de France (BnF) pour alimenter sa bibliothque numrique
Gallica. Ne sont numriss en mode texte que les tables des matires,
les sommaires et les corpus de documents iconographiques, afin de
faciliter la recherche textuelle.

Pourquoi ne pas tout numriser en mode texte? La BnF rpond en 2000 sur
le site de Gallica: Le mode image conserve l'aspect initial de
l'original y compris ses lments non textuels. Si le mode texte
autorise des recherches riches et prcises dans un document et permet
une rduction significative du volume des fichiers manipuls, sa
ralisation, soit par saisie soit par OCR, implique des cots de
traitement environ dix fois suprieurs  la simple numrisation. Ces
techniques, parfaitement envisageables pour des volumes limits, ne
pouvaient ici tre conomiquement justifiables au vu des 50.000
documents (reprsentant presque 15 millions de pages) mis en ligne.

Dans les annes qui suivent, Gallica convertira toutefois nombre de ses
livres du mode image au mode texte pour permettre les recherches
textuelles.

# Chaque mode de numrisation a son utilit

Concepteur de Mot@mot, logiciel de remise en page des fac-simils
numriques, Pierre Schweitzer insiste sur l'utilit des deux modes de
numrisation. Il explique en janvier 2001: Le mode image permet
d'avancer vite et  trs faible cot. C'est important car la tche de
numrisation du domaine public est immense. Il faut tenir compte aussi
des diffrentes ditions: la numrisation du patrimoine a pour but de
faciliter l'accs aux oeuvres, il serait paradoxal qu'elle aboutisse 
se focaliser sur une dition et  abandonner l'accs aux autres. Chacun
des deux modes de numrisation s'applique de prfrence  un type de
document, ancien et fragile ou plus rcent, libre de droit ou non (pour
l'auteur ou pour l'dition), abondamment illustr ou pas. Les deux
modes ont aussi des statuts assez diffrents: en mode texte a peut
tre une nouvelle dition d'une oeuvre, en mode image c'est une sorte
d'"dition d'dition", grce  un de ses exemplaires (qui fonctionne
alors comme une fonte d'imprimerie pour du papier). En pratique, le
choix dpend bien sr de la nature du fonds  numriser, des moyens et
des buts  atteindre. Difficile de se passer d'une des deux faons de
faire.



1998 > L'ENCYCLOPDIE DE DIDEROT EN LIGNE


[Rsum]
Projet commun du Centre national de la recherche scientifique (CNRS,
France) et de l'Universit de Chicago (Illinois, tats-Unis), le Projet
ARTFL (American and French Research on the Treasury of the French
Language)  met en ligne en 1998 la base de donnes du premier volume
(1751) de l'Encyclopdie de Diderot. Cette mise en ligne exprimentale
est le prlude  une base de donnes exhaustive comprenant
l'Encyclopdie (1751-1772) dans son entier,  savoir 17 volumes de
texte et 11 volumes de planches. Destine  rassembler puis divulguer
les connaissances de l'poque, l'Encyclopdie porte la marque des
courants intellectuels et sociaux du Sicle des Lumires. C'est grce 
elle que se propagent les ides nouvelles qui inspireront la Rvolution
franaise de 1789. L'ARTFL travaille galement  d'autres projets, par
exemple  une base de donnes exhaustive du Dictionnaire de l'Acadmie
franaise, dont les diffrentes ditions s'chelonnent entre 1694 et
1935.

***

En 1998, le Projet ARTFL met en ligne la base de donnes du premier
volume (1751) de l'Encyclopdie de Diderot.

Cette mise en ligne exprimentale est le prlude  une base de donnes
exhaustive comprenant l'Encyclopdie dans son entier,  savoir 17
volumes de texte et 11 volumes de planches.

L'ARTFL (American and French Research on the Treasury of the French
Language) est un projet commun du CNRS (Centre national de la recherche
scientifique) en France et de l'Universit de Chicago dans l'Illinois
(tats-Unis).

Monumental ouvrage de rfrence pour les arts et les sciences, la
premire dition (1751-1772) de l'Encyclopdie ou Dictionnaire
raisonn des sciences, des mtiers et des arts de Diderot et
d'Alembert comprend 72.000 articles rdigs par 140 collaborateurs,
dont Voltaire, Rousseau, d'Alembert, Marmontel, d'Holbach, Turgot, etc.

Destine  rassembler puis divulguer les connaissances de l'poque,
l'Encyclopdie porte la marque des courants intellectuels et sociaux du
Sicle des Lumires. C'est grce  elle que se propagent les ides
nouvelles qui inspireront la Rvolution franaise de 1789. Les 17
volumes de texte reprsentent 18.000 pages et 21,7 millions de mots.
Les 11 volumes de planches prsentent des planches techniques de telle
qualit que certaines font toujours rfrence en 2011.

Dans l'Encyclopdie, Diderot explique lui-mme que le but d'une
encyclopdie est de rassembler les connaissances parses sur la surface
de la terre, d'en exposer le systme gnral aux hommes avec qui nous
vivons et de le transmettre aux hommes qui viendront aprs nous, afin
(...) que nos neveux, devenant plus instruits, deviennent en mme temps
plus vertueux et plus heureux, et que ne mourions pas sans avoir bien
mrit du genre humain. Un beau texte qui figure aussi sur le mur de
l'Alle de l'Encyclopdie, l'une des grandes artres de la Bibliothque
nationale de France (BnF).

La base de donnes correspondant au premier volume est accessible en
ligne  titre exprimental en 1998. La recherche est possible par mot,
portion de texte, auteur ou catgorie, ou en combinant ces critres
entre eux. On dispose de renvois d'un article  l'autre par le biais de
liens hypertextes permettant d'aller d'une planche au texte ou du texte
au fac-simil des pages originales.

L'automatisation complte des procdures de saisie entrane des erreurs
typographiques et des erreurs d'identification qui sont corriges au
fil des mois. La recherche d'images est galement possible dans un
deuxime temps.

L'ARTFL travaille galement  une base de donnes exhaustive du
Dictionnaire de l'Acadmie franaise, dont les diffrentes ditions
s'chelonnent entre 1694 et 1935. La premire dition (1694) et la
cinquime dition (1798) du dictionnaire sont les premires  tre
disponibles en ligne, avec possibilit de recherche par mot puis par
portion de texte. Les diffrentes ditions sont ensuite combines dans
une base de donnes unique, qui permet de juger de l'volution d'un
terme en consultant aussi bien une dition donne que l'ensemble des
ditions.

D'autres projets de l'ARTFL concernent par exemple le Dictionnaire
historique et critique de Philippe Bayle dans son dition de 1740, le
Roget's Thesaurus de 1911, le Webster's Revised Unabridged
Dictionary de 1913, le Thresor de la langue franaise de Jean Nicot
imprim en 1606, ou encore un projet biblique multilingue comprenant
entre autres La Bible franaise de Louis Segond, publie en 1910. Il
s'agit l encore de bases de donnes avec moteur de recherche. La
technologie au service de la littrature, donc.



1998 > 00h00, DITEUR EN LIGNE


[Rsum]
Les ditions 00h00 (zro heure) sont fondes en mai 1998 par Jean-
Pierre Arbon et Bruno de Sa Moreira, en tant que premier diteur en
ligne,  savoir un diteur fabriquant des livres numriques et les
vendant via l'internet. En 2000, le catalogue comprend 600 titres. Les
versions numriques (au format PDF) reprsentent 85% des ventes, les
15% restants tant des versions imprimes  la demande du client, un
service que l'diteur procure en complment. Sur le site au trs beau
design, les internautes/lecteurs peuvent crer leur espace personnel
pour y rdiger leurs commentaires, participer  des forums, s'abonner 
la lettre d'information ou regarder les clips littraires produits par
l'diteur pour prsenter les nouveauts. En septembre 2000, 00h00 est
rachet par Gemstar, socit amricaine de produits et services
numriques pour les mdias. Gemstar met fin  l'ensemble de ses
activits eBook en juin 2003.

***

Les ditions 00h00 font leur apparition en mai 1998, un peu moins de
deux ans aprs CyLibris, premier diteur lectronique commercial.

Le champ d'action de 00h00 est un peu diffrent de celui de CyLibris
puisqu'il s'agit non seulement d'un diteur lectronique mais aussi
d'un diteur en ligne. Son activit est en effet de fabriquer et
vendre des livres numriques via l'internet, et non des livres imprims
comme CyLibris.

En 2000, les versions numriques (au format PDF) reprsentent 85% des
ventes, les 15% restants tant des versions imprimes  la demande du
client, un service que l'diteur procure en complment.

# Les dbuts

00h00 (zro heure) est fond par Jean-Pierre Arbon et Bruno de Sa
Moreira, respectivement ancien directeur gnral de Flammarion et
ancien directeur de Flammarion Multimdia.

Bruno de Sa Moreira explique en juillet 1998: Aujourd'hui mon activit
professionnelle est 100% base sur internet. Le changement ne s'est pas
fait radicalement, lui, mais progressivement (audiovisuel puis
multimdia puis internet). (...) La gestation de 00h00 a dur un an:
brainstorming, faisabilit, cration de la socit et montage
financier, dveloppement technique du site et informatique ditoriale,
mise au point et production des textes et prparation du catalogue 
l'ouverture. (...) Nous faisons un pari, mais l'internet me semble un
mdia capable d'une trs large popularisation, sans doute grce  des
terminaux plus faciles d'accs que le seul micro-ordinateur.

# L'internet, un lieu sans pass

On lit sur le site web que la cration de 00h00 marque la vritable
naissance de l'dition en ligne. C'est en effet la premire fois au
monde que la publication sur internet de textes au format numrique est
envisage dans le contexte d'un site commercial, et qu'une entreprise
propose aux acteurs traditionnels de l'dition (auteurs et diteurs)
d'ouvrir avec elle sur le rseau une nouvelle fentre d'exploitation
des droits. Les textes offerts par 00h00 sont soit des indits, soit
des textes du domaine public, soit des textes sous copyright dont les
droits en ligne ont fait l'objet d'un accord avec leurs ayants droit.
(...) Avec l'dition en ligne merge probablement une premire vision de
l'dition au 21e sicle. C'est cette ide d'origine, de nouveau dpart
qui s'exprime dans le nom de marque, 00h00. (...)

Internet est un lieu sans pass, o ce que l'on fait ne s'value pas
par rapport  une tradition. Il y faut inventer de nouvelles manires
de faire les choses. (...) Le succs de l'dition en ligne ne dpendra
pas seulement des choix ditoriaux: il dpendra aussi de la capacit 
structurer des approches neuves, fondes sur les lecteurs autant que
sur les textes, sur les lectures autant que sur l'criture, et  rendre
immdiatement perceptible qu'une aventure nouvelle a commenc.

# Des collections diverses

Les collections sont diverses: indits, thtre classique franais,
contes et rcits fantastiques, contes et rcits philosophiques,
souvenirs et mmoires, philosophie classique, ralisme et naturalisme,
cyberculture, romans d'enfance, romans d'amour, nouvelles et romans
d'aventure. Le recherche est possible par auteur, par titre et par
genre. Pour chaque livre, on a un descriptif court, un descriptif
dtaill, la table des matires et une courte prsentation de l'auteur.
S'y ajoutent ensuite les commentaires des lecteurs. Pas de stock, pas
de contrainte physique de distribution, mais un lien direct avec le
lecteur et entre les lecteurs. Sur le site, les internautes/lecteurs
peuvent crer leur espace personnel pour y rdiger leurs commentaires,
participer  des forums ou recommander des liens vers d'autres sites.
Ils peuvent aussi s'abonner  la lettre d'information de 00h00 ou
regarder les clips littraires produits par l'diteur pour prsenter
des nouveauts.

En 2000, le catalogue comprend 600 titres,  savoir une centaine
d'oeuvres originales et des rditions lectroniques de livres publis
par d'autres diteurs. Les oeuvres originales sont rparties en
plusieurs rubriques: nouvelles critures interactives et
hypertextuelles, premiers romans, documents d'actualit, tudes sur les
NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication),
co-ditions avec des diteurs traditionnels ou de grandes institutions.
Le paiement est fait en ligne grce  un systme scuris mis en place
par la Banque populaire. Ceux que le paiement en ligne rebute peuvent
rgler leur commande par carte bancaire (envoi par fax) ou par chque
(envoi par courrier postal).

# Le rachat par Gemstar

En septembre 2000, 00h00 est rachet par Gemstar-TV Guide
International, grande socit amricaine de produits et services
numriques pour les mdias. Quelques mois auparavant, en janvier 2000,
Gemstar rachte les deux socits californiennes ayant lanc les
premires tablettes de lecture, la socit NuvoMedia, cratrice du
Rocket eBook, et la socit SoftBook Press, cratrice du SoftBook
Reader.

Selon un communiqu de presse citant Henry Yuen, prsident de Gemstar,
les comptences ditoriales dont dispose 00h00 et ses capacits
d'innovation et de crativit sont les atouts ncessaires pour faire de
Gemstar un acteur majeur du nouvel ge de l'dition numrique qui
s'ouvre en Europe.

La communaut francophone ne voit pas ce rachat d'un trs bon oeil, la
mondialisation de l'dition semblant justement peu compatible avec
l'innovation et la crativit. Moins de trois ans plus tard, en juin
2003, 00h00 cesse dfinitivement ses activits, tout comme la branche
eBook de Gemstar.

Il reste le souvenir d'une belle aventure. En octobre 2006, Jean-Pierre
Arbon, devenu chanteur, raconte sur son site: J'avais fond, avec
Bruno de Sa Moreira, une maison d'dition d'un genre nouveau, la
premire au monde  tenter  grande chelle l'aventure de l'dition en
ligne. Tout tait  faire,  inventer. L'dition numrique tait terra
incognita: on explorait, on dfrichait.



1998 > UN PROLONGEMENT SUR LE WEB POUR LES LIVRES


[Rsum]
Murray Suid est l'auteur de livres pdagogiques, de livres pour
enfants, d'oeuvres multimdias et de scnarios. Ds septembre 1998, il
prconise une solution adopte depuis par de nombreux auteurs,  savoir
complter ses livres imprims par une version web, pour pouvoir les
actualiser sans attendre une nouvelle dition imprime. En octobre
2000, l'intgralit de ses oeuvres multimdias, auparavant disponibles
sur CD-Rom, est sur le rseau. Le matriel pdagogique auquel il
contribue est conu non plus pour diffusion sur CD-Rom, mais pour
diffusion sur le web. D'entreprise multimdia, EDVantage Software, la
socit de logiciels ducatifs qui emploie Murray, est devenue une
entreprise internet qui distribue toutes ses publications en ligne
auprs des tudiants et des enseignants.

***

Murray Suid vit  Palo Alto, dans la Silicon Valley, en Californie. Il
est l'auteur de livres pdagogiques, de livres pour enfants, d'oeuvres
multimdias et de scnarios.

En septembre 1998, il prconise une solution choisie depuis par de
nombreux auteurs: Un livre peut avoir un prolongement sur le web - et
donc vivre en partie dans le cyberespace. L'auteur peut ainsi aisment
l'actualiser et le corriger, alors qu'auparavant il devait attendre
longtemps, jusqu' l'dition suivante, quand il y en avait une. (...)

Je ne sais pas si je publierai des livres sur le web, au lieu de les
publier en version imprime. J'utiliserai peut-tre ce nouveau support
si les livres deviennent multimdias. Pour le moment, je participe au
dveloppement de matriel pdagogique multimdia. C'est un nouveau type
de matriel qui me plat beaucoup et qui permet l'interactivit entre
des textes, des films, des bandes sonores et des graphiques qui sont
tous relis les uns aux autres.

Un an plus tard, en aot 1999, il ajoute: En plus des livres complts
par un site web, je suis en train d'adopter la mme formule pour mes
oeuvres multimdias - qui sont sur CD-ROM - afin de les actualiser et
d'enrichir leur contenu.

En octobre 2000, l'intgralit de ses oeuvres multimdias est sur le
rseau. Le matriel pdagogique auquel il contribue est conu non plus
pour diffusion sur CD-Rom, mais pour diffusion sur le web. D'entreprise
multimdia, EDVantage Software, la socit de logiciels ducatifs qui
emploie Murray, est devenue une entreprise internet qui distribue
dsormais toutes ses publications en ligne.



1998 > UN DURCISSEMENT DU COPYRIGHT


[Rsum]
Aux tats-Unis, un nouvel amendement de la loi sur le copyright rduit
encore un peu plus le domaine public, au grand dam de tous ceux qui
sont en train de constituer des bibliothques numriques. Cet
amendement est entrin le 27 octobre 1998 par le Congrs pour contrer
le formidable vhicule de diffusion qu'est l'internet. Contradiction
flagrante, les instances politiques n'ont de cesse de parler d'ge de
l'Information tout en durcissant la rglementation relative  la
diffusion de l'information. Le copyright est pass d'une dure de 30
ans en moyenne en 1909  une dure de 95 ans en moyenne en 1998. En 90
ans, de 1909  1998, le copyright a subi une extension de 65 ans qui
affecte les trois quarts de la production du 20e sicle. Seul un livre
publi avant 1923 peut dsormais tre considr avec certitude comme
appartenant au domaine public. Un durcissement similaire affecte
ensuite l'Union Europenne.

***

En 1998, un nouvel amendement de la loi sur le copyright rduit encore
un peu plus le domaine public aux tats-Unis. Un durcissement similaire
affecte ensuite l'Union europenne.

Cet amendement est entrin le 27 octobre 1998 par le Congrs pour
contrer le formidable vhicule de diffusion qu'est l'internet, au grand
dam de tous ceux qui sont en train de constituer des bibliothques
numriques.

Les instances politiques n'ont de cesse de parler d'ge de
l'Information tout en rduisant l'accs  cette information. La
contradiction est flagrante. Le copyright est pass d'une dure de 30
ans en moyenne en 1909  une dure de 95 ans en moyenne en 1998. En 90
ans, de 1909  1998, le copyright a subi une extension de 65 ans qui
affecte les trois quarts de la production du 20e sicle. Seul un livre
publi avant 1923 peut dsormais tre considr avec certitude comme
appartenant au domaine public.

# Une claque pour les bibliothques numriques

De nombreuses oeuvres censes tomber dans le domaine public restent
finalement sous copyright, au grand dam de Michael Hart, fondateur du
Projet Gutenberg, de John Mark Ockerbloom, crateur de l'Online Books
Page, et de bien d'autres. La lgislation de 1998 porte un coup trs
rude aux bibliothques numriques, en plein essor avec le dveloppement
du web. Nombre de titres doivent tre retirs des collections.

Pour ne prendre qu'un exemple, le classique mondial Gone with the
wind (Autant en emporte le vent) de Margaret Mitchell, publi en 1939,
aurait d tomber dans le domaine public au bout de 56 ans, en 1995,
conformment  la lgislation de l'poque, librant ainsi les droits
pour les adaptations en tous genres. Suite aux lgislations de 1976 et
1998, ce classique ne devrait dsormais tomber dans le domaine public
qu'en 2035.

Michael Hart explique en juillet 1999: Le copyright a t augment de
20 ans. Auparavant on devait attendre 75 ans, on est maintenant pass 
95 ans. Bien avant, le copyright durait 28 ans (plus une extension de
28 ans si on la demandait avant l'expiration du dlai) et, avant cela,
le copyright durait 14 ans (plus une extension de 14 ans si on la
demandait avant l'expiration du dlai). Comme on le voit, on assiste 
une dgradation rgulire et constante du domaine public. (...) J'ai t
le principal opposant aux extensions du copyright, mais Hollywood et
les grands diteurs ont fait en sorte que le Congrs ne mentionne pas
mon action en public. Les dbats actuels sont totalement irralistes.
Ils sont mens par "l'aristocratie terrienne de l'ge de l'Information"
et servent uniquement ses intrts. Un ge de l'Information? Et pour
qui?

John Mark Ockerbloom explique en aot 1999:  mon avis, il est
important que les internautes comprennent que le copyright est un
contrat social conu pour le bien public - incluant  la fois les
auteurs et les lecteurs. Ceci signifie que les auteurs doivent avoir le
droit d'utiliser de manire exclusive et pour un temps limit les
oeuvres qu'ils ont cres, comme ceci est spcifi dans la loi actuelle
sur le copyright. Mais ceci signifie galement que leurs lecteurs ont
le droit de copier et de rutiliser ce travail autant qu'ils le veulent
 l'expiration de ce copyright. Aux tats-Unis, on voit maintenant
diverses tentatives visant  retirer ces droits aux lecteurs, en
limitant les rgles relatives  l'utilisation de ces oeuvres, en
prolongeant la dure du copyright (y compris avec certaines
propositions visant  le rendre permanent) et en tendant la proprit
intellectuelle  des travaux distincts des oeuvres de cration (comme
on en trouve dans les propositions de copyright pour les bases de
donnes).

#  Dans l'Union europenne

Un durcissement similaire touche les pays de l'Union europenne. La
rgle gnrale est dsormais un copyright de 70 ans aprs le dcs de
l'auteur, alors qu'il tait auparavant de 50 ans, suite aux pressions
exerces par les diteurs de contenu sous prtexte d'harmoniser les
lois nationales rgissant le droit d'auteur pour rpondre  la
mondialisation du march.

 ceci s'ajoute la lgislation sur le copyright des ditions numriques
en application des traits internationaux de l'OMPI (Organisation
mondiale de la proprit intellectuelle). Ces traits sont signs en
1996 dans l'optique de contrler la gestion des droits numriques,  la
suite de quoi le Digital Millenium Copyright Act (DMCA) est entrin en
octobre 1998 aux tats-Unis et la directive EUCD (European Union
Copyright Directive) est entrine en mai 2001 par la Communaut
europenne.

La directive EUCD s'intitule trs prcisment Directive 2001/29/EC du
Parlement europen et du Conseil sur l'harmonisation de certains
aspects du droit d'auteur et des droits voisins dans la socit de
l'information. Elle fait suite  la directive de fvrier 1993
(Directive 93/98/EEC) qui visait  harmoniser les lgislations des
diffrents pays en matire de protection du droit d'auteur. La
directive EUCD entre peu  peu en vigueur dans tous les pays de l'Union
europenne, avec mise en place de lgislations nationales, le but
officiel tant de renforcer le respect du droit d'auteur sur l'internet
et de contrer ainsi le piratage. En France, par exemple, la loi DADVSI
(Droit d'auteur et droits voisins dans la socit de l'information) est
promulgue en aot 2006, et n'est pas sans susciter de nombreux remous.



1998 > LES PREMIRES TABLETTES DE LECTURE


[Rsum]
Les premires tablettes de lecture sont dveloppes dans la Silicon
Valley, en Californie. Le Rocket eBook est lanc en 1998 par NuvoMedia,
socit finance par la chane de librairies Barnes & Noble et le gant
des mdias Bertelsmann. Peu aprs, le SoftBook Reader est lanc par
SoftBook Press, socit finance par les deux grandes maisons d'dition
Random House et Simon & Schuster. Ces tablettes de lecture fonctionnent
sur batteries et disposent d'un cran  cristaux liquides (ou cran
LCD: Liquid Cristal Display) noir et blanc, avec une capacit de
stockage d'une dizaine de livres. L'usager se connecte  l'internet
soit par le biais d'un ordinateur (comme le Rocket eBook) soit
directement grce  un modem intgr (comme le SoftBook Reader) pour
tlcharger des livres  partir des librairies numriques prsentes sur
les sites des socits. D'autres modles suivent, comme l'EveryBook
Reader de la socit EveryBook ou le Millennium eBook de la socit
Librius.

***

Dveloppes dans la Silicon Valley, en Californie, et commercialises
en 1998, les premires tablettes de lecture sont le Rocket eBook et le
SoftBook Reader.

Alors qu'elles taient jusque-l l'apanage des films de science-
fiction, ces tablettes lectroniques ddies ont la taille d'un (gros)
livre et sont souvent appeles ebooks, livres lectroniques, tablettes
de lecture ou mme liseuses.

Elles suscitent un engouement certain, mme si peu de gens vont jusqu'
les acheter, vu leur prix prohibitif - plusieurs centaines de dollars -
et un choix de titres restreint, le catalogue de livres numriques
tant encore ridicule par rapport  la production imprime. Les
diteurs commencent tout juste  produire des livres en version
numrique et se demandent encore comment les commercialiser, la plupart
tant ttaniss par les risques de piratage.

Ces tablettes fonctionnent sur batteries et disposent d'un cran 
cristaux liquides (cran LCD: Liquid Cristal Display) noir et blanc
rtro-clair ou non, avec une capacit de stockage d'une dizaine de
livres. L'usager se connecte  l'internet soit par le biais d'un
ordinateur (comme le Rocket eBook) soit directement grce  un modem
intgr (comme le SoftBook Reader) pour tlcharger des livres  partir
de librairies numriques prsentes sur les sites des socits.

# Le Rocket eBook

Premier modle du march, le Rocket eBook est lanc en 1998 par
NuvoMedia, socit cre en 1997  Palo Alto, dans la Silicon Valley,
et finance par la chane de librairies Barnes & Noble et le gant des
mdias Bertelsmann. NuvoMedia souhaite devenir la solution pour
distribuer des livres lectroniques en procurant une infrastructure
rseau aux diteurs, distributeurs et usagers afin de publier,
distribuer, acheter et lire un contenu lectronique de manire
scurise et efficace sur l'internet (extrait du site web). La
connexion entre le Rocket eBook et l'ordinateur (PC ou Macintosh) se
fait par le biais du Rocket eBook Cradle, un priphrique  deux
cbles, d'une part un cble pour se connecter  une prise lectrique
par le biais d'un adaptateur, d'autre part un cble srie pour se
connecter  l'ordinateur.

# Le SoftBook Reader

Deuxime modle du march, disponible peu aprs le Rocket eBook, le
SoftBook Reader est lanc par SoftBook Press, socit finance par les
deux grandes maisons d'dition Random House et Simon & Schuster. Le
SoftBook Reader s'appuie sur le SoftBook Network, un service de
distribution de contenu bas sur l'internet.  Selon son site web,
cette tablette permet aux lecteurs de  tlcharger facilement,
rapidement et de manire scurise un large choix de livres et de
revues grce  sa connexion internet intgre. Contrairement 
l'ordinateur, le SoftBook Reader possde une ergonomie conue pour la
lecture de longs documents et de livres.

# D'autres modles suivent

D'autres tablettes de lecture sont lances en 1999, par exemple
l'EveryBook Reader et le Millennium eBook (le nouveau millnaire
approche).

L'EveryBook Reader est un appareil  double cran lanc par la socit
EveryBook, ou encore une bibliothque vivante dans un simple livre
pouvant stocker 50 livres numriques, avec un modem intgr permettant
l'accs  l'EveryBook Store, afin de consulter, acheter et recevoir le
texte intgral de livres, magazines et partitions de musique.

Le Millenium eBook est une tablette de lecture petite et bon march
lance par la socit Librius, une socit de commerce lectronique
procurant un service complet. Sur le site de la socit, un World
Bookstore propose des copies numriques de milliers de livres
disponibles via l'internet.

Toutes ces tablettes psent entre 700 grammes et deux kilos. Il faudra
attendre le tournant du millnaire pour voir apparatre de nouveaux
modles ayant une dure de vie lgrement plus longue, par exemple le
Gemstar eBook lanc en novembre 2000 aux tats-Unis et le Cybook
(premire gnration, celui de Cytale) lanc en janvier 2001 en Europe.



1999 > DU BIBLIOTHCAIRE AU CYBERTHCAIRE


[Rsum]
Piloter les usagers sur l'internet, filtrer et organiser l'information
 leur intention, crer et grer un site web, rechercher des documents
dans des bases de donnes spcialises ou actualiser des catalogues en
ligne, telles sont dsormais les tches de nombreux bibliothcaires.
Bruno Didier, webmestre de la bibliothque de l'Institut Pasteur
(Paris), explique en aot 1999: Nous devenons de plus en plus des
mdiateurs, et peut- tre un peu moins des conservateurs. Mon activit
actuelle est typique de cette nouvelle situation: d'une part dgager
des chemins d'accs rapides  l'information et mettre en place des
moyens de communication efficaces, d'autre part former les utilisateurs
 ces nouveaux outils. Je crois que l'avenir de notre mtier passe par
la coopration et l'exploitation des ressources communes. C'est un
vieux projet certainement, mais finalement c'est la premire fois qu'on
dispose enfin des moyens de le mettre en place.

***

Piloter les usagers sur l'internet, filtrer et organiser l'information
 leur intention, crer et grer un site web, rechercher des documents
dans des bases de donnes spcialises ou actualiser des catalogues en
ligne, telles sont dsormais les tches de nombreux bibliothcaires.

C'est le cas par exemple de Peter Raggett  la bibliothque centrale de
l'OCDE et de Bruno Didier  la bibliothque de l'Institut Pasteur 
Paris.

#  la bibliothque centrale de l'OCDE

Peter Raggett est sous-directeur (puis directeur) de la bibliothque
centrale de l'OCDE (Organisation de coopration et de dveloppement
conomiques)  Paris. Rserve aux fonctionnaires de l'organisation, la
bibliothque comprend 60.000 monographies et 2.500 priodiques imprims
en 1998, et permet aussi la consultation de microfilms, de CD-Rom et de
bases de donnes telles que Dialog, Lexis-Nexis et UnCover. La
bibliothque lance en 1996 ses pages intranet, qui deviennent
rapidement une source d'information majeure pour les chercheurs.

Peter explique en aot 1999: Je dois filtrer l'information pour les
usagers de la bibliothque, ce qui signifie que je dois bien connatre
les sites et les liens qu'ils proposent. J'ai slectionn plusieurs
centaines de sites pour en favoriser l'accs  partir de l'intranet de
l'OCDE. Cette slection fait partie du bureau de rfrence virtuel
propos par la bibliothque  l'ensemble du personnel. Outre de
nombreux liens, ce bureau de rfrence contient des pages recensant les
articles, monographies et sites web correspondant aux diffrents
projets de recherche en cours  l'OCDE, l'accs en rseau aux CD-Rom et
une liste mensuelle des nouveaux livres achets par la bibliothque.

En ce qui concerne la recherche d'informations, l'internet offre aux
chercheurs un stock d'informations considrable. Le problme pour eux
est de trouver ce qu'ils cherchent. Jamais auparavant on n'avait senti
une telle surcharge d'informations, comme on la sent maintenant quand
on tente de trouver un renseignement sur un sujet prcis en utilisant
les moteurs de recherche disponibles sur l'internet. Lorsqu'on utilise
un moteur de recherche comme Lycos ou AltaVista ou un rpertoire comme
Yahoo!, on voit vite la difficult de trouver des sites utiles sur un
sujet donn. La recherche fonctionne bien sur un sujet trs prcis, par
exemple si on veut des informations sur une personne au nom inhabituel,
mais elle donne un trop grand nombre de rsultats si on veut des
informations sur un sujet assez vaste. Par exemple, si on lance une
recherche sur le web pour "Russie ET transport", dans le but de trouver
des statistiques sur l'utilisation des trains, des avions et des bus en
Russie, les premiers rsultats qu'on trouve sont les compagnies de
transport de fret qui ont des relations d'affaires avec la Russie.

Comment Peter voit-il l'avenir de la profession?  mon avis, les
bibliothcaires auront un rle important  jouer pour amliorer la
recherche et l'organisation de l'information sur le rseau. Je prvois
aussi une forte expansion de l'internet pour l'enseignement et la
recherche. Les bibliothques seront amenes  crer des bibliothques
numriques permettant  un tudiant de suivre un cours propos par une
institution  l'autre bout du monde. La tche du bibliothcaire sera de
filtrer les informations pour le public. Personnellement, je me vois de
plus en plus devenir un bibliothcaire virtuel. Je n'aurai pas
l'occasion de rencontrer les usagers, ils me contacteront plutt par
courriel, par tlphone ou par fax, j'effectuerai la recherche et je
leur enverrai les rsultats par voie lectronique.

#  la bibliothque de l'Institut Pasteur

Bruno Didier est bibliothcaire  l'Institut Pasteur  Paris.
L'Institut Pasteur est une fondation prive spcialise dans la
prvention et le traitement des maladies infectieuses, avec plusieurs
instituts dans le monde. Sduit par les perspectives qu'offre
l'internet pour la recherche documentaire, Bruno cre le site web de la
bibliothque en 1996 et devient son webmestre.

Il explique en aot 1999: Le site web de la bibliothque a pour
vocation principale de servir la communaut pasteurienne. Il est le
support d'applications devenues indispensables  la fonction
documentaire dans un organisme de cette taille: bases de donnes
bibliographiques, catalogue, commande de documents et bien entendu
accs  des priodiques en ligne (un peu plus d'une centaine
actuellement). C'est galement une vitrine pour nos diffrents
services, en interne mais aussi dans toute la France et  l'tranger.
Il tient notamment une place importante dans la coopration
documentaire avec les instituts du rseau Pasteur  travers le monde.
Enfin j'essaie d'en faire une passerelle adapte  nos besoins pour la
dcouverte et l'utilisation d'internet. (...) Je dveloppe et maintiens
les pages du serveur, ce qui s'accompagne d'une activit de veille
rgulire. Par ailleurs je suis responsable de la formation des
usagers, ce qui se ressent dans mes pages. Le web est un excellent
support pour la formation, et la plupart des rflexions actuelles sur
la formation des usagers intgrent cet outil.

Son activit professionnelle a chang de manire radicale, tout comme
celle de ses collgues. C'est  la fois dans nos rapports avec
l'information et avec les usagers que les changements ont eu lieu,
explique-t-il. Nous devenons de plus en plus des mdiateurs, et peut-
tre un peu moins des conservateurs. Mon activit actuelle est typique
de cette nouvelle situation: d'une part dgager des chemins d'accs
rapides  l'information et mettre en place des moyens de communication
efficaces, d'autre part former les utilisateurs  ces nouveaux outils.
Je crois que l'avenir de notre mtier passe par la coopration et
l'exploitation des ressources communes. C'est un vieux projet
certainement, mais finalement c'est la premire fois qu'on dispose
enfin des moyens de le mettre en place.



1999 > LA LIBRAIRIE ULYSSE SUR LE WEB


[Rsum]
Fonde par Catherine Domain en 1971 au coeur de Paris, dans l'le
Saint-Louis, la librairie Ulysse est la plus ancienne librairie au
monde uniquement consacre au voyage, avec plus de 20.000 livres,
cartes et revues, neufs et anciens, qui reclent des trsors
introuvables ailleurs. En 1999, Catherine cre elle-mme le site de sa
librairie, en s'initiant en mme temps  l'informatique. Elle raconte
en novembre 2000: Mon site est embryonnaire et en construction. Il se
veut  l'image de ma librairie, un lieu de rencontre avant d'tre un
lieu commercial. Il sera toujours en perptuel devenir! Internet me
prend la tte, me bouffe mon temps et ne me rapporte presque rien mais
cela ne m'ennuie pas... Internet tue les librairies spcialises. En
attendant d'tre dvore, je l'utilise comme un moyen d'attirer les
clients chez moi, et aussi de trouver des livres pour que ceux qui
n'ont pas encore internet chez eux! Mais j'ai peu d'espoir... Dix ans
plus tard, en avril 2010, elle est beaucoup plus optimiste puisque
l'internet lui permet d'tre ditrice de livres de voyages.

***

Fonde par Catherine Domain en 1971 au coeur de Paris, la librairie
Ulysse est la plus ancienne librairie au monde uniquement consacre au
voyage. Ulysse cre son site web en 1999 et sa maison d'dition en
2010.

Niche dans l'le Saint-Louis, entoure par la Seine, la librairie
propose 20.000 livres, cartes et revues neufs et d'occasion, qui
reclent des trsors introuvables ailleurs.

# Les dbuts

Catherine raconte sur le site de la librairie: Au terme de dix annes
de voyages sur tous les continents, je me suis arrte et me suis dit:
"Que vais-je bien pouvoir faire pour vivre?" Consciente de la ncessit
de  m'insrer dans une socit d'une faon ou d'une autre, j'ai procd
 un choix par dduction et par le refus d'avoir patron et employ.

Me souvenant de mes grands-pres, l'un navigateur au long cours,
l'autre libraire en Prigord, et constatant que j'tais oblige de
visiter une quinzaine de librairies avant de trouver la moindre
documentation sur un pays aussi proche que la Grce, une "librairie de
voyage" s'est impose  mon esprit entre Colombo et Surabaya, au cours
d'un tour du monde.

De retour  Paris - j'habitais dj l'le Saint-Louis - je cherche un
local, me renseigne sur le mtier de libraire, fais des stages, prpare
des fiches et cherche un nom pour cette future entreprise.

Un matin, en allant chercher le journal, je lve le nez sur la
librairie "Ulysse", rfrence  Joyce, au 35 de la rue Saint-Louis-en-
l'le.  "Voil un nom!", me dis -je. Je gravis les deux marches et
entre dans cette boutique de 16m2  poutre unique. Quatre types jouent
au poker. "Elle est mignonne votre librairie, " [dis-je]. "Elle est 
vendre", me rtorque l'un des joueurs sans lever le nez. 48 heures
aprs, j'tais libraire. C'tait en septembre 1971. La premire
librairie spcialise dans les voyages au monde tait ne.

Vingt ans plus tard, victime de la promotion immobilire comme
beaucoup, j'ai d dmnager. Fort heureusement, mon ct entt - je
suis taureau ascendant taureau - m'a permis de transporter la librairie
 quelques mtres dans un local plus vaste, 26 rue Saint-Louis-en-
l'le,  dans un immeuble peu anodin puisque c'est non seulement l o
j'ai commenc par habiter dans l'le Saint-Louis mais aussi parce que,
anciennement succursale de banque, ce local fut le thtre du trs
clbre casse de Spaggiari.

# En 1999

 la fois libraire et grande voyageuse - elle continue de voyager tous
les ts pendant que son compagnon tient la librairie - Catherine est
membre du Syndicat national de la librairie ancienne et moderne (SLAM),
du Club des explorateurs et du Club international des grands voyageurs.
Elle navigue souvent sur la Mditerrane, l'Atlantique ou le Pacifique.

Dbut 1999, elle dcide de se lancer dans un voyage autrement plus
ingrat, virtuel cette fois,  savoir la ralisation d'un site web en
autodidacte alors que ses connaissances en informatique sont trs
sommaires.

Elle raconte fin 1999 lors d'un entretien par courriel: Mon site est
embryonnaire et en construction. Il se veut  l'image de ma librairie,
un lieu de rencontre avant d'tre un lieu commercial. Il sera toujours
en perptuel devenir! Internet me prend la tte, me bouffe mon temps et
ne me rapporte presque rien, mais cela ne m'ennuie pas... 

Elle est toutefois pessimiste sur l'avenir des librairies comme la
sienne. Internet tue les librairies spcialises. En attendant d'tre
dvore, je l'utilise comme un moyen d'attirer les clients chez moi, et
aussi de trouver des livres pour ceux qui n'ont pas encore internet
chez eux! Mais j'ai peu d'espoir...

# En 2005

En 2005, Catherine cre toutefois une deuxime librairie de voyage 
Hendaye, sur la cte sud de l'Atlantique, avec une vue imprenable sur
l'ocan. Ouverte du 20 juin au 20 septembre, cette librairie est situe
le long de la plage dans un btiment mauresque qui se trouve tre
l'ancien casino et qui est class monument historique.  mare haute,
la librairie est comme un paquebot de livres qui va prendre la mer,
qu'elle prend quelquefois d'ailleurs.

# En 2010

Dix ans aprs la mise en ligne de son site web, Catherine est beaucoup
moins critique  l'gard de l'internet puisque le rseau lui permet de
lancer sa propre maison d'dition en avril 2010 pour publier des livres
de voyage.

Elle crit  la mme date: Internet a pris de plus en plus de place
dans ma vie! Il me permet d'tre diteur grce  de laborieuses
formations Photoshop, InDesign et autres.

C'est une grande joie de constater que la volont politique de garder
le pkin devant son ordinateur afin qu'il ne fasse pas la rvolution
peut tre mise en chec par des apros gants et spontans de milliers
de personnes [organiss via Facebook] qui veulent se voir et se parler
en vrai.

Dcidment il y aura toujours des rebondissements inattendus aux
inventions, entre autres. Quand j'ai commenc  utiliser l'internet, je
ne m'attendais vraiment pas  devenir diteur.



1999 > L'INTERNET, PERSONNAGE DE ROMAN


[Rsum]
Alain Bron est consultant en systmes d'information et crivain.
L'internet est l'un des personnages de son deuxime roman, Sanguine
sur toile, disponible en version imprime aux ditions du Choucas en
1999, puis en version numrique (au format PDF) aux ditions 00h00 en
2000, et qui reoit le prix du Lions Club International la mme anne.
Quel est le thme de ce roman? L'auteur raconte en novembre 1999 : La
"toile", c'est celle du peintre, c'est aussi l'autre nom d'internet: le
web - la toile d'araigne. "Sanguine" voque le dessin et la mort
brutale. Mais l'amour des couleurs justifierait-il le meurtre?
"Sanguine sur toile" voque l'histoire singulire d'un internaute pris
dans la tourmente de son propre ordinateur, manipul  distance par un
trs mystrieux correspondant qui n'a que vengeance en tte.

***

L'internet est l'un des personnages de Sanguine sur toile, deuxime
roman d'Alain Bron, publi en version imprime par le Choucas en 1999,
puis en version numrique par 00h00 en 2000, et qui reoit le prix du
Lions Club International la mme anne.

# Au sujet du roman

Quel est le thme de ce roman? L'auteur raconte en novembre 1999: La
"toile", c'est celle du peintre, c'est aussi l'autre nom d'internet: le
web - la toile d'araigne. "Sanguine" voque le dessin et la mort
brutale. Mais l'amour des couleurs justifierait-il le meurtre?
"Sanguine sur toile" voque l'histoire singulire d'un internaute pris
dans la tourmente de son propre ordinateur, manipul  distance par un
trs mystrieux correspondant qui n'a que vengeance en tte. J'ai voulu
emporter le lecteur dans les univers de la peinture et de l'entreprise,
univers qui s'entrelacent, s'chappent, puis se rejoignent dans la
fulgurance des logiciels.

Le lecteur est ainsi invit  prendre l'enqute  son propre compte
pour tenter de dmler les fils tresss par la seule passion. Pour
percer le mystre, il devra rpondre  de multiples questions. Le monde
au bout des doigts, l'internaute n'est-il pas pour autant l'tre le
plus seul au monde? Comptitivit oblige, jusqu'o l'entreprise
d'aujourd'hui peut-elle aller dans la violence? La peinture tend-elle 
reproduire le monde ou bien  en crer un autre? Enfin, j'ai voulu
montrer que les images ne sont pas si sages. On peut s'en servir pour
agir, voire pour tuer. (...)

Dans le roman, internet est un personnage en soi. Plutt que de le
dcrire dans sa complexit technique, le rseau est montr comme un
tre tantt menaant, tantt prvenant, maniant parfois l'humour.
N'oublions pas que l'cran d'ordinateur joue son double rle: il montre
et il cache. C'est cette ambivalence qui fait l'intrigue du dbut  la
fin. Dans ce jeu, le grand gagnant est bien sr celui ou celle qui sait
s'affranchir de l'emprise de l'outil pour mettre l'humanisme et
l'intelligence au-dessus de tout.

# Au sujet de l'auteur

Alain Bron est consultant en systmes d'information et crivain. Il
explique son parcours: J'ai pass une vingtaine d'annes chez Bull.
L, j'ai particip  toutes les aventures de l'ordinateur et des
tlcommunications, j'ai t reprsentant des industries informatiques
 l'ISO (Organisation internationale de normalisation), et chairman du
groupe rseaux du consortium X/Open. J'ai connu aussi les tout dbuts
d'internet avec mes collgues de Honeywell aux Etats-Unis (fin 1978).
Je suis actuellement [fin 1999] consultant en systmes d'information o
je m'occupe de la bonne marche de grands projets informatiques (...). Et
j'cris. J'cris depuis mon adolescence. Des nouvelles (plus d'une
centaine), des essais psycho-sociologiques ("La gourmandise du tapir"
et "La dmocratie de la solitude"), des articles et des romans. C'est 
la fois un besoin et un plaisir jubilatoire.

En ce qui concerne la finalit du rseau, ce qui importe avec
internet, c'est la valeur ajoute de l'humain sur le systme. Internet
ne viendra jamais compenser la clairvoyance d'une situation, la prise
de risque ou l'intelligence du coeur. Internet acclre simplement les
processus de dcision et rduit l'incertitude par l'information
apporte. Encore faut-il laisser le temps au temps, laisser mrir les
ides, apporter une touche indispensable d'humanit dans les rapports.
Pour moi, la finalit d'internet est la rencontre et non la
multiplication des changes lectroniques.

Quel est son meilleur souvenir li  l'internet?  la suite de la
parution de mon roman "Sanguine sur toile", j'ai reu un message d'un
ami que j'avais perdu de vue depuis plus de vingt ans. Il s'tait
reconnu dans un personnage du livre. Nous nous sommes revus rcemment
autour d'une bouteille de Saint-Joseph et nous avons pu changer des
souvenirs et fomenter des projets.



2000 > ENCYCLOPDIES ET DICTIONNAIRES EN LIGNE


[Rsum]
Les premires encyclopdies de rfrence disponibles sur le web manent
de versions imprimes. C'est aussi le cas des dictionnaires en ligne.
WebEncyclo est mis en ligne par les ditions Atlas en dcembre 1999
avec accs libre et gratuit, tout comme l'Encyclopaedia Universalis,
mais avec accs payant. Le site Britannica.com est lui aussi mis en
ligne  la mme date pour proposer le contenu des 32 volumes de
l'Encyclopaedia Britannica, d'abord en accs libre puis en accs
payant. Les premiers dictionnaires de rfrence en ligne manent eux
aussi de versions imprimes. Le Dictionnaire universel francophone en
ligne des ditions Hachette est disponible en accs libre ds 1997. Les
20 volumes de l'Oxford English Dictionary (OED) sont mis en ligne en
mars 2000 avec accs payant. Conu directement pour le web, le Grand
dictionnaire terminologique (GDT) est mis en ligne en septembre 2000
avec accs libre et gratuit.

***

Les premires encyclopdies de rfrence disponibles sur le web manent
de versions imprimes. C'est aussi le cas des dictionnaires en ligne.

# Les encyclopdies

WebEncyclo (aujourd'hui disparu), publi par les ditions Atlas, est la
premire grande encyclopdie francophone en accs libre, avec mise en
ligne en dcembre 1999. La recherche est possible par mots-cls,
thmes, mdias ( savoir les cartes, liens internet, photos et
illustrations) et ides. Un appel  contribution incite les
spcialistes d'un sujet donn  envoyer des articles, qui sont
regroups dans la section WebEncyclo contributif. Aprs avoir t
libre, l'accs est ensuite soumis  une inscription pralable gratuite.

La version web de l'Encyclopaedia Universalis est elle aussi mise en
ligne en dcembre 1999, ce qui reprsente un ensemble de 28.000
articles signs de 4.000 auteurs. Si la consultation est payante sur la
base d'un abonnement annuel, de nombreux articles sont galement en
accs libre.

Le site Britannica.com est mis en ligne  la mme date, en tant que
premire grande encyclopdie anglophone en accs libre. Le site propose
l'quivalent numrique des 32 volumes de l'Encyclopaedia Britannica
(15e dition), en complment de la version imprime et de la version
CD-Rom, toutes deux payantes. Le site web offre aussi une slection
d'articles issus de 70 magazines, un guide des meilleurs sites, un
choix de livres, etc., le tout tant accessible  partir d'un moteur de
recherche unique. En septembre 2000, le site fait partie des cent sites
les plus visits du web. En juillet 2001, la consultation devient
payante sur la base d'un abonnement annuel ou mensuel. Beaucoup plus
tard, en 2009, Britannica.com ouvre son site  des contributeurs
externes, avec inscription obligatoire pour crire et modifier des
articles.

# Les dictionnaires

Le premier grand dictionnaire de langue franaise en accs libre est le
Dictionnaire universel francophone en ligne, qui rpertorie 45.000 mots
et 116.000 dfinitions tout en prsentant sur un pied d'galit, le
franais dit "standard" et les mots et expressions en franais tel
qu'on le parle sur les cinq continents. Issu de la collaboration entre
Hachette et l'AUPELF-UREF (devenu depuis l'AUF - Agence universitaire
de la Francophonie), il est mis en ligne ds 1997 et correspond  la
partie noms communs du dictionnaire imprim disponible chez Hachette.

L'quivalent pour la langue anglaise est le site Merriam-Webster
OnLine, qui donne librement accs au Collegiate Dictionary, au
Collegiate Thesaurus et  d'autres outils linguistiques.

En mars 2000, les 20 volumes de l'Oxford English Dictionary (OED) sont
mis en ligne par l'Oxford University Press (OUP). La consultation du
site est payante. Le dictionnaire bnficie d'une mise  jour
trimestrielle d'environ 1.000 entres nouvelles ou rvises.

En mars 2002, deux ans aprs cette premire exprience, l'Oxford
University Press lance l'Oxford Reference Online (ORO), une vaste
encyclopdie conue cette fois directement pour le web et consultable
elle aussi sur abonnement payant. Avec 60.000 pages et un million
d'entres, elle reprsente l'quivalent d'une centaine d'ouvrages de
rfrence.

# Un dictionnaire bilingue

Conu lui aussi directement pour le web, avec accs libre et gratuit,
le Grand dictionnaire terminologique (GDT) est un dictionnaire bilingue
franais-anglais de trois millions de termes appartenant au vocabulaire
industriel, scientifique et commercial. Sa mise en ligne en septembre
2000 est le rsultat d'un partenariat entre l'Office qubcois de la
langue franaise (OQLF), auteur du dictionnaire, et Semantix, socit
spcialise dans les solutions logicielles linguistiques.

Ds le premier mois, le GDT est consult par 1,3 million de personnes,
avec 60.000 requtes par jour. La gestion du GDT est ensuite assure
par Convera Canada, avec 3,5 millions de requtes mensuelles en fvrier
2003. Une nouvelle version du GDT est mise en ligne en mars 2003. La
gestion du dictionnaire est dsormais assure par l'OQLF lui-mme, et
non plus par une socit prestataire, avec l'ajout du latin comme
troisime langue.



2000 > LES AVENTURES DE STEPHEN KING


[Rsum]
Matre du suspense de renomme mondiale, Stephen King est le premier
auteur de best-sellers  se lancer dans l'aventure numrique. Dans un
premier temps, en mars 2000, il dcide de distribuer sa nouvelle
Riding The Bullet uniquement en version numrique, avec 400.000
exemplaires tlchargs dans les premires vingt-quatre heures. Suite 
ce succs  la fois mdiatique et financier, l'auteur cre son propre
site web en juillet 2000 pour auto-publier son roman pistolaire indit
The Plant en plusieurs pisodes. Les chapitres paraissent 
intervalles rguliers et sont tlchargeables dans plusieurs formats
(PDF, OeB, HTML, TXT). En dcembre 2000, aprs la parution du sixime
chapitre, l'auteur dcide d'interrompre cette exprience, le nombre de
tlchargements et de paiements ayant rgulirement baiss au fil des
chapitres. L'auteur poursuit d'autres expriences numriques dans les
annes qui suivent, mais cette fois en partenariat avec son diteur.

***

Stephen King est le premier auteur de best-sellers  se lancer dans
l'aventure numrique, malgr les risques commerciaux encourus, en
tentant d'auto-publier un roman pistolaire sur le web indpendamment
de son diteur.

# Mars 2000

En mars 2000, Stephen King, matre du suspense de renomme mondiale,
commence tout d'abord par distribuer uniquement sur l'internet sa
nouvelle Riding the Bullet, assez volumineuse puisqu'elle comprend 66
pages. Du fait de la notorit de l'auteur et de la couverture
mdiatique de ce scoop, la publication de cette nouvelle sur le web est
un succs immdiat, avec 400.000 exemplaires tlchargs lors des
premires vingt-quatre heures dans les librairies en ligne qui la
vendent au prix de 2,5 dollars US.

# Juillet 2000

En juillet 2000, fort de cette exprience prometteuse, Stephen King
dcide de se passer des services de Simon & Schuster, son diteur
habituel. Il cre son propre site web pour dbuter l'auto-publication
en pisodes de The Plant, un roman pistolaire indit. Ce roman
raconte l'histoire d'une plante carnivore s'emparant d'une maison
d'dition et lui promettant le succs commercial en change de
sacrifices humains. Le premier chapitre est tlchargeable dans
plusieurs formats - PDF, OeB, HTML, TXT - pour la modeste somme d'un
dollar, avec paiement diffr ou paiement immdiat sur le site
d'Amazon.

Dans une lettre aux lecteurs publie sur son site  la mme date,
l'auteur raconte que la cration du site, le design et la publicit lui
ont cot la somme de 124.150 dollars, sans compter sa prestation en
tant qu'crivain ni la rmunration de son assistante. Il prcise aussi
que la publication des chapitres suivants est lie au paiement du
premier chapitre par au moins 75% des internautes.

Mes amis, vous avez l'occasion de devenir le pire cauchemar des
diteurs, dclare-t-il dans sa lettre. Comme vous le voyez, c'est
simple. Pas de cryptage assommant! Vous voulez imprimer l'histoire et
en faire profiter un(e) ami(e)? Allez-y. Une seule condition: tout
repose sur la confiance, tout simplement. C'est la seule solution. Je
compte sur deux facteurs. Le premier est l'honntet. Prenez ce que bon
vous semble et payez pour cela, dit le proverbe. Le second est que vous
aimerez suffisamment l'histoire pour vouloir en lire davantage. Si vous
le souhaitez vraiment, vous devez payer. Rappelez-vous: payez, et
l'histoire continue; volez, et l'histoire s'arrte.

Une semaine aprs la mise en ligne du premier chapitre, on compte
152.132 tlchargements, avec paiement par 76% des lecteurs. Certains
paient davantage que le dollar demand, allant parfois jusqu' 10 ou 20
dollars pour compenser le manque  gagner de ceux qui ne paieraient
pas, et viter ainsi que la srie ne s'arrte.

La barre des 75% est dpasse de peu, au grand soulagement des fans, si
bien que le deuxime chapitre suit un mois aprs.

# Aot 2000

En aot 2000, dans une nouvelle lettre aux lecteurs, Stephen King
annonce un nombre de tlchargements lgrement infrieur  celui du
premier chapitre. Il en attribue la cause  une publicit moindre et 
des problmes de tlchargement. Si le nombre de tlchargements n'a
que lgrement dcru, le nombre de paiements est en nette diminution,
les internautes ne rglant leur d qu'une seule fois pour plusieurs
tlchargements.

L'auteur s'engage toutefois  publier le troisime chapitre comme
prvu, fin septembre, et  prendre une dcision ensuite sur la
poursuite ou non de l'exprience, en fonction du nombre de paiements.
Ses prvisions sont de onze ou douze chapitres en tout, avec un nombre
total de 1,7 million de tlchargements. Le ou les derniers chapitres
seraient gratuits.

Plus volumineux avec 10.000 signes au lieu de 5.000 signes comme les
prcdents, les chapitres 4 et 5 passent  deux dollars. Mais le nombre
de tlchargements et de paiements ne cesse de dcliner, avec 40.000
tlchargements seulement pour le cinquime chapitre alors que le
premier chapitre avait t tlcharg 120.000 fois, et paiement pour
46% des tlchargements seulement.

# Novembre 2000

Fin novembre, Stephen King annonce l'interruption de la publication
pendant une priode indtermine, aprs la parution du sixime
chapitre, tlchargeable gratuitement  la mi-dcembre. "The Plant" va
retourner en hibernation afin que je puisse continuer  travailler,
prcise-t-il sur son site. Mes agents insistent sur la ncessit
d'observer une pause afin que la traduction et la publication 
l'tranger puissent rattraper la publication en anglais. Mais cette
dcision semble d'abord lie  l'chec commercial de l'exprience.

Cet arrt suscite de vives critiques. On oublie de reconnatre 
l'auteur au moins un mrite, celui d'avoir t le premier  se lancer
dans l'aventure, avec les risques qu'elle comporte. Entre juillet et
dcembre 2000, pendant les six mois qu'elle aura dur, nombreux sont
ceux qui suivent les tribulations de The Plant,  commencer par les
diteurs, quelque peu inquiets face  un mdium qui pourrait un jour
concurrencer le circuit traditionnel.

Quand Stephen King dcide d'arrter l'exprience, plusieurs
journalistes et critiques littraires affirment qu'il se ridiculise aux
yeux du monde entier, preuve qu'ils n'ont visiblement pas suivi
l'histoire depuis ses dbuts. L'auteur avait d'emble annonc la
couleur puisqu'il avait li la poursuite de la publication  un
pourcentage de paiements satisfaisant.

# 2001 et 2002

Qu'est-il advenu ensuite des expriences numriques de Stephen King?
L'auteur reste trs prsent dans ce domaine, mais cette fois par le
biais de son diteur.

En mars 2001, son roman Dreamcatcher est le premier roman  tre
lanc simultanment en version imprime par Simon & Schuster et en
version numrique par Palm Digital Media, la librairie numrique de
Palm, pour lecture sur Palm Pilot et sur Pocket PC.

En mars 2002, son recueil de nouvelles Everything's Eventual est lui
aussi publi simultanment en deux versions: en version imprime par
Scribner, subdivision de Simon & Schuster, et en version numrique par
Palm Digital Media, qui en propose un extrait en tlchargement libre.
Et ainsi de suite, preuve que les diteurs sont toujours utiles.



2000 > DES AUTEURS DE BEST-SELLERS


[Rsum]
 la suite de Stephen King, Frederick Forsyth, le matre britannique du
thriller, dcide lui aussi de tenter l'aventure numrique, avec l'appui
d'Online Originals, un diteur lectronique londonien. En novembre
2000, Online Originals publie The Veteran, histoire d'un crime
violent commis  Londres et premier volet de Quintet, une srie de
cinq nouvelles lectroniques. Arturo Prez-Reverte, romancier espagnol,
tente une exprience un peu diffrente. Sa srie best-seller relate les
aventures du Capitan Alatriste au 17e sicle. Le nouveau titre 
paratre fin 2000 s'intitule El Oro del Rey (L'Or du Roi). En
novembre 2000, en collaboration avec Alfaguara, son diteur habituel,
l'auteur dcide de diffuser ce nouveau titre en version numrique sur
une page spcifique du portail Inicia, en exclusivit pendant un mois,
avant la sortie du livre imprim en librairie. Paulo Coelho, romancier
brsilien, dcide pour sa part de diffuser gratuitement plusieurs
romans au format PDF en mars 2003, avec l'accord de ses diteurs.

***

En novembre 2000, deux auteurs de best-sellers, Frederick Forsyth et
Arturo Prez-Reverte, dcident de tenter l'aventure numrique, suivis
ensuite par de nombreux auteurs, par exemple Paulo Coelho en mars 2003.

Mais, forts de l'exprience d'auto-publication de Stephen King peut-
tre, ils n'ont pas l'intention de se passer d'diteur. Pour mmoire,
Stephen King lance l'auto-publication numrique de son roman
pistolaire indit The Plant en juillet 2000. Il met fin  cette
exprience quelques mois plus tard, le nombre de paiements tant trs
infrieur au nombre de tlchargements.

# Frederick Forsyth

Frederick Forsyth, matre britannique du thriller, aborde la
publication numrique avec l'appui de l'diteur lectronique londonien
Online Originals. En novembre 2000, Online Originals publie The
Veteran en tant que premier volet de Quintet, une srie de cinq
nouvelles lectroniques annonces dans l'ordre suivant: The Veteran,
The Miracle, The Citizen, The Art of the Matter et Draco.

Disponible dans trois formats (PDF, Microsoft Reader et Glassbook
Reader), la nouvelle est vendue au prix de 3,99 pounds (6,60 euros) sur
le site de l'diteur et dans plusieurs librairies en ligne au Royaume-
Uni (Alphabetstreet, BOL.com, WHSmith)  et aux tats-Unis (Barnes &
Noble, Contentville, Glassbook).

Frederick Forsyth dclare  la mme date sur le site d'Online
Originals: La publication en ligne sera essentielle  l'avenir. Elle
cre un lien simple et surtout rapide et direct entre le producteur
original (l'auteur) et le consommateur final (le lecteur), avec trs
peu d'intermdiaires. Il est passionnant de participer  cette
exprience. Je ne suis absolument pas un spcialiste des nouvelles
technologies. Je n'ai jamais vu de livre lectronique. Mais je n'ai
jamais vu non plus de moteur de Formule 1, ce qui ne m'empche pas de
constater combien ces voitures de course sont rapides. Toutefois cette
premire exprience ne dure pas, les ventes tant trs infrieures aux
prvisions.

# Arturo Prez-Reverte

La premire exprience numrique d'Arturo Prez-Reverte est un peu
diffrente. La srie best-seller du romancier espagnol relate les
aventures du Capitan Alatriste au 17e sicle. Le nouveau titre 
paratre fin 2000 s'intitule El Oro del Rey (L'Or du Roi).

En novembre 2000, en collaboration avec son diteur Alfaguara, l'auteur
dcide de diffuser El Oro del Rey en version numrique sur un page
spcifique du portail Inicia, en exclusivit pendant un mois, avant sa
sortie en librairie. Le roman est disponible au format PDF pour 2,90
euros, un prix trs infrieur aux 15,10 euros annoncs pour le livre
imprim.

Rsultat de l'exprience, le nombre de tlchargements est trs
satisfaisant, mais pas celui des paiements. Un mois aprs la mise en
ligne du roman, on compte 332.000 tlchargements, avec paiement par
12.000 lecteurs seulement.

 la mme date, Marilo Ruiz de Elvira, directrice de contenus du
portail Inicia, explique dans un communiqu: Pour tout acheteur du
livre numrique, il y avait une cl pour le tlcharger en 48 heures
sur le site internet et, surtout au dbut, beaucoup d'internautes se
sont changs ce code d'accs dans les forums de chats et ont
tlcharg leur exemplaire sans payer. On a voulu tester et cela
faisait partie du jeu. Arturo Prez-Reverte voulait surtout qu'on le
lise.

En 2006, on compte 4 millions d'exemplaires vendus pour les cinq
premiers tomes de cette saga littraire, devenue un succs plantaire,
surtout sous forme imprime. La saga donne galement naissance au film
Alatriste, une superproduction espagnole de 20 millions d'euros.

# Paulo Coelho

Paulo Coelho, romancier brsilien, devient mondialement clbre avec
L'Alchimiste. Dbut 2003, ses livres, traduits en 56 langues, ont t
vendus en 53 millions d'exemplaires dans 155 pays, dont 6,5 millions
d'exemplaires dans les pays francophones.

En mars 2003, Paulo Coelho dcide de distribuer plusieurs de ses romans
gratuitement en version PDF, en diverses langues, avec l'accord de ses
diteurs respectifs, dont Anne Carrire, son ditrice en France. Trois
romans sont disponibles en franais: Manuel du guerrier de la
lumire, La cinquime montagne et Veronika dcide de mourir.

Pourquoi une telle dcision? L'auteur dclare  la mme date par le
biais de son ditrice: Comme le franais est prsent,  plus ou moins
grande chelle, dans le monde entier, je recevais sans cesse des
courriers lectroniques d'universits et de personnes habitant loin de
la France, qui ne trouvaient pas mes oeuvres.

 la question classique relative au prjudice ventuel sur les ventes
futures, l'auteur rpond: Seule une minorit de gens a accs 
l'internet, et le livre au format ebook ne remplacera jamais le livre
papier. Une remarque trs juste en 2003, mais qui n'est peut-tre plus
de mise en 2011. Paulo Coehlo ritre toutefois l'exprience au
printemps 2011, pour la plus grande joie de ses lecteurs.



2000 > COTRES.NET, SITE DE LITTRATURE NUMRIQUE


[Rsum]
Entoileur du site cotres.net depuis octobre 1998, Jean-Paul
s'interroge en juin 2000 sur l'apport de l'internet dans son criture.
La navigation par hyperliens se fait en rayon (j'ai un centre
d'intrt et je clique mthodiquement sur tous les liens qui s'y
rapportent) ou en louvoiements (de clic en clic,  mesure qu'ils
apparaissent, au risque de perdre de vue mon sujet). Bien sr, les deux
sont possibles avec l'imprim. Mais la diffrence saute aux yeux:
feuilleter n'est pas cliquer. L'internet n'a donc pas chang ma vie,
mais mon rapport  l'criture. On n'crit pas de la mme manire pour
un site que pour un scnario, une pice de thtre, etc. (...) Depuis,
j'cris (compose, mets en page, en scne) directement  l'cran. L'tat
"imprim" de mon travail n'est pas le stade final, le but; mais une
forme parmi d'autres, qui privilgie la linarit et l'image, et qui
exclut le son et les images animes. (...) C'est finalement dans la
publication en ligne (l'entoilage?) que j'ai trouv la mobilit, la
fluidit que je cherchais.

***

Jean-Paul, entoileur du site cotres.net, propose depuis octobre 1998
de beaux parcours littraires utilisant l'hyperlien.

# Une navigation en rayon

En juin 2000, il s'interroge sur l'apport de l'internet dans son
criture. La navigation par hyperliens se fait en rayon (j'ai un
centre d'intrt et je clique mthodiquement sur tous les liens qui s'y
rapportent) ou en louvoiements (de clic en clic,  mesure qu'ils
apparaissent, au risque de perdre de vue mon sujet). Bien sr, les deux
sont possibles avec l'imprim. Mais la diffrence saute aux yeux:
feuilleter n'est pas cliquer. L'internet a donc chang mon rapport 
l'criture. On n'crit pas de la mme manire pour un site que pour un
scnario, une pice de thtre, etc. (...)

Depuis, j'cris (compose, mets en page, en scne) directement 
l'cran. L'tat "imprim" de mon travail n'est pas le stade final, le
but; mais une forme parmi d'autres, qui privilgie la linarit et
l'image, et qui exclut le son et les images animes. (...)

C'est finalement dans la publication en ligne (l'entoilage?) que j'ai
trouv la mobilit, la fluidit que je cherchais. Le matre mot y est
"chantier en cours", sans palissades. Accouchement permanent,  vue,
comme le monde sous nos yeux. Provisoire, comme la vie qui ttonne, se
cherche, se dprend, se reprend. Avec videmment le risque soulign par
les gutenbergs, les orphelins de la civilisation du livre: plus rien
n'est sr. Il n'y a plus de source fiable, elles sont trop nombreuses,
et il devient difficile de distinguer un clerc d'un gourou. Mais c'est
un problme qui concerne le contrle de l'information. Pas la
transmission des motions.

Canon laser, l'une de ses premires oeuvres, est d'abord une oeuvre
imprime, en srie limite, aujourd'hui puise. Pour ce faire, Jean-
Paul utilise un logiciel de PAO, le premier permettant de jouer
facilement avec la forme des lettres. La version hypermdia apparat
sur le site des cotres en 2002.  Quel en est le thme? C'est
l'histoire d'un cobaye humain pay pour jouer  l'audimat: ses yeux
balaient l'cran et l'cran les filme, pour alimenter la base de
donnes que louent les militaires, les publicitaires, tous ceux qui
font leur soupe de nos visions.

# Cyber-littrature et technologie

Selon Jean-Paul, l'avenir de la cyber-littrature est trac par sa
technologie mme. Il est maintenant impossible  un(e) auteur(e)
seul(e) de manier  la fois les mots, leur apparence mouvante et leur
sonorit. Matriser aussi bien Director, Photoshop et Cubase, pour ne
citer que les plus connus, c'tait possible il y a dix ans, avec les
versions 1. a ne l'est plus. Ds demain (matin), il faudra savoir
dlguer les comptences, trouver des partenaires financiers aux reins
autrement plus solides que Gallimard, voir du ct d'Hachette-Matra,
Warner, Hollywood. Au mieux, le statut de... l'crivaste? du
multimdiaste? sera celui du vidaste, du metteur en scne, du
directeur de produit: c'est lui qui cope des palmes d'or  Cannes,
mais il n'aurait jamais pu les dcrocher seul. Soeur jumelle (et non
pas clone) du cinmatographe, la cyber-littrature (= la vido + le
lien) sera une industrie, avec quelques artisans isols dans la
priphrie off-off (aux droits d'auteur ngatifs, donc).

Sept ans plus tard, en janvier 2007, Jean-Paul fait  nouveau le point
sur son activit d'entoileur. J'ai gagn du temps. J'utilise moins de
logiciels, dont j'intgre le rsultat dans Flash. Ce dernier m'assure
de contrler  90% le rsultat  l'affichage sur les crans de
rception (au contraire de ceux qui prfrent prsenter des oeuvres
ouvertes, o l'intervention tantt du hasard tantt de l'internaute est
recherche). Je peux maintenant me concentrer sur le coeur de la chose:
l'architecture et le dveloppement du rcit.

Selon lui, les deux points forts des trois ou quatre ans  venir [en
2007] sont: (a) la gnralisation du trs haut dbit (c'est--dire en
fait du dbit normal), qui va m'affranchir des limitations purement
techniques, notamment des soucis de poids et d'affichage des fichiers
(mort dfinitive, enfin, des histogrammes de chargement); (b) le
dveloppement de la 3 D. C'est le rcit en hypermdia (= le multimdia
+ le clic) qui m'intresse. Les piges que pose un rcit en 2 D sont
dj passionnants. Avec la 3 D, il va falloir chevaucher le tigre pour
viter la simple prouesse technique et laisser la priorit au rcit.

# Les cotres au prsent

En juin 2011, la page d'accueil de cotres.net donne accs  trois
oeuvres hypermdias qui sont tout autant de parcours, puisant leur
inspiration dans la rgion parisienne et sur toute la plante.

Solstice (2008) est une carte de voeux  vocation universelle: on
l'envoie  tout moment, adresse  tous les peuples de l'univers, sans
oublier les autres. Elle est ronde, pour lutter contre les angles
blessants de tous ces rectangles autour de nous, la dictature
universelle du rectangle.

Agression93 (2009) est un roman dpliable, sous l'apparence d'une
nouvelle. Un fait-divers infime, le rcit d'une agression minuscule.
Mais on sent bien qu'il y a autre chose. Il va falloir choisir, et
vite: la vengeance ou la justice.

Ce parcours peut durer entre quatre minutes pour le lecteur press (en
suivant uniquement les V et les > situs en bas et  droite de l'cran)
et quinze minutes pour le lecteur averti (en explorant tous les liens,
c'est--dire en passant la souris sur ceux-ci puis en cliquant sur
certains).

Aux jardins de Picpus (2010) est une visite guide muette du petit
jardin de Picpus [dans Paris] et de ses fantmes, ceux pour qui le
jardin n'est pas fait et dont les traces sont partout. Un jardin, c'est
d'abord des murs, ou des grilles, ou une ligne dans la tte, ou le
paradis d'aprs certains.



2000 > UN FORMAT STANDARD POUR LE LIVRE NUMRIQUE


[Rsum]
Les annes 1998-2001 sont marques par la prolifration des formats,
chacun lanant son propre format de livre numrique dans le cadre d'un
march naissant promis  une expansion rapide, d'o l'intrt d'un
format standard. Disponible en septembre 1999 dans sa version 1.0,
l'OeB (Open eBook) est un format de livre numrique bas sur le langage
XML (eXtensible Markup Language) et destin  normaliser le contenu, la
structure et la prsentation des livres numriques. Le format OeB est
dfini par l'OeBPS (Open eBook Publication Structure). Fond en janvier
2000, l'Open eBook Forum (OeBF) est un consortium industriel
international regroupant constructeurs, concepteurs de logiciels,
diteurs, libraires et spcialistes du numrique (avec 85 participants
en 2002). Le format OeB sert de base  de nombreux formats, par exemple
le format LIT pour le Microsoft Reader et le format PRC pour le
Mobipocket Reader. Le format EPUB succde au format OeB en avril 2005.

***

Les annes 1998-2001 sont marques par la prolifration des formats,
chacun lanant son propre format de livre numrique dans le cadre d'un
march naissant promis  une expansion rapide, d'o la ncessit d'un
format standard.

Aux formats classiques - formats TXT (texte), DOC (Microsoft Word),
HTML (HyperText Markup Language), XML (eXtensible Markup Language) et
PDF (Portable Document Format) - s'ajoutent des formats propritaires
crs par plusieurs socits pour lecture sur leurs propres logiciels,
qui sont entre autres le Glassbook Reader, le Peanut Reader, le Rocket
eBook Reader (pour le Rocket eBook), le Franklin Reader (pour
l'eBookMan), le logiciel de lecture Cytale (pour le Cybook), le Gemstar
eBook Reader (pour le Gemstar eBook) et le Palm Reader (pour le Palm
Pilot). Ces logiciels correspondent souvent  un appareil donn -
tablette de lecture ou PDA - et ne peuvent donc pas tre utiliss sur
d'autres appareils, tous comme les formats qui vont avec.

# Le format OeB (Open eBook)

 l'instigation du NIST (National Institute of Standards & Technology)
aux tats-Unis, l'Open eBook Initiative voit le jour en juin 1998 et
constitue un groupe de travail de 25 personnes sous le nom d'Open eBook
Authoring Group. Ce groupe labore l'OeB (Open eBook), un format de
livre numrique bas sur le langage XML et destin  normaliser le
contenu, la structure et la prsentation des livres numriques.

Le format OeB est dfini par l'OeBPS (Open eBook Publication
Structure), dont la version 1.0 est disponible en septembre 1999.
Tlchargeable gratuitement, l'OeBPS dispose d'une version ouverte et
gratuite appartenant au domaine public. La version originale est
destine aux professionnels de la publication puisqu'elle doit souvent
tre associe  une technologie normalise de gestion des droits
numriques, et donc  un systme de DRM (Digital Rights Management)
permettant de contrler l'accs des livres numriques sous droits.

Fond en janvier 2000 pour prendre la suite de l'Open eBook Initiative,
l'Open eBook Forum (OeBF) est un consortium industriel international
regroupant constructeurs, concepteurs de logiciels, diteurs, libraires
et spcialistes du numrique (avec 85 participants en 2002) dans
l'optique de dvelopper le format OeB et l'OeBPS. Le format OeB devient
un standard qui sert lui-mme de base  de nombreux formats, par
exemple le format LIT pour le Microsoft Reader ou le format PRC pour le
Mobipocket Reader.

# Le format LIT de Microsoft

Microsoft lance en avril 2000 son propre PDA, le Pocket PC, tout comme
le Microsoft Reader, un logiciel permettant la lecture de livres
numriques au format LIT (abrg du terme anglais literature), lui-
mme bas sur le format OeB.

Les caractristiques du Microsoft Reader sont un affichage utilisant la
technologie ClearType, le choix de la taille des caractres, la
mmorisation des mots-cls pour des recherches ultrieures et l'accs
d'un clic au Merriam-Webster Dictionary.

Quatre mois plus tard, en aot 2000, le Microsoft Reader est disponible
pour toute plateforme Windows, et donc aussi bien pour ordinateur que
pour PDA, sans oublier la Tablet PC un peu plus tard, lors de son
lancement en novembre 2002.

Ce logiciel tant tlchargeable gratuitement, Microsoft facture les
diteurs et distributeurs pour l'utilisation de sa technologie DRM de
gestion des droits numriques par le biais du Microsoft Digital Asset
Server (DAS), et touche une commission sur la vente de chaque titre.

Microsoft passe aussi des partenariats avec les grandes librairies en
ligne Barnes & Noble.com en janvier 2000 et Amazon.com en aot 2000
pour que celles-ci vendent des livres numriques lisibles sur le
Microsoft Reader.

Le Windows CE, systme d'exploitation du Pocket PC, est remplac en
octobre 2001 par le Pocket PC 2002 pour permettre la lecture des livres
numriques sous droits.

En 2002, la gamme Pocket PC permet la lecture sur trois logiciels: le
Microsoft Reader bien sr, le Mobipocket Reader et le Palm Reader, qui
est le logiciel de lecture du Palm Pilot, lanc ds mars 1996 en tant
que premier PDA du march.

# Le format PRC de Mobipocket

Fond  Paris en mars 2000 par Thierry Brethes et Nathalie Ting,
Mobipocket se spcialise d'emble dans la distribution scurise de
livres numriques pour PDA. La socit est en partie finance par
Viventures, branche de la multinationale franaise Vivendi.

Mobipocket lance le Mobipocket Reader, un logiciel permettant la
lecture de fichiers au format PRC, lui-mme bas sur le format OeB.
Gratuit et disponible dans cinq langues (franais, anglais, allemand,
espagnol, italien), ce logiciel est universel, c'est--dire
utilisable sur tout PDA (Palm Pilot, Pocket PC, eBookMan, Psion, etc.).

En octobre 2001, le Mobipocket Reader reoit l'eBook Technology Award
de la Foire internationale du livre  Francfort (Allemagne).  la mme
date, Franklin passe un partenariat avec Mobipocket pour proposer le
Mobipocket Reader par dfaut sur l'eBookMan, le PDA multimdia de
Franklin, en plus du Franklin Reader, au lieu du partenariat prvu 
l'origine entre Franklin et Microsoft pour proposer le Microsoft
Reader.

Si le Mobipocket Reader est gratuit, d'autres logiciels Mobipocket sont
payants. Le Mobipocket Web Companion est un logiciel d'extraction
automatique de contenu pour les sites de presse partenaires de la
socit. Le Mobipocket Publisher permet aux particuliers (version
prive gratuite ou version standard payante) et aux diteurs (version
professionnelle payante) de crer des livres numriques scuriss
utilisant la technologie Mobipocket DRM pour contrler l'accs aux
livres numriques sous droits. Dans un souci d'ouverture aux autres
formats, le Mobipocket Publisher permet aussi de crer des livres
numriques au format LIT pour lecture sur le Microsoft Reader.

Dj utilisable sur n'importe quel PDA, le Mobipocket Reader est
galement disponible sur ordinateur en avril 2002 puis sur les premiers
smartphones de Nokia et Sony Ericsson au printemps 2003.

 la mme date, le nombre de livres lisibles sur le Mobipocket Reader
se chiffre  6.000 titres disponibles dans quatre langues (franais,
anglais, allemand, espagnol), distribus soit sur le site de Mobipocket
soit dans des librairies partenaires. Mobipocket est rachet par Amazon
en avril 2005.

# Le format EPUB

En avril 2005, l'Open eBook Forum devient l'International Digital
Publishing Forum (IDPF), et le format OeB laisse la place au format
EPUB, acronyme de electronic publication. Ce format est largement
utilis par les diteurs parce qu'il facilite la mise en page des
livres sur tout appareil de lecture (ordinateur, tlphone mobile,
smartphone, tablette de lecture) en fonction de la taille de l'cran.
Les fichiers PDF (autre standard du livre numrique) crs avec des
versions rcentes du logiciel Adobe Acrobat sont compatibles avec le
format EPUB.



2000 > NUMILOG, LIBRAIRIE NUMRIQUE


[Rsum]
Numilog ouvre ses portes virtuelles en octobre 2000 pour vendre
exclusivement des livres numriques, par tlchargement et dans
plusieurs formats. Fonde par Denis Zwirn en avril 2000, six mois avant
l'ouverture de la librairie numrique, la socit a en fait une triple
activit: librairie en ligne, studio de fabrication et diffuseur. En
2003, le catalogue comprend 3.500 titres (livres et priodiques) en
franais et en anglais. En dcembre 2006, Numilog propose 35.000 livres
numriques grce  un partenariat avec soixante diteurs. Au fil des
ans, Numilog devient la principale librairie francophone de livres
numriques. En janvier 2009, Numilog, devenu filiale du groupe Hachette
Livre (en mai 2008), est un distributeur-diffuseur numrique
reprsentant une centaine d'diteurs francophones et anglophones, avec
un catalogue de 50.000 livres numriques et des services spcifiques
pour les bibliothques et les librairies.

***

Numilog ouvre ses portes virtuelles en octobre 2000 pour vendre
exclusivement des livres numriques, par tlchargement et dans
plusieurs formats.

# Une triple activit

Fonde par Denis Zwirn en avril 2000, six mois avant l'ouverture de la
librairie numrique, la socit a en fait une triple activit:
librairie en ligne, studio de fabrication et diffuseur.

Denis relate en fvrier 2001: Ds 1995, j'avais imagin et dessin des
modles de lecteurs lectroniques permettant d'emporter sa bibliothque
avec soi et pesant comme un livre de poche. Dbut 1999, j'ai repris ce
projet avec un ami spcialiste de la cration de sites internet, en
ralisant la formidable synergie possible entre des appareils de
lecture lectronique mobiles et le dveloppement d'internet, qui permet
d'acheminer les livres dmatrialiss en quelques minutes dans tous les
coins du monde. (...)

Numilog est d'abord une librairie en ligne de livres numriques. Notre
site internet est ddi  la vente en ligne de ces livres, qui sont
envoys par courrier lectronique ou tlchargs aprs paiement par
carte bancaire. Il permet aussi de vendre des livres par chapitres.

Numilog est galement un studio de fabrication de livres numriques:
aujourd'hui [dbut 2001], les livres numriques n'existent pas chez les
diteurs, il faut donc d'abord les fabriquer avant de pouvoir les
vendre, dans le cadre de contrats ngocis avec les diteurs dtenteurs
des droits. Ce qui signifie les convertir  des formats convenant aux
diffrents "readers" du march. (...)

Enfin Numilog devient aussi progressivement un diffuseur. Car, sur
internet, il est important d'tre prsent en de trs nombreux points du
rseau pour faire connatre son offre. Pour les livres en particulier,
il faut les proposer aux diffrents sites thmatiques ou de
communauts, dont les centres d'intrt correspondent  leur sujet
(sites de fans d'histoire, de management, de science-fiction...).
Numilog facilitera ainsi la mise en oeuvre de multiples "boutiques de
livres numriques" thmatiques.

Les livres sont disponibles en plusieurs formats: le format PDF pour
lecture sur l'Acrobat Reader (devenu l'Adobe Reader en mai 2003), le
format LIT pour lecture sur le Microsoft Reader et le format PRC pour
lecture sur le Mobipocket Reader.

En septembre 2003, le catalogue comprend 3.500 titres (livres et
priodiques) en franais et en anglais, grce  un partenariat avec une
quarantaine d'diteurs, le but  long terme tant de permettre  un
public d'internautes de plus en plus large d'avoir progressivement
accs  des bases de livres numriques aussi importantes que celles des
livres papier, mais avec plus de modularit, de richesse d'utilisation
et  moindre prix.

# L'expansion

Au fil des ans, Numilog devient la principale librairie francophone de
livres numriques, suite  des accords avec de nombreux diteurs:
Gallimard, Albin Michel, Eyrolles, Herms Science, Pearson Education
France, etc. Numilog propose aussi des livres audionumriques lisibles
sur synthse vocale. Une librairie anglophone est lance suite  des
accords de diffusion conclus avec plusieurs diteurs anglo-saxons:
Springer-Kluwer, Oxford University Press, Taylor & Francis, Kogan Page,
etc. Les diffrents formats proposs permettent la lecture des livres
sur tout appareil lectronique: ordinateur, PDA, tlphone mobile,
smartphone et tablette de lecture.

Si les livres numriques ont une longue vie devant eux, les appareils
de lecture risquent de muer rgulirement. Selon Denis Zwirn,
interview  nouveau en fvrier 2003, l'quipement des individus et
des entreprises en matriel pouvant tre utilis pour la lecture
numrique dans une situation de mobilit va continuer de progresser
trs fortement dans les dix prochaines annes sous la forme de machines
de plus en plus performantes (en terme d'affichage, de mmoire, de
fonctionnalits, de lgret...) et de moins en moins chres. Cela
prend ds aujourd'hui la forme de PDA (Pocket PC et Palm Pilot), de
tablettes PC et de smartphones, ou de smart displays (crans tactiles
sans fil). Trois tendances devraient tre observes: la convergence des
usages (tlphone/PDA), la diversification des types et tailles
d'appareils (de la montre-PDA-tlphone  la tablette PC waterproof),
la dmocratisation de l'accs aux machines mobiles (des PDA pour
enfants  15 euros). Si les diteurs et les libraires numriques savent
en saisir l'opportunit, cette volution reprsente un environnement
technologique et culturel au sein duquel les livres numriques, sous
des formes varies, peuvent devenir un mode naturel d'accs  la
lecture pour toute une gnration.

En 2004, Numilog met sur pied un systme de bibliothque en ligne pour
le prt de livres numriques, avant de proposer aux librairies un
service de vente de livres numriques sur leur propre site. En dcembre
2006, le catalogue de Numilog comprend 35.000 livres grce  un
partenariat avec soixante diteurs francophones et anglophones.

En mai 2008, Numilog devient une filiale du groupe Hachette Livre. En
janvier 2009, Numilog est dsormais un distributeur-diffuseur numrique
reprsentant une centaine d'diteurs francophones et anglophones, avec
un catalogue de 50.000 livres numriques distribus auprs des
particuliers et des bibliothques, tout en offrant aussi des services
spcifiques  destination des libraires.



2000 > LA BIBLE DE GUTENBERG EN LIGNE


[Rsum]
En 2000, le livre numrique a bientt trente ans puisqu'il voit le jour
en juillet 1971 en tant que premier titre (eText #1) du Projet
Gutenberg. Signe des temps peut-tre, la British Library met en ligne
en novembre 2000 une version numrise de la Bible de Gutenberg, qui
fut le premier livre imprim. Datant de 1454, cette Bible aurait t
imprime par Gutenberg en 180 exemplaires dans son atelier de Mayence,
en Allemagne. En 2000, 48 exemplaires, dont certains incomplets,
existeraient toujours. La British Library en possde deux versions
compltes. En mars 2000, dix chercheurs et experts techniques de
l'Universit Keio de Tokyo et de NTT (Nippon Telegraph and Telephone
Communications) viennent passer deux semaines sur place pour numriser
les deux versions, lgrement diffrentes. Ces versions numrises sont
mises en ligne quelques mois plus tard, en novembre 2000.

***

Bientt trente ans pour le livre numrique. Signe des temps peut-tre,
la British Library met en ligne en novembre 2000 une version numrise
de la Bible originale de Gutenberg, qui fut le premier livre imprim.

# Le premier livre imprim en ligne

En 2000, le livre numrique a bientt trente ans, puisqu'il voit le
jour en juillet 1971 en tant que premier titre (eText #1) du Projet
Gutenberg.

Le livre imprim a cinq sicles et demi. Datant de 1454, la premire
Bible imprime aurait t imprime par Gutenberg en 180 exemplaires
dans son atelier de Mayence, en Allemagne. 48 exemplaires, dont
certains incomplets, existeraient toujours. La British Library en
possde deux versions compltes.

En mars 2000, dix chercheurs et experts techniques de l'Universit Keio
de Tokyo et de NTT (Nippon Telegraph and Telephone Communications)
viennent passer deux semaines sur place pour numriser les deux
versions compltes, lgrement diffrentes.  Ces versions numrises
sont mises en ligne quelques mois plus tard, en novembre 2000.

D'autres trsors de la British Library sont dj en ligne, par exemple
Beowulf, premier joyau de la littrature anglaise datant du 11e sicle,
Magna Carta, premier texte constitutionnel anglais sign en 1215, les
Lindisfarne Gospels, une oeuvre datant de 698, le Diamond Sutra, autre
joyau datant de 868, les Sforza Hours, trsor de la Renaissance datant
de 1490-1520, le Codex Arundel, compos de notes de Lonard de Vinci de
1478  1518, ou encore le Tyndale New Testament, qui fut le premier
Nouveau Testament en langue anglaise, imprim en 1526 sur les presses
de Peter Schoeffer  Worms (Allemagne).

# tat des lieux  la fin 2000

Fin 2000, outre ces trsors inestimables mis  la disposition de tous,
des milliers d'oeuvres du domaine public sont en accs libre sur le web
dans des bibliothques numriques.

Les libraires et les diteurs ont pour la plupart un site web. Certains
naissent  directement sur le web, avec la totalit de leurs
transactions faites via l'internet.

Outre le prt de documents en tous genres et la gestion d'ouvrages de
rfrence, les bibliothcaires guident les usagers sur l'internet,
slectionnent et organisent des informations  leur intention pour leur
viter de se noyer sur la toile, et crent un site web incluant un
catalogue en ligne et une bibliothque numrique.

De plus en plus de livres et de revues ne sont disponibles qu'en
version numrique, pour viter les cots d'une publication imprime. De
statique dans les livres imprims, l'information devient fluide sur
l'internet, avec possibilit d'actualisation constante.

Nombre d'auteurs s'accordent  reconnatre les bienfaits de l'internet,
que ce soit pour la recherche d'information, la diffusion de leurs
oeuvres, les changes avec les lecteurs ou la collaboration avec
d'autres crateurs, sans parler d'un prolongement de leurs livres sur
un site web, tout comme la possibilit de s'auto-publier avec succs.

Les diteurs scientifiques et techniques commencent  repenser leur
travail et  s'orienter vers une diffusion en ligne, les tirages
imprims restant toujours possibles  titre ponctuel. Certaines
universits diffusent dsormais des manuels sur mesure composs d'un
choix de chapitres et d'articles slectionns dans une base de donnes,
auxquels s'ajoutent les commentaires des professeurs.

Des auteurs explorent les possibilits offertes par l'hyperlien pour
crer de nouveaux genres tels que roman multimdia et hypermdia,
narration hypertextuelle, oeuvre d'hyperfiction, site web d'criture
hypermdia, mail-roman, etc. La littrature numrique - appele aussi
littrature lectronique, cyber-littrature ou littrature HTX
(HyperTeXt) - bouscule dsormais la littrature traditionnelle en lui
apportant un souffle nouveau, tout en intgrant d'autres formes
artistiques puisque le support numrique favorise la fusion de l'crit
avec l'image et le son.

L'internet devient indispensable pour se documenter, communiquer, avoir
accs aux documents et largir ses connaissances. Il n'est plus utile
de courir aprs l'information dont nous avons besoin. Cette information
est  notre porte, en quantit, y compris pour ceux qui suivent leurs
tudes par correspondance, qui vivent en rase campagne, qui travaillent
 domicile ou qui sont clous sur un lit.

Le web devient une gigantesque encyclopdie, une norme bibliothque,
une immense librairie et un mdium des plus complets.

Certains lisent mme un livre sur leur ordinateur, leur PDA ou leur
tablette de lecture (encore hors de prix).



2001 > LE WEB AU SERVICE DES AUTEURS


[Rsum]
Nombre d'auteurs s'accordent  reconnatre les bienfaits de l'internet,
que ce soit pour la diffusion de leurs oeuvres, les changes avec les
lecteurs ou la collaboration avec d'autres crateurs. Voici quatre
expriences parmi tant d'autres. Silvaine Arabo, pote et peintre,
propose une revue imprime Saraswati: revue de posie, d'art et de
rflexion en mars 2001 aprs avoir lanc sa cyber-revue Posie d'hier
et d'aujourd'hui en mai 1997. Raymond Godefroy, crivain-paysan
normand, publie ses fables sur le site web des ditions du Choucas en
dcembre 1999, avec un beau design de Nicolas Pewny, avant d'en auto-
publier une version imprime en juin 2001. Anne-Bndicte Joly,
romancire et essayiste, cre un site web en avril 2000 en tant que
vitrine pour diffuser ses romans auto-dits. Michel Benot, auteur de
nouvelles, utilise l'internet pour largir ses horizons et pour abolir
le temps et la distance.

***

Nombre d'auteurs s'accordent  reconnatre les bienfaits de l'internet,
que ce soit pour la diffusion de leurs oeuvres, les changes avec les
lecteurs ou la collaboration avec d'autres crateurs. Voici quatre
expriences parmi tant d'autres.

# Des pomes sur deux supports

Pote et plasticienne, Silvaine Arabo vit en France, dans la rgion
Poitou-Charentes. En mai 1997, elle cre Posie d'hier et
d'aujourd'hui, l'un des premiers sites francophones consacrs  la
posie.

En juin 1998, elle raconte: Pour ce qui est d'internet, je suis
autodidacte (je n'ai reu aucune formation informatique quelle qu'elle
soit). J'ai eu l'ide de construire un site littraire centr sur la
posie: internet me semble un moyen privilgi pour faire circuler des
ides, pour communiquer ses passions aussi. Je me suis donc mise au
travail, trs empiriquement, et ai finalement abouti  ce site sur
lequel j'essaye de mettre en valeur des potes contemporains de talent,
sans oublier la ncessaire prise de recul (rubrique "Rflexions sur la
posie") sur l'objet considr. (...)

Par ailleurs, internet m'a mis en contact avec d'autres potes, dont
certains fort intressants. Cela rompt le cercle de la solitude et
permet d'changer des ides. On se lance des dfis aussi. Internet peut
donc pousser  la crativit et relancer les motivations des potes
puisqu'ils savent qu'ils seront lus et pourront mme, dans le meilleur
des cas, correspondre avec leurs lecteurs et avoir les points de vue de
ceux-ci sur leurs textes. Je ne vois personnellement que des aspects
positifs  la promotion de la posie par internet, tant pour le lecteur
que pour le crateur.

Trs vite, Posie d'hier et d'aujourd'hui prend la forme d'une cyber-
revue. Quatre ans plus tard, en mars 2001, Silvaine Arabo cre une
deuxime revue, Saraswati: revue de posie, d'art et de rflexion,
cette fois sous forme imprime. Les deux revues se compltent et sont
vraiment  placer en regard l'une de l'autre.

# Des fables publies en ligne

Le Choucas est une maison d'dition haut-savoyarde gre par Nicolas et
Suzanne Pewny. Bien qu'tant d'abord un diteur  vocation commerciale,
le Choucas tient aussi  avoir des activits non commerciales afin de
faire connatre des auteurs peu diffuss, par exemple Raymond Godefroy,
crivain-paysan normand, qui dsesprait de trouver un diteur pour son
recueil de fables, intitul Fables pour l'an 2000. Quelques jours
avant l'anne 2000, Nicolas Pewny publie ce recueil en ligne, avec un
beau design.

Enthousiaste  la vue de ses fables en version numrique, Raymond
Godefroy crit  la mme date: Internet reprsente pour moi un
formidable outil de communication qui nous affranchit des
intermdiaires, des barrages doctrinaires et des intrts des mdias en
place. Soumis aux mmes lois cosmiques, les hommes, pouvant mieux se
connatre, acquerront peu  peu cette conscience du collectif,
d'appartenir  un mme monde fragile pour y vivre en harmonie sans le
dtruire. Internet est absolument comme la langue d'sope, la meilleure
et la pire des choses, selon l'usage qu'on en fait, et j'espre qu'il
me permettra de m'affranchir en partie de l'dition et de la
distribution traditionnelle qui, referme sur elle-mme, souffre d'une
crise d'intolrance pour entrer  reculons dans le prochain
millnaire.

Trs certainement autobiographique, la fable Le pote et l'diteur
(sixime fable de la troisime partie) relate on ne peut mieux les
affres du pote  la recherche d'un diteur. Raymond Godefroy restant
trs attach au papier, il dcide toutefois d'auto-publier la version
imprime de ses fables en juin 2001, avec un titre lgrement
diffrent, Fables pour les annes 2000, puisque le cap du 21e sicle
est dsormais franchi.

# Le site web d'une romancire

Autre exprience, celle d'Anne-Bndicte Joly, romancire et essayiste,
qui habite en rgion parisienne. En avril 2000, elle cre un site web
en tant que vitrine pour diffuser ses livres auto-dits.

Elle relate trois mois plus tard: Mon site a plusieurs objectifs.
Prsenter mes livres (essais, nouvelles et romans auto-dits) 
travers des fiches signaltiques (dont le format est identique  celui
que l'on trouve dans la base de donnes lectre) et des extraits
choisis, prsenter mon parcours (de professeur de lettres et
d'crivain), permettre de commander mes ouvrages, offrir la possibilit
de laisser des impressions sur un livre d'or, guider le lecteur 
travers des liens vers des sites littraires. (...)

Crer un site internet me permet d'largir le cercle de mes lecteurs en
incitant les internautes  dcouvrir mes crits. Internet est galement
un moyen pour largir la diffusion de mes ouvrages. (...) Internet devra
me permettre d'aller  la rencontre de lecteurs (d'internautes) que je
n'aurai pas l'occasion en temps ordinaire de ctoyer. Je pense  des
pays francophones tels que le Canada qui semble rserver une place
importante  la littrature francaise.

Pourquoi ce choix d'auto-diter ses oeuvres? Aprs avoir rencontr de
nombreuses fins de non-recevoir auprs des maisons d'dition et ne
souhaitant pas opter pour des ditions  compte d'auteur, j'ai choisi,
parce que l'on crit avant tout pour tre lu (!), d'avoir recours 
l'auto-dition. Je suis donc un crivain-diteur et j'assume
l'intgralit des tapes de la chane littraire, depuis l'criture
jusqu' la commercialisation, en passant par la saisie, la mise en
page, l'impression, le dpt lgal et la diffusion de mes livres. Mes
livres sont en rgle gnrale dits  250 exemplaires et je parviens
systmatiquement  couvrir mes frais fixes.

# Une ouverture sur le monde

Auteur de nouvelles (polars, rcits noirs, histoires fantastiques),
Michel Benot utilise l'internet pour largir ses horizons et pour
abolir le temps et la distance entre Montral, o il habite, et de
nombreux lieux de la plante.

Michel relate en juin 2000: L'internet s'est impos  moi comme outil
de recherche et de communication, essentiellement. Non, pas
essentiellement. Ouverture sur le monde aussi. Si l'on pense
"recherche", on pense "information". Voyez-vous, si l'on pense
"criture", "rflexion", on pense "connaissance", "recherche". Donc on
va sur la toile pour tout, pour une ide, une image, une explication.
Un discours prononc il y a vingt ans, une peinture expose dans un
muse  l'autre bout du monde. On peut donner une ide  quelqu'un
qu'on n'a jamais vu, et en recevoir de mme. La toile, c'est le monde
au clic de la souris. On pourrait penser que c'est un beau clich.
Peut-tre bien,  moins de prendre conscience de toutes les
implications de la chose. L'instantanit, l'information tout de suite,
maintenant. Plus besoin de fouiller, de se taper des heures de
recherche. On est en train de faire, de produire. On a besoin d'une
information. On va la chercher, immdiatement. De plus, on a accs aux
plus grandes bibliothques, aux plus importants journaux, aux muses
les plus prestigieux. (...)

Mon avenir professionnel en inter-relation avec le net, je le vois
exploser. Plus rapide, plus complet, plus productif. Je me vois faire
en une semaine ce qui m'aurait pris des mois. Plus beau, plus
esthtique. Je me vois russir des travaux plus raffins, d'une facture
plus professionnelle, mme et surtout dans des domaines connexes  mon
travail, comme la typographie, o je n'ai aucune comptence. La
prsentation, le transport de textes, par exemple. Le travail simultan
de plusieurs personnes qui seront sur des continents diffrents.
Arriver  un consensus en quelques heures sur un projet, alors qu'avant
le net, il aurait fallu plusieurs semaines, parlons de mois entre les
francophones. Plus le net ira se complexifiant, plus l'utilisation du
net deviendra profitable, ncessaire, essentielle.



2001 > DE NOUVEAUX GENRES LITTRAIRES


[Rsum]
Des auteurs tentent de nouvelles expriences littraires. Voici deux
expriences parmi tant d'autres, d'une part un cyber-polar et d'autre
part un mail-roman. Aprs avoir crit un roman policier sous forme de
feuilleton sur le web en 1998 et 1999, Anne-Ccile Brandenbourger le
publie en version numrique chez 00h00 en fvrier 2000 puis en version
imprime en aot 2000. Jean-Pierre Balpe diffuse quotidiennement par
courriel pendant cent jours (du 11 avril au 19 juillet 2001) un
chapitre de son mail-roman Rien n'est sans dire auprs de cinq cents
personnes - sa famille, ses amis, ses collgues, etc. - en y intgrant
les rponses et les ractions de ses lecteurs. Cette ide d'un mail-
roman est issue de deux sources diffrentes: d'une part en se
demandant ce qu'internet peut apporter sur le plan de la forme  la
littrature, d'autre part en lisant la littrature pistolaire du 18e
sicle, ces fameux romans par lettres. Selon l'auteur, les
technologies numriques sont une chance extraordinaire du
renouvellement du littraire.

***

Des auteurs tentent de nouvelles expriences littraires. Voici deux
expriences parmi tant d'autres, d'une part un cyber-polar d'Anne-
Ccile Brandenbourger et d'autre part un mail-roman de Jean-Pierre
Balpe.

# Un cyber-polar

N en Belgique sous la plume d'Anne-Ccile Brandenbourger, Apparitions
inquitantes est une longue histoire  lire dans tous les sens, un
labyrinthe de crimes, de mauvaises penses et de plaisirs ambigus, qui
se dveloppe d'abord sous la forme d'un feuilleton en ligne sur le site
d'Anacoluthe, pendant deux ans, en collaboration avec Olivier Lefvre.

En fvrier 2000, le roman est publi par 00h00 en version numrique (au
format PDF) en tant que premier titre de la Collection 2003, consacre
aux critures numriques, avec version imprime  la demande.

Sur son site, 00h00 prsente l'ouvrage comme un cyber-polar fait de
rcits hypertextuels imbriqus en gigogne. Entre personnages de
feuilleton amricain et intrigue policire, le lecteur est -
hypertextuellement - men par le bout du nez dans cette saga aux
allures borgsiennes. (...) C'est une histoire de meurtre et une
enqute policire; des textes crits court et monts serrs; une balade
dans l'imaginaire des sries tl; une dstructuration (organise) du
rcit dans une transposition littraire du zapping; et par consquent,
des sensations de lecture radicalement neuves.

Anne-Ccile relate en juin 2000: Les possibilits offertes par
l'hypertexte m'ont permis de dvelopper et de donner libre cours  des
tendances que j'avais dj auparavant. J'ai toujours ador crire et
lire des textes clats et inclassables (comme par exemple "La vie mode
d'emploi" de Perec ou "Si par une nuit d'hiver un voyageur" de Calvino)
et l'hypermdia m'a donn l'occasion de me plonger dans ces formes
narratives en toute libert. Car, pour crer des histoires non
linaires et des rseaux de textes qui s'imbriquent les uns dans les
autres, l'hypertexte est videmment plus appropri que le papier. Je
crois qu'au fil des jours, mon travail hypertextuel a rendu mon
criture de plus en plus intuitive. Plus "intrieure" aussi peut-tre,
plus proche des associations d'ides et des mouvements dsordonns qui
caractrisent la pense lorsqu'elle se laisse aller  la rverie. Cela
s'explique par la nature de la navigation hypertextuelle, le fait que
presque chaque mot qu'on crit peut tre un lien, une porte qui s'ouvre
sur une histoire.

Suite au succs du livre, les ditions Florent Massot publient en aot
2000 une deuxime version imprime (la premire tant celle de 00h00,
imprime uniquement  la demande), sous le nouveau titre La
maldiction du parasol, avec une couverture en 3D et une maquette
d'Olivier Lefvre restituant le rythme de la version originale.

# Un mail-roman

Le premier mail-roman francophone est lanc en 2001 par Jean-Pierre
Balpe, chercheur, crivain et directeur du dpartement hypermdia de
l'Universit Paris 8. Pendant trs exactement cent jours, entre le 11
avril et le 19 juillet 2001, il diffuse quotidiennement par courriel un
chapitre de Rien n'est sans dire auprs de cinq cents personnes - sa
famille, ses amis, ses collgues, etc. - en y intgrant les rponses et
les ractions de ses lecteurs.

Raconte par un narrateur, l'histoire est celle de Stanislas et Zita,
qui vivent une passion tragique dchire par une sombre histoire
politique. L'auteur relate en fvrier 2002: Cette ide d'un mail-roman
m'est venue tout naturellement. D'une part en me demandant depuis
quelque temps dj ce qu'internet peut apporter sur le plan de la forme
 la littrature (...) et d'autre part en lisant de la littrature
"pistolaire" du 18e  sicle, ces fameux "romans par lettres". Il
suffit alors de transposer: que peut tre le "roman par lettres"
aujourd'hui?

Le droulement de ce mail-roman a-t-il correspondu  ses attentes? Oui
ET non: au dpart je n'avais pas d'attente, donc oui... De plus, si je
n'avais pas d'attentes (...) je savais jusqu'o j'tais prt  aller. Par
exemple, je proposais aux lecteurs de participer au roman mais je n'ai
jamais propos qu'ils me remplacent: je voulais rester le matre (ah
mais...). Ce qui m'amusait, c'tait d'intgrer, dans une trame et une
vise que je m'tais  peu prs donnes, les propositions, y compris
les plus farfelues, sans qu'elles paraissent comme telles et sans que
je "vende mon me au diable".

NON car j'ai quand mme t un peu surpris du "classicisme" des
propositions de lecteurs: on y retrouvait assez massivement les lieux
communs les plus culs (pardon pour le jeu de mot...) des feuilletons
tlviss. Si je me laissais faire, nous n'tions pas loin du Loft.
D'ailleurs, significativement, parce que c'tait la priode de
diffusion de cette mission, plusieurs lecteurs y font rfrence dans
leurs envois et essaient de m'entraner sur ce terrain. Autrement dit,
le plus surprenant peut-tre est que des lecteurs qui s'inscrivaient
volontairement  une exprience "littraire" n'avaient de cesse de
regarder du ct de la non-littrature, de la banalit et du lieu
commun...

Jean-Pierre Balpe tire plusieurs conclusions de cette exprience:
D'abord c'est un "genre": depuis, plusieurs personnes m'ont dit lancer
aussi un mail-roman. Ensuite j'ai aperu quantit de possibilits que
je n'ai pas exploites et que je me rserve pour un ventuel travail
ultrieur. La contrainte du temps est ainsi trs intressante 
exploiter: le temps de l'criture bien sr, mais aussi celui de la
lecture: ce n'est pas rien de mettre quelqu'un devant la ncessit de
lire, chaque jour, une page de roman. Ce "pacte" a quelque chose de
diabolique. Et enfin le renforcement de ma conviction que les
technologies numriques sont une chance extraordinaire du
renouvellement du littraire.



2001 > WIKIPDIA, ENCYCLOPDIE COLLABORATIVE


[Rsum]
Fonde en janvier 2001  l'initiative de Jimmy Wales et Larry Sanger
(Larry quitte plus tard l'quipe), Wikipdia est une encyclopdie
gratuite en ligne crite collectivement et dont le contenu est
librement rutilisable. Sans publicit et finance par des dons, elle
est rdige par des milliers de volontaires, avec possibilit pour tout
un chacun d'crire, corriger ou complter les articles, aussi bien les
siens que ceux d'autres contributeurs. Les articles restent la
proprit de leurs auteurs et leur libre utilisation est rgie par la
licence GFDL (GNU Free Documentation License) ou la licence Creative
Commons. En dcembre 2006, Wikipdia est l'un des dix sites les plus
visits du web, avec 6 millions d'articles dans 250 langues. En 2009,
Wikipdia est l'un des cinq sites les plus visits du web, le franais
tant la troisime langue de l'encyclopdie, aprs l'anglais et
l'allemand. En janvier 2011, Wikipdia fte ses dix ans d'existence
avec 17 millions d'articles dans 270 langues et 400 millions de
visiteurs par mois pour l'ensemble de ses sites.

***

Lance en janvier 2001, Wikipdia est une encyclopdie gratuite en
ligne crite collectivement et dont le contenu est librement
rutilisable.

Qu'est-ce qu'un wiki? Un wiki (terme hawaen signifiant vite) est un
site web permettant  plusieurs utilisateurs de collaborer
simultanment en ligne, en rdigeant le contenu du wiki, en le
modifiant et en l'enrichissant en permanence. Le wiki est utilis par
exemple pour crer et grer des sites d'information, des dictionnaires
et des encyclopdies. Le programme prsent derrire l'interface d'un
wiki est plus ou moins labor. Un programme simple gre des textes et
des hyperliens. Un programme labor permet d'inclure des images, des
graphiques, des tableaux, etc.

Fonde en janvier 2001  l'initiative de Jimmy Wales et Larry Sanger
(Larry Sanger quitte plus tard l'quipe), Wikipdia est immdiatement
trs populaire. Sans publicit et finance par des dons, elle est
rdige par des milliers de volontaires - qui s'inscrivent sous un
pseudonyme - avec possibilit pour tout un chacun d'crire, corriger et
complter les articles, aussi bien les siens que ceux d'autres
contributeurs. Les articles restent la proprit de leurs auteurs et
leur libre utilisation est rgie par la licence Creative Commons ou la
licence GFDL (GNU Free Documentation License).

Cre en juin 2003, la Wikimedia Foundation gre non seulement
Wikipdia mais aussi Wiktionary, un dictionnaire et thsaurus
multilingue lanc en dcembre 2002, Wikibooks (livres et manuels en
cours de rdaction) lanc en juin 2003, auxquels s'ajoutent ensuite
Wikiquote (rpertoire de citations), Wikisource (textes appartenant au
domaine public), Wikimedia Commons (sources multimdia), Wikispecies
(rpertoire d'espces animales et vgtales), Wikinews (site
d'actualits) et enfin Wikiversity (matriel d'enseignement), lanc en
aot 2006.

En dcembre 2004, Wikipdia compte 1,3 million d'articles rdigs par
13.000 contributeurs dans une centaine de langues. En dcembre 2006,
Wikipdia compte 6 millions d'articles dans 250 langues et devient l'un
de dix sites les plus visits du web. En mai 2007, 7 millions
d'articles sont disponibles dans 192 langues, dont 1,8 million
d'articles en anglais, 589.000 articles en allemand, 500.000 articles
en franais, 260.000 articles en portugais et 236.000 articles en
espagnol. En 2009, l'encyclopdie est l'un des cinq sites les plus
visits du web. En septembre 2010, Wikipdia compte 14 millions
d'articles dans 272 langues, dont 3,4 millions d'articles en anglais,
1,1 million d'articles en allemand et 1 million d'articles en franais,
qui est toujours la troisime langue de l'encyclopdie.

Wikipdia fte ses dix ans en janvier 2011 avec 17 millions d'articles
dans 270 langues et 400 millions de visiteurs par mois pour l'ensemble
de ses sites.

De plus, Wikipdia inspire bien d'autres projets au fil des ans, par
exemple Citizendium, lanc en mars 2007 par Larry Sanger en tant
qu'encyclopdie collaborative exprimentale au contenu vrifi par des
experts, ou encore l'Encyclopedia of Life, un projet global qui voit le
jour en mai 2007 pour recenser toutes les espces animales et vgtales
connues.



2001 > D'AUTRES TABLETTES DE LECTURE


[Rsum]
Aprs le Rocket eBook et le SoftBook Reader, apparus en 1998, les
expriences se poursuivent avec le lancement d'autres tablettes de
lecture au dbut des annes 2000, les plus connues tant le Gemstar
eBook aux tats-Unis et le Cybook en Europe. Grande socit amricaine
spcialise dans les produits et services numriques pour les mdias,
Gemstar lance le Gemstar eBook en novembre 2000 aprs avoir rachet les
deux socits californiennes auteures des deux premires tablettes de
lecture du march,  savoir Nuvomedia (auteur du Rocket eBook) et
SoftBook Press (auteur du SoftBook Reader). Premire tablette de
lecture europenne, le Cybook est lanc en janvier 2001 par la socit
franaise Cytale. Sa mmoire - 32 Mo de mmoire SDRAM (Synchronous
Dynamic Random Access Memory) et 16 Mo de mmoire flash - permet de
stocker 15.000 pages de texte, soit 30 livres de 500 pages, dans un
appareil de 21 x 16 cm pesant un kilo.

***

Aprs le Rocket eBook et le SoftBook Reader, apparus en 1998, d'autres
tablettes de lecture voient le jour au dbut des annes 2000, les plus
connues tant le Gemstar eBook aux tats-Unis et le Cybook en Europe.

# Le Gemstar eBook

Grande socit amricaine spcialise dans les produits et services
numriques pour les mdias, Gemstar lance le Gemstar eBook en novembre
2000 aux tats-Unis aprs avoir rachet les deux socits
californiennes auteures des premires tablettes de lecture du march, 
savoir Nuvomedia (auteur du Rocket eBook) et SoftBook Press (auteur du
SoftBook Reader).

Le Gemstar eBook se dcline en deux modles - le REB 1100 (cran noir
et blanc, successeur du Rocket eBook) et le REB 1200 (cran couleur,
successeur du SoftBook Reader) - construits et vendus sous le label
RCA, appartenant  Thomson Multimedia. Le systme d'exploitation, le
navigateur et le logiciel de lecture sont spcifiques  l'appareil,
tout comme le format de lecture, bas sur le format OeB (Open eBook).
Les deux modles sont vendus respectivement 300 et 699 dollars US par
la chane de magasins SkyMall.

Les ventes sont trs infrieures aux pronostics. En avril 2002, un
article du New York Times annonce l'arrt de la fabrication de ces
tablettes par RCA. Lancs  l'automne 2002, les modles suivants - le
GEB 1150 et le GEB 2150 - sont produits cette fois sous le label
Gemstar et vendus par SkyMall  un prix beaucoup plus comptitif, avec
ou sans abonnement annuel ou bisannuel  la librairie numrique du
Gemstar eBook. Le GEB 1150 cote 199 dollars sans abonnement, et 99
dollars avec abonnement annuel (factur 20 dollars par mois). Le GEB
2150 cote 349 dollars sans abonnement, et 199 dollars avec abonnement
bisannuel (factur lui aussi 20 dollars par mois).

Mais les ventes restent peu concluantes - faute d'un march mr pour ce
genre d'appareil - et Gemstar dcide de mettre fin  ses activits
eBook. La socit cesse la vente de ses tablettes de lecture en juin
2003 et la vente de ses livres numriques le mois suivant.

# Le Cybook

Premire tablette de lecture europenne, le Cybook est lanc en janvier
2001 par la socit franaise Cytale.

Sa mmoire - 32 Mo de mmoire SDRAM (Synchronous Dynamic Random Access
Memory) et 16 Mo de mmoire flash - permet de stocker 15.000 pages de
texte, soit 30 livres de 500 pages, dans un appareil de 21 x 16 cm
pesant un kilo.

Olivier Pujol, PDG de Cytale, crit en dcembre 2000: J'ai crois il y
a deux ans le chemin balbutiant d'un projet extraordinaire, le livre
lectronique. Depuis ce jour, je suis devenu le promoteur impnitent de
ce nouveau mode d'accs  l'crit,  la lecture, et au bonheur de lire.
La lecture numrique se dveloppe enfin, grce  cet objet merveilleux:
bibliothque, librairie nomade, livre "adaptable", et aussi moyen
d'accs  tous les sites littraires (ou non), et  toutes les
nouvelles formes de la littrature, car c'est galement une fentre sur
le web.

Quelle est exactement l'activit de Cytale? Conception et
commercialisation d'un livre lectronique, conception, dveloppement et
gestion d'un site internet de diffusion de livres numriques,
prparation et formatage de livres numriques.

Quelles sont les perspectives? L'utilisation d'internet pour le
transport de contenu est un secteur de dveloppement majeur. La socit
a pour vocation de dvelopper une base de contenu en provenance
d'diteurs, et de les diffuser vers des supports de lecture scuriss.

Plus gnralement, le livre lectronique, permettant la lecture
numrique, ne concurrence pas le papier. C'est un complment de
lecture, qui ouvre de nouvelles perspectives pour la diffusion de
l'crit et des oeuvres mlant le mot et d'autres mdias (image, son,
image anime...). Les projections montrent une stabilit de l'usage du
papier pour la lecture, mais une croissance de l'industrie de
l'dition, tire par la lecture numrique, et le livre lectronique. De
la mme faon que la musique numrique a permis aux mlomanes d'accder
plus facilement  la musique, la lecture numrique supprime, pour les
jeunes gnrations commme pour les autres, beaucoup de freins  l'accs
 l'crit.

Les ventes du Cybook sont trs infrieures aux pronostics et forcent la
socit  cesser ses activits en juillet 2002. La commercialisation du
Cybook est reprise par la socit Bookeen, cre en 2003  l'initiative
de Michael Dahan et Laurent Picard, deux ingnieurs de Cytale. Le
Cybook 2e gnration est lanc en avril 2004. Bookeen dvoile en
juillet 2007 une nouvelle version de sa tablette, baptise Cybook Gen3
(3e gnration), avec un cran utilisant la technologie E Ink.



2001 > UNE MEILLEURE BANDE PASSANTE


[Rsum]
Henk Slettenhaar est spcialiste des systmes de communication, avec
une longue carrire  Genve et en Californie.  En 1992, il cre la
Silicon Valley Association (SVA), une association suisse qui organise
des voyages d'tude dans des ples de haute technologie,  commencer
par la Silicon Valley et San Francisco. Henk mentionne en juillet 2001
le changement considrable apport par le fait que j'ai maintenant une
connexion  dbit rapide chez moi. Le fait d'tre constamment connect
est totalement diffrent du fait de se connecter de temps  autre par
la ligne tlphonique. Je reois maintenant mes messages ds leur
arrive dans ma messagerie. Je peux couter mes stations radio
prfres o qu'elles soient. Je peux couter les actualits quand je
veux. Et aussi couter la musique que j'aime  longueur de journe. (...)
La seule chose qui manque est une vido de bonne qualit en temps rel.
La largeur de bande est encore insuffisante pour cela. Dix ans plus
tard, Henk peut visionner des vidos en temps rel et lire des livres
numriques sur le Kindle et l'iPad.

***

Henk Slettenhaar est spcialiste des systmes de communication, avec
une longue carrire  Genve et en Californie.

En 1958, Henk rejoint le CERN (Laboratoire europen pour la physique
des particules)  Genve pour travailler sur le premier ordinateur
numrique et participer au dveloppement des premiers rseaux
numriques.

Son exprience californienne dbute en 1966 lorsqu'il rejoint pendant
dix-huit mois une quipe du SLAC (Stanford Linear Accelerator Center)
pour crer un numrisateur de film. De retour au SLAC en 1983, il
conoit un systme numrique de contrle qui sera utilis pendant dix
ans.

Henk est ensuite professeur en technologies de communication  la
Webster University de Genve pendant 25 ans. Il est l'ancien directeur
du Telecom Management Program cr  l'automne 2000. Il travaille
galement en tant que consultant auprs de nombreuses organisations
internationales.

# En 1992

En 1992, fort de son exprience en Suisse et en Californie, Henk cre
la Silicon Valley Association (SVA), une association suisse qui
organise des voyages d'tude dans des ples de haute technologie, 
commencer par la Silicon Valley et San Francisco. Outre des visites de
socits, de start-up, d'universits et de centres de recherche, ces
voyages comprennent des confrences, des prsentations et des
discussions sur les technologies de l'information (internet,
multimdia, tlcommunications, etc.), les derniers dveloppements de
la recherche et de ses applications, et les mthodes les plus rcentes
en matire de stratgie commerciale et de cration d'entreprise.

# En 1998

Henk raconte en dcembre 1998: Je ne peux pas imaginer ma vie
professionnelle sans l'internet. Cela fait vingt ans que j'utilise le
courrier lectronique. Les premires annes, c'tait le plus souvent
pour communiquer avec mes collgues dans un secteur gographique trs
limit. Depuis l'explosion de l'internet et l'avnement du web, je
communique principalement par courriel, mes confrences sont en grande
partie sur le web et mes cours ont tous un prolongement sur le web. En
ce qui concerne les visites que j'organise dans la Silicon Valley,
toutes les informations sont disponibles sur le web, et je ne pourrais
pas organiser ces visites sans utiliser l'internet. De plus, l'internet
est pour moi une fantastique base de donnes disponible en quelques
clics de souris.

# En 2000

Quoi de neuf en aot 2000? L'explosion de la technologie du mobile. Le
tlphone mobile est devenu pour beaucoup de gens, moi y compris, le
moyen de communication personnel vous permettant d'tre joignable 
tout moment o que vous soyiez. Toutefois l'internet mobile est encore
du domaine du rve. Les nouveaux services offerts par les tlphones
GSM sont extrmement primitifs et trs chers, si bien que le WAP a reu
le sobriquet de "Wait And Pay".

# En 2001

Quoi de neuf un an aprs, en juillet 2001? Ce qui me vient  l'esprit
est le changement considrable apport par le fait que j'ai maintenant
une connexion  dbit rapide chez moi. Le fait d'tre constamment
connect est totalement diffrent du fait de se connecter de temps 
autre par la ligne tlphonique. Je reois maintenant mes messages ds
leur arrive dans ma messagerie. Je peux couter mes stations radio
prfres o qu'elles soient. Je peux couter les actualits quand je
veux. Et aussi couter la musique que j'aime  longueur de journe. (...)
La seule chose qui manque est une vido de bonne qualit en temps rel.
La largeur de bande est encore insuffisante pour cela.

Mon domicile est maintenant quip d'un rseau local avec et sans fil.
Je peux utiliser mon ordinateur portable partout  l'intrieur et 
l'extrieur de la maison, et mme chez les voisins, tout en restant
connect. La mme technologie me permet maintenant d'utiliser la carte
de rseau local sans fil de mon ordinateur lorsque je voyage. Par
exemple, lors de mon dernier voyage  Stockholm, je pouvais tre
connect  l'htel, au centre de confrences,  l'aroport et mme au
pub irlandais!

# En 2011

Dix ans plus tard, en juin 2011, Henk raconte: J'ai toujours suivi le
dveloppement des ebooks avec beaucoup d'intrt, tant professeur de
systmes de communication et organisateur de voyages dans la Silicon
Valley. Mon utilisation tait trs limite pendant prs de quarante
ans,  cause du manque de progrs des appareils de lecture. Je n'ai
jamais aim lire un livre sur un ordinateur ou sur un PDA. Maintenant,
avec l'arrive de tablettes comme le Kindle et l'iPad, je suis
finalement devenu un lecteur de livres numriques. Je vois un expansion
norme avec l'arrive de tablettes faciles a utiliser et avec un choix
considrable de livres grce au commerce lectronique et  des socits
comme Amazon.

Sur quoi travaille-t-il ces temps-ci? Je suis un "serial entrepreneur"
actuellement en train de crer une start-up dans le domaine de la
mobilit. J'utilise l'internet tout le temps pour trouver des
partenaires et des ides. Nous utilisons galement des livres en ligne
pour apprendre l'art de l'innovation!



2001 > CREATIVE COMMONS, LE COPYRIGHT REVISIT


[Rsum]
Cre en 2001  l'initiative de Lawrence Larry Lessig, professeur de
droit  la Stanford Law School, en Californie, la licence Creative
Commons a pour but de favoriser la diffusion d'oeuvres numriques tout
en protgeant le droit d'auteur. Des contrats flexibles de droit
d'auteur compatibles avec une diffusion sur l'internet sont proposs
pour tout type de cration: texte, film, photo, musique, site web, etc.
L'auteur peut par exemple choisir d'autoriser ou non la reproduction et
la rediffusion de ses oeuvres. Finalise en fvrier 2007, la version
3.0 de la Creative Commons instaure une licence internationale et la
compatibilit avec d'autres licences similaires, dont le copyleft et la
GPL (General Public License). La Creative Commons est utilise pour un
million d'oeuvres en 2003, 4,7 millions d'oeuvres en 2004, 20 millions
d'oeuvres en 2005, 50 millions d'oeuvres en 2006, 90 millions d'oeuvres
en 2007, 130 millions d'oeuvres en 2008 et 350 millions d'oeuvres en
avril 2010.

***

Cre en 2001, la licence Creative Commons a pour but de favoriser la
diffusion d'oeuvres numriques tout en protgeant le droit d'auteur.

Des crateurs souhaitent en effet respecter la vocation premire de
l'internet, rseau de diffusion  l'chelon mondial. De ce fait, les
adeptes de contrats flexibles sont de plus en plus nombreux, 
commencer par le copyleft, qui apparat bien avant la licence Creative
Commons.

# Le copyleft et la GPL

L'ide du copyleft est lance ds 1984 par Richard Stallman, ingnieur
en informatique et dfenseur du mouvement Open Source au sein de la
Free Software Foundation (FSF). Conu  l'origine pour les logiciels,
le copyleft est formalis par la GPL (General Public License) et tendu
par la suite  toute oeuvre de cration. Il contient la dclaration
normale du copyright affirmant le droit d'auteur, mais son originalit
est de donner au lecteur le droit de librement redistribuer le document
et de le modifier. Le lecteur s'engage toutefois  ne revendiquer ni le
travail original, ni les changements faits par d'autres personnes. De
plus, tous les travaux drivs de l'oeuvre originale sont eux-mmes
soumis au copyleft.

# La Creative Commons

Lance en 2001  l'initiative de Lawrence Larry Lessig, professeur de
droit  la Stanford Law School, en Californie, la licence Creative
Commons a elle aussi pour but de favoriser la diffusion d'oeuvres
numriques tout en protgeant le droit d'auteur. L'organisme du mme
nom propose des licences-type, qui sont des contrats flexibles de droit
d'auteur compatibles avec une diffusion sur l'internet. Simplement
rdiges, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires
des droits d'autoriser le public  utiliser leurs crations tout en
ayant la possibilit de restreindre les exploitations commerciales et
les oeuvres drives et d'autoriser ou non la reproduction et la
rediffusion de leurs oeuvres, par exemple. Ces contrats peuvent tre
utiliss pour tout type de cration: texte, film, photo, musique, site
web, etc. Finalise en fvrier 2007, la version 3.0 de la Creative
Commons instaure une licence internationale et la compatibilit avec
d'autres licences similaires, dont le copyleft et la GPL.

# Qui utilise la licence Creative Commons?

O'Reilly Media par exemple. Fond par Tim O'Reilly en 1978, O'Reilly
Media est un diteur rput de manuels informatiques et de livres sur
les technologies de pointe. L'diteur offre d'abord une formule de
copyright ouvert pour les auteurs qui le souhaitent ou pour des
projets collectifs. En 2003, il privilgie le Creative Commons
Founders' Copyright permettant d'offrir des contrats flexibles de droit
d'auteur  ceux qui veulent galement diffuser leurs oeuvres sur le
web.

La Public Library of Science (PLoS) utilise la licence Creative Commons
pour les articles de ses priodiques scientifiques et mdicaux en ligne
gratuits, lancs  partir de 2003. Les articles peuvent tre librement
diffuss et rutiliss ailleurs, y compris pour des traductions, la
seule contrainte tant la mention des auteurs et de la source.

Wikipdia utilise une licence Creative Commons pour les articles de
cette grande encyclopdie collaborative en ligne lance en 2001 et
rdige par des milliers de contributeurs.

Une licence Creative Commons est utilise pour un million d'oeuvres en
2003, 4,7 millions d'oeuvres en 2004, 20 millions d'oeuvres en 2005, 50
millions d'oeuvres en 2006, 90 millions d'oeuvres en 2007, 130 millions
d'oeuvres en 2008 et 350 millions d'oeuvres en avril 2010.



2003 > LA PUBLIC LIBRARY OF SCIENCE


[Rsum]
Fonde en octobre 2000, la Public Library of Science (PLoS) devient en
janvier 2003 un diteur de priodiques scientifiques et mdicaux en
ligne gratuits de haut niveau. Une quipe ditoriale est constitue
pour lancer les deux premiers titres - PLoS Biology en octobre 2003
puis PLoS Medicine en 2004 - selon un nouveau modle d'dition en ligne
bas sur la diffusion libre du savoir. Trois nouveaux titres voient le
jour en 2005: PLoS Genetics, PLoS Computational Biology et PLoS
Pathogens. PLoS Clinical Trials est lanc en mai 2006. PLoS Neglected
Tropical Diseases voit le jour  l'automne 2007 en tant que premire
publication scientifique consacre aux maladies tropicales ngliges.
Tous les articles peuvent tre diffuss et rutiliss ailleurs, y
compris pour des traductions, selon les termes de la licence Creative
Commons, la seule contrainte tant la mention des auteurs et de la
source.

***

Fonde en octobre 2000, la Public Library of Science (PLoS) devient en
janvier 2003 un diteur de priodiques scientifiques et mdicaux en
ligne gratuits de haut niveau.

Quel est le constat de dpart?  l'heure de l'internet, il parat assez
scandaleux que le rsultat de travaux de recherche - travaux originaux
et demandant de longues annes d'efforts - soit dtourn par des
diteurs spcialiss s'appropriant ce travail et le monnayant au prix
fort. L'activit des chercheurs est souvent finance par les deniers
publics, et de manire substantielle en Amrique du Nord. Il semblerait
donc normal que la communaut scientifique et le grand public puissent
bnficier librement du rsultat de ces recherches. Dans le domaine
scientifique et mdical par exemple, 1.000 nouveaux articles sont
publis quotidiennement, en ne comptant que les articles rviss par
les pairs.

# PLoS en tant qu'agitateur

Se basant sur ce constat, la Public Library of Science (PLoS) est
fonde en octobre 2000  San Francisco (Californie)  l'initiative de
Harold Varmus, Patrick Brown et Michael Eisen, chercheurs dans les
Universits de Stanford et de Berkeley. Le but est de contrer les
pratiques de l'dition spcialise en regroupant tous les articles
scientifiques et mdicaux au sein d'archives en ligne en accs libre.
Au lieu d'une information dissmine dans des milliers de priodiques
en ligne ayant chacun des conditions d'accs diffrentes, un point
d'accs unique permettrait de lire le contenu intgral de ces articles,
avec moteur de recherche multicritres et systme d'hyperliens entre
les articles.

Pour ce faire, PLoS fait circuler une lettre ouverte demandant que les
articles publis par les diteurs spcialiss soient distribus
librement dans un service d'archives en ligne, et incitant les
signataires de cette lettre  promouvoir les diteurs prts  soutenir
ce projet. La rponse de la communaut scientifique internationale est
remarquable. Au cours des deux annes suivantes, la lettre ouverte est
signe par 30.000 chercheurs dans 180 pays. Bien que la rponse des
diteurs soit nettement moins enthousiaste, plusieurs diteurs donnent
leur accord pour une distribution immdiate des articles publis par
leurs soins, ou alors une distribution dans un dlai de six mois. Mais,
dans la pratique, mme les diteurs ayant donn leur accord formulent
nombre d'objections au nouveau modle propos, si bien que le projet
d'archives en ligne ne voit finalement pas le jour.

# PLoS en tant qu'diteur

Un autre objectif de la Public Library of Science est de devenir elle-
mme diteur. PLoS fonde donc une maison d'dition scientifique non
commerciale qui reoit en dcembre 2002 une subvention de 9 millions de
dollars US de la part de la Moore Foundation. Une quipe ditoriale de
haut niveau est constitue en janvier 2003 pour lancer des priodiques
de qualit selon un nouveau modle d'dition en ligne bas sur la
diffusion libre du savoir.

Le premier numro de PLoS Biology est disponible en octobre 2003, avec
une version en ligne gratuite et une version imprime au prix cotant
(couvrant uniquement les frais de fabrication et de distribution). PLoS
Medicine est lanc en octobre 2004. Trois nouveaux titres voient le
jour en 2005: PLoS Genetics, PLoS Computational Biology et PLoS
Pathogens. PLoS Clinical Trials est lanc en 2006. PLoS Neglected
Tropical Diseases voit le jour  l'automne 2007 en tant que premire
publication scientifique consacre aux maladies tropicales ngliges.

Tous les articles de ces priodiques sont librement accessibles en
ligne, sur le site de PLoS et dans PubMed Central, le service
d'archives en ligne public et gratuit de la National Library of
Medicine (tats-Unis), avec moteur de recherche multicritres. Les
versions imprimes sont abandonnes en 2006 pour laisser place  un
service d'impression  la demande gr par la socit Odyssey Press.
Les articles peuvent tre librement diffuss et rutiliss ailleurs, y
compris pour des traductions, selon les termes de la licence Creative
Commons, la seule contrainte tant la mention des auteurs et de la
source. PLoS lance aussi PLoS ONE, un forum en ligne permettant la
publication d'articles sur tout sujet scientifique et mdical.

Le succs est total. Trois ans aprs les dbuts de la Public Library of
Science en tant qu'diteur, PLoS Biology et PLos Medicine ont la mme
rputation d'excellence que les grandes revues Nature, Science ou The
New England Journal of Medicine. PLoS reoit le soutien financier de
plusieurs fondations tout en mettant sur pied un modle conomique
viable, avec des revenus manant des frais de publication pays par les
auteurs, et manant aussi de la publicit, des sponsors et des
activits destines aux membres de PLoS. PLoS souhaite en outre que ce
modle conomique d'un genre nouveau inspire d'autres diteurs pour
crer des revues du mme type ou pour mettre des revues existantes en
accs libre.



2003 > HANDICAPZRO, L'INTERNET POUR TOUS


[Rsum]
Un enjeu important est l'information accessible  tous. Mis en ligne en
septembre 2000, le site Handicapzro devient en fvrier 2003 un portail
gnraliste offrant un accs adapt  l'information pour les
francophones ayant un problme visuel,  savoir plus de 10% de la
population. Les aveugles peuvent accder au site au moyen d'une plage
braille ou d'une synthse vocale. Les malvoyants peuvent paramtrer sur
la page d'accueil la taille et la police des caractres ainsi que la
couleur du fond d'cran pour une navigation confortable. Les voyants
peuvent correspondre en braille avec des aveugles par le biais du site.
Plus de 2 millions de visiteurs utilisent les services du portail au
cours de l'anne 2006. Handicapzro entend ainsi dmontrer que, sous
rserve du respect de certaines rgles lmentaires, l'internet peut
devenir enfin un espace de libert pour tous.

***

Un enjeu important est l'information accessible  tous. Le site
Handicapzro devient en fvrier 2003 un portail gnraliste offrant un
accs adapt  l'information pour les francophones ayant un problme
visuel.

Depuis sa cration en 1987, l'association Handicapzro a pour but
d'amliorer l'autonomie de ces personnes,  savoir plus de 10% de la
population francophone. En France par exemple, une personne sur mille
est aveugle, une personne sur cent est malvoyante et une personne sur
deux a des problmes de vue.

Mis en ligne en septembre 2000, le premier site web de l'association
devient rapidement le site adapt le plus visit de France, avec 10.000
requtes mensuelles.

En fvrier 2003, l'association lance un portail offrant en accs libre
l'information nationale et internationale en temps rel (en partenariat
avec l'Agence France-Presse), l'actualit sportive (avec L'quipe), les
programmes de tlvision (avec Tlrama), la mto (avec Mto France)
et un moteur de recherche (avec Google), ainsi que toute une gamme de
services dans les domaines de la sant, de l'emploi, de la
consommation, des loisirs, des sports et de la tlphonie.

Les aveugles peuvent accder au site au moyen d'une plage braille ou
d'une synthse vocale. Les malvoyants peuvent paramtrer sur la page
d'accueil la taille et la police des caractres ainsi que la couleur du
fond d'cran pour une navigation confortable, en crant puis modifiant
leur profil selon leur potentiel visuel. Ce profil est utilisable aussi
pour la lecture de n'importe quel texte situ sur le web, en faisant un
copier-coller dans la fentre prvue  cet effet. Les voyants peuvent
correspondre en braille avec des aveugles par le biais du site,
Handicapzro assurant gratuitement la transcription et l'impression
braille des courriers ainsi que leur expdition par voie postale en
Europe.

Plus de 2 millions de visiteurs utilisent les services du portail au
cours de l'anne 2006. Handicapzro entend ainsi dmontrer que, sous
rserve du respect de certaines rgles lmentaires, l'internet peut
devenir enfin un espace de libert pour tous.

Qu'en est-il pour l'accs aux livres? Patrice Cailleaud, directeur de
la communication de Handicapzro, explique en janvier 2001 que, si le
livre numrique est une nouvelle solution complmentaire aux problmes
des personnes aveugles et malvoyantes, (...) les droits et
autorisations d'auteurs demeurent des freins pour l'adaptation en
braille ou caractres agrandis d'ouvrage. Les dmarches sont
saupoudres, longues et n'aboutissent que trop rarement.

D'o la ncessit imprieuse de lois nationales suite  une loi
internationale du droit d'auteur pour les personnes atteintes de
dficience visuelle. Dans l'Union europenne, la directive 2001/29/CE
de mai 2001 sur l'harmonisation de certains aspects du droit d'auteur
et des droits voisins dans la socit de l'information insiste dans
son article 43 sur la ncessit pour les tats membres d'adopter
toutes les mesures qui conviennent pour favoriser l'accs aux oeuvres
pour les personnes souffrant d'un handicap qui les empche d'utiliser
les oeuvres elles-mmes, en tenant plus particulirement compte des
formats accessibles. Il reste  appliquer cet article  large chelle.



2003 > LE MATRIEL D'ENSEIGNEMENT DU MIT


[Rsum]
En septembre 2003, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) lance
officiellement le MIT OpenCourseWare pour mettre le matriel
d'enseignement de ses cours  la disposition de tous, avec accs libre
et gratuit. Ce matriel comprend des textes de confrences, des travaux
pratiques, des exercices et corrigs, des bibliographies, des documents
audio et vido, etc. Le site donne accs au matriel d'une centaine de
cours en septembre 2003, 500 cours en mars 2004, 1.400 cours en mai
2006 et 1.800 cours en novembre 2007,  savoir la totalit des cours
dispenss par le MIT. Le matriel de ces cours est ensuite
rgulirement actualis. Certains cours sont traduits en espagnol, en
portugais et en chinois avec l'aide d'autres organismes. En dcembre
2005 est lanc en parallle l'OpenCourseWare Consortium (OCW
Consortium) pour proposer le matriel d'enseignement d'autres
universits, avec cent universits participantes un an plus tard.

***

Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) dcide de mettre le
matriel d'enseignement de ses cours  la disposition de tous dans un
OpenCourseWare, avec accs libre et gratuit.

Qu'est-ce qu'un OpenCourseWare? Un OpenCourseWare peut tre dfini
comme la publication lectronique en accs libre du matriel
d'enseignement d'un ensemble de cours.

Professeur  l'Universit d'Ottawa (Canada), Christian Vandendorpe
salue ds mai 2001 la dcision du MIT de placer tout le contenu de ses
cours sur le web d'ici dix ans, en le mettant gratuitement  la
disposition de tous. Entre les tendances  la privatisation du savoir
et celles du partage et de l'ouverture  tous, je crois en fin de
compte que c'est cette dernire qui va l'emporter.

Mise en ligne en septembre 2002, la version pilote du MIT
OpenCourseWare (MIT OCW) offre en accs libre le matriel
d'enseignement de 32 cours reprsentatifs des cinq facults du MIT. Ce
matriel d'enseignement comprend des textes de confrences, des travaux
pratiques, des exercices et corrigs, des bibliographies, des documents
audio et vido, etc. Cette initiative est mene avec le soutien
financier de la Hewlett Foundation et de la Mellon Foundation.

Le lancement officiel du site a lieu un an plus tard, en septembre
2003, avec accs au matriel d'une centaine de cours. 500 cours sont
disponibles en mars 2004 et  1.400 cours en mai 2006. Le matriel de la
totalit des 1.800 cours dispenss par le MIT est en ligne en novembre
2007. Il est ensuite rgulirement actualis. Certains cours sont
traduits en espagnol, en portugais et en chinois avec l'aide d'autres
organismes.

Le MIT espre que cette exprience de publication lectronique - la
premire du genre - va permettre de dfinir un standard et une mthode
de publication, et va inciter d'autres universits  crer un
OpenCourseWare pour la mise  disposition gratuite du matriel de leurs
propres cours. A cet effet, le MIT lance l'OpenCourseWare Consortium
(OCW Consortium) en dcembre 2005, avec accs libre et gratuit au
matriel d'enseignement de cent universits dans le monde un an plus
tard.



2004 > LE WEB 2.0, COMMUNAUT ET PARTAGE


[Rsum]
Le terme web 2.0 mane d'un diteur de livres informatiques, Tim
O'Reilly, qui l'utilise pour la premire fois en 2004 en tant que titre
d'une srie de confrences qu'il est en train d'organiser. Le web 2.0
est caractris par les notions de communaut et de partage, avec une
flope de sites dont le contenu est aliment par les utilisateurs, par
exemple les blogs, les wikis, les sites sociaux et les encyclopdies
collaboratives. Wikipdia, Facebook et Twitter bien sr, mais aussi des
dizaines de milliers d'autres. Le web 2.0 tente de rpondre au rve
formul par Tim Berners-Lee, inventeur du web en 1990, qui crit dans
un essai dat d'avril 1998: Le rve derrire le web est un espace
d'information commun dans lequel nous communiquons en partageant
l'information. Son universalit est essentielle,  savoir le fait qu'un
lien hypertexte puisse pointer sur quoi que ce soit, quelque chose de
personnel, de local ou de global, aussi bien une bauche qu'une
ralisation trs sophistique.

***

Le terme web 2.0 mane d'un diteur de livres informatiques, Tim
O'Reilly, qui l'utilise pour la premire fois en 2004 en tant que titre
d'une srie de confrences qu'il est en train d'organiser.

Le web 2.0 est caractris par les notions de communaut et de partage,
avec une flope de sites dont le contenu est aliment par les
utilisateurs, par exemple les blogs, les wikis, les sites sociaux et
les encyclopdies collaboratives. Wikipdia, Facebook et Twitter bien
sr, mais aussi des dizaines de milliers d'autres.

# Les blogs envahissent la toile

Un blog (ou blogue) est un journal en ligne tenu par une personne ou un
groupe. Ce journal est le plus souvent prsent par ordre chronologique
invers (du plus rcent au plus ancien) et il est actualis d'heure en
heure ou bien une fois par mois. Le premier blog apparat en 1997. En
2004, Le Monde.fr, site du quotidien Le Monde, lance ses propres blogs,
un formidable format d'expression journalistique qui permet un
dialogue quasi-instantan avec son lecteur, selon Yann Chapellon,
directeur du Monde interactif. En juillet 2005, il y aurait 14 millions
de blogs dans le monde, avec 80.000 nouveaux blogs par jour. En
dcembre 2006, Technorati, moteur de recherche pour blogs puis site
spcialis, recense 65 millions de blogs, avec 175.000 nouveaux blogs
par jour. Certains blogs sont consacrs aux photos (photoblogs),  la
musique (audioblogs ou podcasts) et aux vidos (vidoblogs ou vlogs).

# Les wikis, sites collaboratifs

Un wiki (terme hawaen signifiant vite) est un site web permettant 
plusieurs utilisateurs de collaborer en ligne sur un mme projet. Le
concept du wiki devient trs populaire en 2000, avec possibilit pour
les participants de contribuer  la rdaction du contenu, de modifier
ce contenu et de l'enrichir en permanence. Le wiki est utilis par
exemple pour crer et grer des sites d'information, des dictionnaires
et des encyclopdies. Le programme prsent derrire l'interface d'un
wiki est plus ou moins labor. Un programme simple gre des textes et
des hyperliens. Un programme labor permet d'inclure des images, des
graphiques, des tableaux, etc. L'encyclopdie wiki la plus connue est
Wikipdia.

# Facebook, rseau social

Facebook est un rseau social fond en fvrier 2004 par Mark Zuckerberg
et ses collgues tudiants. Destin  l'origine aux tudiants de
l'Universit de Harvard, puis aux tudiants de toutes les universits
amricaines, le rseau social s'ouvre au monde en septembre 2006 afin
de connecter entre eux des personnes proches (famille, amis, collgues)
ou des personnes partageant les mmes centres d'intrt. En juin 2010,
Facebook devient le deuxime site mondial en nombre de visites, aprs
Google, et fte ses 500 millions d'usagers tout en suscitant des dbats
sur le respect de la vie prive.

# Twitter, l'information en 140 caractres

Lanc en 2006 par Jack Dorsey et Biz Stone, Twitter est un outil de
rseau social et de micro-blogging permettant  l'utilisateur d'envoyer
gratuitement des tweets (messages brefs au format texte) de 140
caractres maximum, par messagerie instantane, par SMS ou via
l'internet. Parfois dcrit comme le SMS de l'internet, Twitter gagne
rapidement une popularit mondiale, avec 106 millions d'usagers en
avril 2010 et 300.000 nouveaux usagers par jour. Quant aux tweets, on
compte 5.000 tweets quotidiens en 2007, 300.000 en 2008, 2,5 millions
en 2009, 50 millions en janvier 2010 et 55 millions en avril 2010, avec
un archivage systmatique des tweets  usage public par la Bibliothque
du Congrs en tant que reflet des tendances de notre poque.

# Le rve de Tim Berners-Lee

Comme on le voit, le web 2.0 tente de rpondre au rve formul par Tim
Berners-Lee, inventeur du web en 1990, qui crit dans un essai dat
d'avril 1998: Le rve derrire le web est un espace d'information
commun dans lequel nous communiquons en partageant l'information. Son
universalit est essentielle,  savoir le fait qu'un lien hypertexte
puisse pointer sur quoi que ce soit, quelque chose de personnel, de
local ou de global, aussi bien une bauche qu'une ralisation trs
sophistique. Deuxime partie de ce rve, le web deviendrait d'une
utilisation tellement courante qu'il serait un miroir raliste (sinon
la principale incarnation) de la manire dont nous travaillons, jouons
et nouons des relations sociales. Une fois que ces interactions
seraient en ligne, nous pourrions utiliser nos ordinateurs pour nous
aider  les analyser, donner un sens  ce que nous faisons, et voir
comment chacun trouve sa place et comment nous pouvons mieux travailler
ensemble. (extrait de The World Wide Web: A very short personal
history)



2005 > DU PDA AU SMARTPHONE


[Rsum]
En avril 2001, on compte 17 millions de PDA dans le monde pour
seulement 100.000 tablettes de lecture, d'aprs un Seybold Report
disponible en ligne. 13,2 millions de PDA sont vendus en 2001. Le
premier PDA du march est le Palm Pilot, lanc en mars 1996, avec 23
millions de Palm Pilot vendus entre 1996 et 2002. Suit le Pocket PC de
Microsoft en mars 2000 avec son logiciel de lecture Microsoft Reader,
disponible ensuite pour toute plateforme Windows. En 2002, la gamme
Palm Pilot est toujours le leader du march (36,8% des PDA vendus),
suivi de la gamme Pocket PC de Microsoft et des modles de Hewlett-
Packard, Sony, Handspring, Toshiba et Casio. Les systmes
d'exploitation utiliss sont essentiellement le Palm OS (pour 55% des
PDA) et le Pocket PC (pour 25,7% des PDA). Le PDA laisse ensuite
progressivement la place au smartphone, du modle prcurseur Nokia 9210
lanc en 2001  l'iPhone d'Apple lanc en juin 2007.

***

En avril 2001, on compte 17 millions de PDA dans le monde pour
seulement 100.000 tablettes de lecture, d'aprs un Seybold Report
disponible en ligne. En 2005, le PDA laisse progressivement la place au
smartphone.

# Le Palm Pilot

Base en Californie, la socit Palm lance en mars 1996 le Palm Pilot,
premier PDA du march, et vend 23 millions de Palm Pilot entre 1996 et
2002. Son systme d'exploitation est le Palm OS et son logiciel de
lecture le Palm Reader. En mars 2001, les usagers peuvent galement
lire des livres sur le Mobipocket Reader.  la mme date, Palm rachte
Peanutpress.com, diteur et distributeur de livres numriques pour PDA,
ainsi que son logiciel de lecture Peanut Reader et sa collection de
2.000 titres numriques, transfre dans Palm Digital Media, la
librairie numrique de Palm. En juillet 2002, le Palm Reader, jusque-l
utilisable sur Palm Pilot et sur Pocket PC, est galement utilisable
sur ordinateur.  la mme date, Palm Digital Media (renomme plus tard
Palm eBook Store) distribue 5.500 titres dans plusieurs langues. En
2003, le catalogue approche les 10.000 titres.

Un changement considrable donc pour les adeptes du livre numrique
qui, avant l'avnement du Palm Pilot, ne pouvaient lire les livres que
sur l'cran de leur ordinateur, portable ou non. Si certains
professionnels du livre s'inquitent de la petitesse de l'cran, les
adeptes de la lecture sur PDA sont enthousiastes  l'ide de lire sur
un appareil mobile multitches et ne se plaignent gure de la taille de
l'cran.

# L'eBookMan

Lanc par la socit Franklin en 2000, l'eBookMan est un PDA multimdia
permettant de lire des livres numriques sur le Franklin Reader. Il
reoit l'eBook Technology Award de la Foire internationale de Francfort
(Allemagne) en octobre 2000. Trois modles (EBM-900, EBM-901 et EBM-
911) sont disponibles dbut 2001, avec une mmoire vive de 8 ou 16 Mo
et un cran LCD rtro-clair ou non. L'cran est nettement plus grand
que celui des autres PDA du march, mais n'existe qu'en noir et blanc,
contrairement  la gamme Pocket PC de Microsoft ou  certains modles
du Palm Pilot avec cran couleur.

L'eBookMan permet l'coute de livres audionumriques et de fichiers
musicaux au format MP3. Le Mobipocket Reader est ajout au Franklin
Reader en octobre 2001. Le Franklin Reader est galement propos par
dfaut sur les gammes de PDA Psion, Palm et Pocket PC et sur le premier
smartphone, lanc la mme anne par Nokia. Franklin dveloppe aussi une
librairie numrique sur son site et passe des partenariats avec
plusieurs socits, notamment avec Audible.com pour avoir accs  sa
collection de 4.500 livres audionumriques.

# D'autres modles

En avril 2001, on compte 17 millions de PDA dans le monde pour
seulement 100.000 tablettes de lecture, d'aprs un Seybold Report
disponible en ligne. 13,2 millions de PDA sont vendus en 2001.

En 2002, la gamme Palm Pilot est toujours le leader du march (36,8%
des PDA vendus), suivi de la gamme Pocket PC de Microsoft lance en
mars 2000 et des modles de Hewlett-Packard, Sony, Handspring, Toshiba
et Casio. Les systmes d'exploitation utiliss sont essentiellement le
Palm OS (pour 55% des PDA) et le Pocket PC (pour 25,7% des PDA).

Pour mmoire, les grands logiciels de lecture sont le Mobipocket Reader
(disponible depuis mars 2000), le Microsoft Reader (disponible depuis
avril 2000), le Palm Reader (disponible depuis mars 2001), l'Acrobat
Reader (disponible depuis mai 2001 pour le Palm Pilot et dcembre 2001
pour le Pocket PC) et l'Adobe Reader (lanc en mai 2003 pour remplacer
l'Acrobat Reader).

En 2003, des centaines de nouveauts sont vendues en version numrique
sur Amazon.com, Barnes & Noble.com, Yahoo! eBook Store ou sur des sites
d'diteurs comme Random House ou PerfectBound. Le catalogue de Palm
Digital Media approche les 10.000 titres lisibles sur PDA, avec 15  20
nouveaux titres par jour et 1.000 nouveaux clients par semaine.
Mobipocket distribue 6.000 titres numriques dans plusieurs langues,
soit sur son site soit dans des librairies partenaires. Numilog
distribue 3.500 titres numriques (livres et priodiques) en franais
et en anglais.

En 2004, les trois principaux fabricants de PDA sont Palm, Sony et
Hewlett-Packard. Suivent Handspring, Toshiba, Casio et d'autres. Mais
le PDA est de plus en plus concurrenc par le smartphone, qui est un
tlphone portable doubl d'un PDA, et les ventes commencent  baisser.
En fvrier 2005, Sony dcide de se retirer du march des PDA.

# Les smartphones

Le premier smartphone est le Nokia 9210, modle prcurseur lanc en
2001 par la socit finlandaise Nokia, grand fabricant mondial de
tlphones portables, avec une plateforme Symbian OS. Apparaissent
ensuite le Nokia Series 60, le Sony Ericsson P800, puis les modles de
Motorola et de Siemens. Ces diffrents modles permettent de lire des
livres numriques sur le Mobipocket Reader.

Appel aussi tlphone multimdia, tlphone multifonctions ou encore
tlphone intelligent, le smartphone dispose d'un cran couleur, du son
polyphonique et de la fonction appareil photo, qui viennent s'ajouter
aux fonctions habituelles du PDA (agenda, dictaphone, lecteur de livres
numriques, lecteur de musique, etc.)

Les smartphones reprsentent 3,7% des ventes de tlphones mobiles en
2004 et 9% des ventes en 2006,  savoir 90 millions de smartphones pour
un milliard de tlphones portables comptabiliss sur la plante.

# L'iPhone

Prsent en janvier 2007 par Steve Jobs, l'iPhone, le smartphone
d'Apple, est un tlphone mobile multifonctions qui intgre le baladeur
de musique iPod (lanc lui-mme en octobre 2001), un appareil photo et
un navigateur web, avec les caractristiques suivantes: grand cran
tactile (3,5 pouces), synchronisation automatique avec la plateforme
iTunes pour tlcharger musique et vidos, appareil photo de 2
mgapixels, navigateur Safari d'Apple, systme d'exploitation Mac OS X,
tlphonie par les rseaux GSM (Global System for Mobile
Telecommunications) et EDGE (Enhanced Data for GSM Evolution),
connexion internet via la WiFi (Wireless Fidelity) et enfin connexion
Bluetooth.

L'iPhone est lanc en juin 2007 aux tats-Unis au prix de 499 dollars
US pour le modle de 4 Go (giga-octets) et 599 dollars pour le modle
de 8 Go. Son lancement  l'international a lieu fin 2007 en Europe et
en 2008 en Asie. Le dernier modle en date est l'iPhone 4, disponible
en juin 2010. On attend l'iPhone 5 pour bientt (en juin 2011).

En fvrier 2009, Google Books lance un portail spcifique pour
tlphone mobile et smartphone, par exemple sur l'iPhone 3G d'Apple ou
sur le G1 de T-Mobile. Le catalogue comprend 1,5 million de livres du
domaine public, auxquels s'ajoutent 500.000 autres titres
tlchargeables hors des tats-Unis, du fait d'une lgislation du
copyright moins restrictive dans certains pays.



2005 > DE GOOGLE PRINT  GOOGLE BOOKS


[Rsum]
Google lance Google Print en mai 2005, en partenariat avec des diteurs
et des bibliothques. Trois mois plus tard, Google Print est suspendu
pour une dure indtermine suite au conflit opposant Google aux
associations amricaines d'auteurs et d'diteurs, qui lui reprochent de
numriser les livres sans l'accord pralable des ayants droit. Le
programme reprend en aot 2006 sous le nom de Google Books (Google
Livres). La numrisation des fonds de grandes bibliothques se
poursuit, tout comme les partenariats avec les diteurs qui le
souhaitent. Le conflit avec les associations d'auteurs et d'diteurs se
poursuit lui aussi, puisque Google continue de numriser des livres
sous droits sans l'autorisation pralable des ayants droit, en
invoquant le droit de citation pour prsenter des extraits sur le web.
Un accord entre les deux parties est propos par Google en octobre 2008
pour tenter de mettre fin aux actions lgales menes  son encontre.

***

Google dcide de mettre son expertise au service du livre et lance
Google Print en mai 2005 avant de le rebaptiser Google Books en aot
2006.

# Google Print

Le lancement de Google Print en mai 2005 est prcd de deux tapes.

En octobre 2004, Google met sur pied la premire partie de son
programme Google Print, tabli en partenariat avec les diteurs pour
pouvoir consulter  l'cran des extraits de livres, puis commander les
livres auprs d'une librairie en ligne.

En dcembre 2004, Google met sur pied la deuxime partie de son
programme Google Print, cette fois  destination des bibliothques. Il
s'agit d'un projet de bibliothque consistant  numriser les livres
appartenant  plusieurs grandes bibliothques partenaires,  commencer
par la bibliothque de l'Universit du Michigan (dans sa totalit, 
savoir 7 millions d'ouvrages), les bibliothques des Universits de
Harvard, de Stanford et d'Oxford, et celle de la ville de New York. Le
cot estim au dpart se situe entre 150 et 200 millions de dollars US,
avec la numrisation de 10 millions de livres sur six ans et un
chantier d'une dure totale de dix ans.

En aot 2005, soit trois mois aprs son lancement, Google Print est
suspendu pour une dure indtermine suite  un conflit grandissant
avec les associations amricaines d'auteurs et d'diteurs, celles-ci
reprochant  Google de numriser des livres sans l'accord pralable des
ayants droit.

# Google Books

Le programme reprend en aot 2006 sous le nom de Google Books (Google
Livres), qui permet de rechercher les livres par date, titre ou
diteur. La numrisation des fonds de grandes bibliothques se
poursuit, tout comme des partenariats avec les diteurs qui le
souhaitent.

Les livres libres de droit sont consultables  l'cran en texte
intgral. Leur contenu est copiable et l'impression est possible page 
page. Ces livres sont tlchargeables sous la forme de fichiers PDF
imprimables dans leur entier. Les liens publicitaires associs aux
pages de livres sont situs en haut et  droite de l'cran, comme
partout dans Google.

Le conflit avec les associations d'auteurs et d'diteurs se poursuit,
puisque Google continue de numriser des livres sous droits sans
l'autorisation pralable des ayants droit, en invoquant le droit de
citation pour prsenter des extraits sur le web. L'Authors Guild et
l'Association of American Publishers (AAP) invoquent pour leur part le
non respect de la lgislation relative au copyright pour attaquer
Google en justice.

Fin 2006, d'aprs le buzz mdiatique, Google scannerait 3.000 livres
par jour, ce qui reprsenterait un million de livres par an. Le cot
estim serait de 30 dollars par livre. Google Books comprendrait dj 3
millions de livres. Tous chiffres  prendre avec prcaution, la socit
ne communiquant pas de statistiques  ce sujet.

 l'exception de la New York Public Library, les premires
bibliothques numrises sont toutes des bibliothques universitaires
(Harvard, Stanford, Michigan, Oxford, Californie, Virginie, Wisconsin-
Madison, Complutense de Madrid), auxquelles s'ajoutent dbut 2007 les
bibliothques des Universits de Princeton et du Texas  Austin, la
Biblioteca de Catalunya (Catalogne, Espagne) et la Bayerische
Staatbibliothek (Bavire, Allemagne). En mai 2007, Google annonce la
participation de la premire bibliothque francophone, la Bibliothque
cantonale et universitaire (BCU) de Lausanne (Suisse), pour la
numrisation de 100.000 titres en franais, en allemand et en italien
publis entre le 17e et le 19e sicle. Suit un partenariat avec la
Bibliothque municipale de Lyon (France) sign en juillet 2008 pour
numriser 500.000 livres.

# Le conflit avec les associations d'auteurs et d'diteurs

En octobre 2008, aprs trois ans de conflit, Google tente de mettre fin
aux poursuites manant des associations d'auteurs et d'diteurs en
proposant un accord pouvant tre effectif les annes suivantes.
L'accord serait bas sur un partage des revenus gnrs par Google
Books ainsi qu'un large accs aux ouvrages puiss, tout comme le
paiement de 125 millions de dollars US  l'Authors Guild et 
l'Association of American Publishers (AAP) pour clturer dfinitivement
ce conflit.

Suite  cet accord, Google pourrait proposer de plus larges extraits de
livres, jusqu' 20% d'un mme ouvrage, avec un lien commercial pour
acheter une copie - numrique ou non - de l'oeuvre. Les ayants droit
auraient la possibilit de participer ou non  Google Books, et donc de
retirer leurs livres des collections. Par ailleurs, les bibliothques
universitaires et publiques des tats-Unis pourraient accder  un
portail gratuit gr par Google et donnant accs aux textes de millions
de livres puiss. Un abonnement permettrait aux universits et aux
coles de consulter les collections des bibliothques les plus
renommes.  ce jour (juin 2011), suite au rejet de l'accord propos
par Google, la socit planche sur d'autres propositions.

En novembre 2008, Google Books comprend 7 millions d'ouvrages
numriss, en partenariat avec 24 bibliothques et 2.000 diteurs. Les
24 bibliothques partenaires se situent principalement aux tats-Unis
(16), mais aussi en Allemagne (1), en Belgique (1), en Espagne (2), en
France (1), au Japon (1), au Royaume-Uni (1) et en Suisse (1).



2005 > L'OPEN CONTENT ALLIANCE, BIBLIOTHQUE PLANTAIRE


[Rsum]
L'Internet Archive s'associe d'abord  Yahoo! en janvier 2005 pour
mettre sur pied l'Open Content Alliance (OCA), un projet mondial visant
 crer un rpertoire libre et multilingue de livres numriss et de
documents multimdia consultable sur tout moteur de recherche. Lance
officiellement en octobre 2005, l'Open Content Alliance souhaite viter
les travers de Google Books,  savoir la numrisation des livres sous
droits sans l'accord pralable des diteurs, tout comme la consultation
et le tlchargement impossibles sur un autre moteur de recherche. Le
projet regroupe de nombreux partenaires: des bibliothques et des
universits bien sr, mais aussi des organisations gouvernementales,
des associations  but non lucratif, des organismes culturels et des
socits informatiques (Adobe, Hewlett Packard, Microsoft, Yahoo!,
Xerox, etc.). Un million de livres sont consultables en dcembre 2008
dans l'Internet Archive et deux millions de livres en mars 2010.

***

En 2005, l'Internet Archive met sur pied l'Open Content Alliance (OCA)
pour crer une bibliothque plantaire publique de livres numriss et
de documents multimdia.

Fonde en avril 1996 par Brewster Kahle pour archiver l'internet,
l'Internet Archive pense qu'une bibliothque numrique  vocation
mondiale ne doit pas tre lie  des enjeux commerciaux, contrairement
au projet Google Books.  L'Internet Archive s'associe donc  Yahoo! en
janvier 2005 pour mettre sur pied l'Open Content Alliance (OCA), une
initiative visant  crer un rpertoire libre et multilingue de livres
numriss et de documents multimdia  l'chelon mondial.

L'OCA est officiellement lance en octobre 2005. Son objectif est de
fdrer un grand nombre de partenaires (bibliothques, universits,
organismes gouvernementaux, associations, organismes culturels,
socits informatiques) pour crer une bibliothque numrique
respectueuse du copyright et sur un modle ouvert, consultable sur tout
moteur de recherche, en vitant les travers de Google Books,  savoir
la numrisation des livres sous droits sans l'accord pralable des
diteurs ou des auteurs, et l'utilisation de ces collections uniquement
 partir du moteur de recherche de Google.

Les premiers organismes participants sont les bibliothques des
Universits de Californie et de Toronto, les Archives europennes, les
Archives nationales du Royaume-Uni, O'Reilly Media et les Prelinger
Archives. Seuls les livres appartenant au domaine public sont
numriss, pour viter les problmes de copyright auxquels se heurte
Google. L'OCA ne numrise les livres sous droits que si les diteurs ou
les auteurs de ces livres ont donn leur accord. Les collections
numrises sont progressivement intgres  la section Text Archive de
l'Internet Archive, avec 100.000 livres numriss disponibles en
dcembre 2006 et 200.000 livres disponibles en mai 2007.

En dcembre 2006, l'Internet Archive reoit une subvention d'un million
de dollars US de la part de la Sloan Foundation pour numriser les
collections du Metropolitan Museum of Art (la totalit des livres et
plusieurs milliers d'images) ainsi que certaines collections de la
Boston Public Library (les 3.800 livres de la bibliothque personnelle
de John Adams, deuxime prsident des tats-Unis), du Getty Research
Institute (une collection de livres d'art), de la John Hopkins
University (une collection de documents sur le mouvement anti-
esclavagiste) et de l'Universit de Californie  Berkeley (une
collection de documents sur la rue vers l'or).

En dcembre 2006, tout en participant  l'OCA, Microsoft met en ligne
aux tats-Unis la version bta de Live Search Books, sa propre
bibliothque numrique, qui permet une recherche par mots-cls dans sa
collection de livres du domaine public. Ces livres sont numriss par
Microsoft suite  des accords passs avec de grandes bibliothques, les
premires tant la British Library et les bibliothques des Universits
de Californie et de Toronto, suivies en janvier 2007 par la New York
Public Library et la bibliothque de la Cornell University. Microsoft
compte aussi ajouter des livres sous droits, mais uniquement avec
l'accord pralable des diteurs. En mai 2007, la socit annonce des
accords avec plusieurs grands diteurs, dont Cambridge University Press
et McGraw Hill. Microsoft met finalement un terme  ce projet en mai
2008. Les 750.000 livres dj numriss sont verss dans les
collections de l'OCA disponibles dans l'Internet Archive.

Les collections de l'OCA comptent un million de livres numriss en
dcembre 2008 et deux millions de livres numriss en mars 2010.



2006 > LE CATALOGUE COLLECTIF WORLDCAT EN LIGNE


[Rsum]
En aot 2006, le catalogue collectif mondial WorldCat lance sa version
web bta en accs libre. Gr depuis nombre d'annes par l'association
OCLC (Online Computer Library Center), WorldCat tait jusque-l
disponible sur abonnement. Les 73 millions de notices des 10.000
bibliothques participantes dans 112 pays permettent de localiser un
milliard de documents. La migration de WorldCat sur le web est
progressive puisque la consultation des notices est d'abord possible
via plusieurs moteurs de recherche (Yahoo!, Google et d'autres). Suit
la version web gratuite worldcat.org, qui propose non seulement les
notices des documents mais aussi un accs direct (gratuit ou payant)
aux documents lectroniques des bibliothques membres: livres du
domaine public, articles, photos, vidos, musique et livres audio.
WorldCat permet de localiser 1,5 milliard de documents en avril 2010.
L'autre grand catalogue mondial, gr par le RLG (Research Libraries
Group), fusionne avec OCLC en dcembre 2006.

***

En aot 2006, l'association OCLC (Online Computer Library Center) lance
la version web de son catalogue collectif mondial WorldCat en accs
libre.

Qu'est-ce exactement qu'un catalogue collectif? Le but premier d'un
catalogue collectif est d'viter de cataloguer  nouveau un document
dj trait par une bibliothque partenaire. Si le catalogueur trouve
la notice du livre qu'il est cens cataloguer, il la copie pour
l'inclure dans le catalogue de sa propre bibliothque. S'il ne trouve
pas la notice, il la cre, et cette notice est aussitt disponible pour
les catalogueurs officiant dans d'autres bibliothques. De nombreux
catalogues collectifs sont grs  l'chelon local, rgional, national
ou mondial.

Les deux grands catalogues collectifs mondiaux sont lancs ds les
annes 1980, respectivement par OCLC (Online Computer Library Center)
et par RLG (Research Libraries Group). Vingt ans plus tard, ces deux
associations grent de gigantesques bases bibliographiques alimentes
par leurs adhrents, permettant ainsi aux bibliothques d'unir leurs
forces par-del les frontires.

# Le catalogue d'OCLC

Fonde en 1967 dans l'Ohio (tats-Unis), l'association OCLC gre
d'abord l'OCLC Online Union Catalog  partir de 1971 pour desservir les
bibliothques universitaires de l'Ohio avant de s'tendre
progressivement  tout le pays puis au monde entier.

Rebaptis WorldCat et disponible sur abonnement payant, ce catalogue
comprend 38 millions de notices en 370 langues en 1998, avec
translittration des notices dans les langues JACKPHY,  savoir le
japonais, l'arabe, le chinois, le coren (Korean en anglais), le
persan, l'hbreu et le yiddish. Deux millions de notices sont ajoutes
au catalogue chaque anne. WorldCat utilise huit formats
bibliographiques correspondant aux catgories suivantes: livres,
priodiques, documents visuels, cartes et plans, documents mixtes
(plusieurs supports  la fois), enregistrements sonores, partitions et
enfin documents informatiques.

En 2005, 61 millions de notices bibliographiques produites par 9.000
bibliothques participantes sont disponibles dans 400 langues. En 2006,
73 millions de notices provenant de 10.000 bibliothques dans 112 pays
permettent de localiser un milliard de documents. Une notice type
contient la description du document ainsi que des informations sur son
contenu (table des matires, rsum, couverture, illustrations, courte
biographie de l'auteur).

Devenue la plus grande base mondiale de donnes bibliographiques,
WorldCat migre progressivement sur le web, d'abord en rendant la
consultation des notices possible par le biais de plusieurs moteurs de
recherche (Yahoo!, Google et d'autres), puis en lanant en aot 2006
une version web (bta) de WorldCat en accs libre, qui propose non
seulement les notices des documents mais aussi l'accs direct (gratuit
ou payant) aux documents lectroniques des bibliothques membres:
livres du domaine public, articles, photos, livres audio, musique et
vidos.

# Le catalogue du RLG

Le deuxime grand catalogue collectif mondial est gr par
l'association RLG (Research Library Group, qui devient plus tard le
Research Libraries Group). Fond en 1980 en Californie, avec une
antenne  New York, le RLG se donne pour but d'amliorer l'accs 
l'information dans le domaine de l'enseignement et de la recherche et
lance un catalogue collectif dnomm RLIN (Research Libraries
Information Network).

Contrairement  WorldCat qui n'accepte qu'une notice par document, RLIN
accepte plusieurs notices pour le mme document. En 1998, RLIN comprend
82 millions de notices dans 365 langues, avec des notices
translittres pour les documents publis dans les langues JACKPHY et
en cyrillique. Des centaines de dpts d'archives, bibliothques de
muses, bibliothques universitaires, bibliothques publiques,
bibliothques de droit, bibliothques techniques, bibliothques
d'entreprise et bibliothques d'art utilisent RLIN pour le catalogage,
le prt interbibliothques et le descriptif de leurs archives et
manuscrits.

Une des spcialits de RLIN est l'histoire de l'art. Alimente par 65
bibliothques spcialises, une section spcifique comprend 100.000
notices de catalogues d'expositions et 168.500 notices de documents
iconographiques (photographies, diapositives, dessins, estampes et
affiches). Cette section inclut aussi les 110.000 notices de la base
bibliographique Scipio, ddie au catalogues de ventes d'objets d'art.

En 2003, RLIN devient le RLG Union Catalog, qui comprend dsormais 126
millions de notices bibliographiques correspondant  42 millions de
documents (livres, cartes, manuscrits, films, bandes sonores, etc.).

Au printemps 2004, une version web du catalogue est disponible en accs
libre sous le nom de RedLightGreen, suite  une phase pilote lance 
l'automne 2003. C'est la premire fois qu'un catalogue collectif
mondial est en accs libre, trois ans avant WorldCat. Destin en
priorit aux tudiants du premier cycle universitaire, RedLightGreen
propose 130 millions de notices, avec des informations spcifiques aux
bibliothques d'un campus donn (cote du document, lien vers sa version
en ligne si celle-ci existe, etc.).

Aprs trois ans d'activit, le site RedLightGreen ferme en novembre
2006, et le RLG fusionne avec OCLC. Les usagers sont invits  utiliser
WorldCat, qui dispose d'une version web en accs libre depuis aot
2006. En avril 2010, WorldCat permet de localiser 1,5 milliard de
documents et d'avoir directement accs  nombre d'entre eux.



2007 > QUEL AVENIR POUR L'EBOOK?


[Rsum]
Suite  une enqute lance fin 2006 sur l'avenir de l'ebook, voici les
rponses de deux professionnels du livre: Pierre Schweitzer, concepteur
du projet @folio, un lecteur portable de textes, et Denis Zwirn,
fondateur de la bibliothque numrique Numilog. Selon Pierre, la
chance qu'on a tous est de vivre l, ici et maintenant cette
transformation fantastique. Quand je suis n en 1963, les ordinateurs
avaient comme mmoire quelques pages de caractres  peine.
Aujourd'hui, mon baladeur de musique pourrait contenir des milliards de
pages, une vraie bibliothque de quartier. Demain, par l'effet conjugu
de la loi de Moore et de l'omniprsence des rseaux, l'accs instantan
aux oeuvres et aux savoirs sera de mise. Le support de stockage lui-
mme n'aura plus beaucoup d'intrt. Seules importeront les commodits
fonctionnelles d'usage et la potique de ces objets.

***

Suite  une enqute lance fin 2006 sur l'avenir de l'ebook, voici les
rponses de deux professionnels du livre: Pierre Schweitzer, concepteur
du projet @folio, un lecteur portable de textes, et Denis Zwirn,
fondateur de la bibliothque numrique Numilog.

# La potique des objets

Concepteur du projet @folio, un lecteur portable de textes, Pierre
Schweitzer explique en dcembre 2006: La lecture numrique dpasse de
loin, de trs loin mme, la seule question du "livre" ou de la presse.
Le livre et le journal restent et resteront encore, pour longtemps, des
supports de lecture techniquement indpassables pour les contenus de
valeur ou pour ceux dpassant un seuil critique de diffusion. Bien que
leur modle conomique puisse encore voluer (comme pour les "gratuits"
la presse grand public), je ne vois pas de bouleversement radical 
l'chelle d'une seule gnration. Au-del de cette gnration, l'avenir
nous le dira. On verra bien. Pour autant, d'autres types de contenus se
dveloppent sur les rseaux. Internet dfie l'imprim sur ce terrain-
l: celui de la diffusion en rseau (dmatrialise = cot marginal
nul) des oeuvres et des savoirs. L o l'imprim ne parvient pas 
quilibrer ses cots. L o de nouveaux acteurs peuvent venir prendre
leur place.

Or, dans ce domaine nouveau, les quilibres conomiques et les logiques
d'adoption sont radicalement diffrents de ceux que l'on connat dans
l'empire du papier - voir par exemple l'volution des systmes de
validation pour les archives ouvertes dans la publication scientifique
ou les modles conomiques mergents de la presse en ligne. Il est donc
vain, dangereux mme, de vouloir transformer au forceps l'cologie du
papier - on la ruinerait  vouloir le faire!  la marge, certains
contenus trs spcifiques, certaines niches ditoriales, pourraient
tre transformes - l'encyclopdie ou la publication scientifique le
sont dj. De la mme faon, les guides pratiques, les livres
d'actualit quasi-jetables et quelques autres segments qui envahissent
les tables des librairies pourraient l'tre, pour le plus grand bonheur
des libraires. Mais il n'y a l rien de massif ou brutal selon moi. Nos
habitudes de lecture ne seront pas bouleverses du jour au lendemain,
elles font partie de nos habitudes culturelles, elles voluent
lentement, au fur et  mesure de leur adoption (= acceptation) par les
gnrations nouvelles.

Selon Pierre, la chance qu'on a tous est de vivre l, ici et
maintenant cette transformation fantastique. Quand je suis n en 1963,
les ordinateurs avaient comme mmoire quelques pages de caractres 
peine. Aujourd'hui, mon baladeur de musique pourrait contenir des
milliards de pages, une vraie bibliothque de quartier. Demain, par
l'effet conjugu de la loi de Moore et de l'omniprsence des rseaux,
l'accs instantan aux oeuvres et aux savoirs sera de mise. Le support
de stockage lui-mme n'aura plus beaucoup d'intrt. Seules importeront
les commodits fonctionnelles d'usage et la potique de ces objets.

# Un produit commercial

Selon Denis Zwirn, fondateur de la librairie numrique Numilog,
interview en aot 2007, on peu noter un premier point d'inflexion
dans la courbe de croissance du march des livres numriques. Plusieurs
facteurs sont runis pour cela:

(1) le dveloppement de vastes catalogues en ligne utilisant pleinement
les fonctionnalits de la recherche plein texte dans les livres
numriss, comme les catalogues de la future Bibliothque numrique
europenne, de VollTextSuche Online, de Google et d'Amazon. Une fois le
contenu trouv dans un des ouvrages ainsi "sond" par ce type de
recherche rvolutionnaire pour le grand public, il est naturel de
vouloir accder  la totalit de l'ouvrage... dans sa version
numrique.

(2) Des progrs techniques cruciaux tels que la proposition commerciale
d'appareils de lecture  base d'encre lectronique amliorant
radicalement l'exprience de lecture finale pour l'usager en la
rapprochant de celle du papier. Par exemple l'iLiad d'Irex ou le Sony
Reader, mais bien d'autres appareils s'annoncent. Le progrs concerne
toutefois tout autant le dveloppement des nouveaux smartphones
multifonctions comme les BlackBerry ou l'iPhone, ou la proposition de
logiciels de lecture  l'interface fortement amliore et pense pour
les ebooks sur PC, comme Adobe Digital Editions.

(3) Enfin, le changement important d'attitude de la part des
professionnels du secteur, diteurs, et probablement bientt aussi
libraires. Les diteurs anglo-saxons universitaires ont massivement
trac une route que tous les autres sont en train de suivre, en tout
cas aux tats-Unis, en Europe du Nord et en France: proposer une
version numrique de tous les ouvrages. Mme pour les plus rticents
encore il y a quelques annes, ce n'est plus une question de
"pourquoi?", c'est simplement devenu une question de "comment?". Les
libraires ne vont pas tarder  considrer que vendre un livre numrique
fait partie de leur mtier normal.

Selon Denis, le livre numrique n'est plus une question de colloque,
de dfinition conceptuelle ou de divination par certains "experts":
c'est un produit commercial et un outil au service de la lecture. Il
n'est pas besoin d'attendre je ne sais quel nouveau mode de lecture
hypermoderne et hypertextuel enrichi de multimdia orchestrant
savamment sa spcificit par rapport au papier, il suffit de proposer
des textes lisibles facilement sur les supports de lecture lectronique
varis qu'utilisent les gens, l'encre lectronique pouvant
progressivement envahir tous ces supports. Et de les proposer de
manire industrielle. Ce n'est pas et ne sera jamais un produit de
niche (les dictionnaires, les guides de voyage, les livres pour les non
voyants...): c'est en train de devenir un produit de masse, riche de
formes multiples comme l'est le livre traditionnel.



2007 > CITIZENDIUM, ENCYCLOPDIE EXPRIMENTALE


[Rsum]
Citizendium - acronyme de The Citizens' Compendium - est une
encyclopdie collaborative exprimentale lance en mars 2007 (en
version bta) par Larry Sanger, auparavant co-fondateur de Wikipdia
avec Jimmy Wales. Citizendium est une encyclopdie cooprative
gratuite, tout comme Wikipdia, mais, d'aprs Larry, sans ses travers,
 savoir le vandalisme, le manque de rigueur et l'utilisation d'un
pseudonyme pour y contribuer. Les auteurs signent leurs articles de
leur vrai nom et ces articles sont relus et corrigs par des editors,
gs d'au moins 25 ans et titulaires d'une licence universitaire. De
plus, des constables sont chargs de la bonne marche du projet et du
respect du rglement. Le jour de son lancement le 25 mars 2007,
Citizendium comptabilise 1.100 articles, 820 auteurs et 180 experts.
L'encyclopdie comprend 11.800 articles en juillet 2009 et 15.000
articles en septembre 2010.

***

Citizendium est une encyclopdie collaborative exprimentale lance en
mars 2007 par Larry Sanger, co-fondateur de Wikipdia.

Acronyme de The Citizens' Compendium, Citizendium est une
encyclopdie cooprative et gratuite, tout comme Wikipdia, mais,
d'aprs Larry, sans ses travers,  savoir le vandalisme, le manque de
rigueur et l'utilisation d'un pseudonyme pour y participer. Les auteurs
signent leurs articles de leur vrai nom et ces articles sont relus et
corrigs par des editors gs d'au moins 25 ans et titulaires d'une
licence universitaire. De plus, des constables sont chargs de la
bonne marche du projet et du respect du rglement. Le jour de son
lancement le 25 mars 2007, suite  une gestation dbute en novembre
2006, Citizendium comptabilise 1.100 articles, 820 auteurs et 180
experts. L'encyclopdie comprend 9.800 articles en janvier 2009 et
15.000 articles en septembre 2010.

Dans Why make room for experts in web 2.0? (Pourquoi accorder une
place aux experts dans le web 2.0?), un article en ligne dat d'octobre
2006 et actualis en mars 2007, Larry Sanger voit dans Citizendium
l'mergence d'un nouveau modle de collaboration massive de dizaines de
milliers d'intellectuels et scientifiques, non seulement pour les
encyclopdies, mais aussi pour les manuels d'enseignement, les ouvrages
de rfrence, le multimdia et les applications en 3D. Cette
collaboration serait base sur le partage des connaissances, dans la
ligne du web 2.0, un concept lanc en 2004 pour caractriser les
notions de communaut et de partage et qui se manifeste d'abord par une
floraison de wikis, de blogs et de sites sociaux. D'aprs Larry, on
pourrait galement crer des structures de type web 2.0 pour des
collaborations scientifiques, et Citizendium pourrait servir de
prototype dans ce domaine.



2007 > L'ENCYCLOPEDIA OF LIFE, PROJET GLOBAL


[Rsum]
L'Encyclopedia of Life (EOL) dbute en mai 2007 en tant que projet
global visant  regrouper les connaissances existantes sur les espces
animales et vgtales. Les espces connues seraient au nombre de 1,8
million, y compris les espces en voie d'extinction, avec l'ajout de
nouvelles espces au fur et  mesure de leur identification, ce qui
reprsenterait entre 8 et 10 millions d'espces en tout. Outil
d'apprentissage et d'enseignement pour une meilleure connaissance de
notre plante, cette encyclopdie collaborative multimdia sera 
destination de tous: scientifiques, enseignants, tudiants, scolaires,
mdias, dcideurs et grand public, qui pourront y contribuer
directement, le contenu tant ensuite valid ou non par des experts.
L'encyclopdie devrait tre pleinement oprationnelle en 2012 et
complte - c'est--dire  jour - en 2017. Des versions en plusieurs
langues seront gres par des organismes partenaires.

***

L'Encyclopedia of Life (EOL) dbute en mai 2007 en tant que projet
global visant  regrouper les connaissances existantes sur les espces
animales et vgtales.

Les espces connues seraient au nombre de 1,8 million, y compris les
espces en voie d'extinction, avec l'ajout de nouvelles espces au fur
et  mesure de leur identification, ce qui reprsenterait entre 8 et 10
millions d'espces en tout.

Ce projet collaboratif est men par plusieurs grandes institutions:
Field Museum of Natural History, Harvard University, Marine Biological
Laboratory, Missouri Botanical Garden, Smithsonian Institution et
Biodiversity Heritage Library.

Le financement initial de l'Encyclopedia of Life est assur par la
MacArthur Foundation avec 10 millions de dollars US et la Sloan
Foundation avec 2,5 millions de dollars. Un financement total de 100
millions de dollars serait ncessaire sur dix ans, avant que
l'encyclopdie ne puisse s'autofinancer.

Le directeur honoraire du projet est Edward Wilson, professeur mrite
 l'Universit de Harvard, qui, dans un essai dat de 2002, fut le
premier  mettre le voeu d'une telle encyclopdie. Cinq ans plus tard,
en 2007, c'est dsormais chose possible grce aux avances
technologiques rcentes: outils logiciels permettant l'agrgation de
contenu, mash-up ( savoir le fait de rassembler un contenu donn 
partir de nombreuses sources diffrentes), wikis de grande taille et
gestion de contenus  vaste chelle.

Cette encyclopdie collaborative multimdia permettra de rassembler
textes, photos, cartes, bandes sonores et vidos, avec une page web par
espce, en offrant un portail commun  des millions de documents pars,
en ligne et hors ligne. Outil d'apprentissage et d'enseignement pour
une meilleure connaissance de notre plante, l'encyclopdie sera 
destination de tous: scientifiques, enseignants, tudiants, scolaires,
mdias, dcideurs et grand public, qui pourront y contribuer
directement, le contenu tant ensuite valid ou non par des experts.

En qualit de consortium des dix plus grandes bibliothques des
sciences de la vie, qui s'ouvrira ensuite  d'autres bibliothques, la
Biodiversity Heritage Library entreprend la numrisation de 2 millions
de documents dont les dates de publication s'talent sur deux cents
ans, pour intgration progressive dans l'Encyclopedia of Life. En mai
2007,  la date du lancement officiel du projet, on compte dj 1,25
million de pages traites dans les centres de numrisation de Londres,
Boston et Washington, D.C. Les documents numriss sont disponibles au
fur et  mesure dans l'Internet Archive.

Si la ralisation des pages web dbute courant 2007, l'encyclopdie
fait ses rels dbuts sur la toile  la mi-2008. Elle devrait tre
pleinement oprationnelle en 2012 et complte - c'est--dire  jour -
en 2017.

L'encyclopdie sera un macroscope permettant de dceler les grandes
tendances  partir d'un stock d'informations considrable,  la
diffrence du microscope permettant l'tude de dtail. La version
initiale sera d'abord en anglais avant d'tre traduite en plusieurs
langues par de futurs organismes partenaires.



2009 > INDISCRIPTS, LABORATOIRE DE SCRIPTS INDESIGN


[Rsum]
Marc Autret, infographiste, a derrire lui dix ans de journalisme
multi-tches et de formation en ligne dans les domaines de l'dition,
du multimdia et du droit d'auteur. Il explique en dcembre 2006: Je
suis un "artisan" de l'information et je travaille essentiellement avec
des diteurs. Ils sont tellement en retard, tellement trangers  la
rvolution numrique, que j'ai du pain sur la planche pour pas mal
d'annes. Aujourd'hui je me concentre sur le conseil, l'infographie, la
typographie, le pr-presse et le webdesign, mais je sens que la part du
logiciel va grandir. Des secteurs comme l'animation 3D,
l'automatisation des tches de production, l'intgration multi-
supports, la base de donnes et toutes les technologies issues de XML
[eXtensible Markup Language] vont s'ouvrir naturellement. Les diteurs
ont besoin de ces outils, soit pour mieux produire, soit pour mieux
communiquer. C'est l que je vois l'volution, ou plutt
l'intensification, de mon travail. En mai 2009, Marc cre le site
Indiscripts, laboratoire de scripts InDesign.

***

Marc Autret, infographiste, a derrire lui dix ans de journalisme
multi-tches et de formation en ligne dans les domaines de l'dition,
du multimdia et du droit d'auteur. Il explique en dcembre 2006:
C'est un "socle" irremplaable pour mes activits d'aujourd'hui, qui
en sont le prolongement technique. Je suis un "artisan" de
l'information et je travaille essentiellement avec des diteurs. Ils
sont tellement en retard, tellement trangers  la rvolution
numrique, que j'ai du pain sur la planche pour pas mal d'annes.
Aujourd'hui je me concentre sur le conseil, l'infographie, la
typographie, le pr-presse et le webdesign, mais je sens que la part du
logiciel va grandir. Des secteurs comme l'animation 3D,
l'automatisation des tches de production, l'intgration multi-
supports, la base de donnes et toutes les technologies issues de XML
[eXtensible Markup Language] vont s'ouvrir naturellement. Les diteurs
ont besoin de ces outils, soit pour mieux produire, soit pour mieux
communiquer. C'est l que je vois l'volution, ou plutt
l'intensification, de mon travail.

Comment Marc voit-il l'avenir de l'ebook? Sans vouloir faire dans la
divination, je suis convaincu que l'e-book (ou "ebook": impossible de
trancher!) a un grand avenir dans tous les secteurs de la non-fiction.
Je parle ici de livre numrique en termes de "logiciel", pas en terme
de support physique ddi (les conjectures tant plus incertaines sur
ce dernier point). Les diteurs de guides, d'encyclopdies et
d'ouvrages informatifs en gnral considrent encore l'e-book comme une
dclinaison trs secondaire du livre imprim, sans doute parce que le
modle commercial et la scurit de cette exploitation ne leur semblent
pas tout  fait stabiliss aujourd'hui. Mais c'est une question de
temps. Les e-books non commerciaux mergent dj un peu partout et
oprent d'une certaine faon un dfrichage des possibles. Il y a au
moins deux axes qui mergent: (a) une interface de lecture/consultation
de plus en plus attractive et fonctionnelle (navigation, recherche,
restructuration  la vole, annotations de l'utilisateur, quizz
interactif, etc.); (b) une intgration multimdia (vido, son,
infographie anime, base de donnes, etc.) dsormais fortement couple
au web. Aucun livre physique n'offre de telles fonctionnalits.
J'imagine donc l'e-book de demain comme une sorte de wiki cristallis,
empaquet dans un format. Quelle sera alors sa valeur propre? Celle
d'un livre: l'unit et la qualit du travail ditorial!

Marc lance en mai 2009 son site Indiscripts, qui est un laboratoire de
scripts InDesign. On y explore l'automatisation de mise en page, les
techniques de scripting et le dveloppement de plugins dans le contexte
d'Adobe InDesign. Plus largement, notre ambition est d'illustrer les
possibilits offertes par le langage JavaScript au sein des
applications Adobe et d'informer utilement les crateurs de scripts.

Marc ralise de beaux livres interactifs au format PDF. Quel est son
sentiment sur la concurrence entre les formats PDF et EPUB?  Il
rpond en juin 2011: Je dplore que l'mergence de l'EPUB ait provoqu
l'anantissement pur et simple du PDF comme format de livre numrique.
Le fait que les lments d'interactivit disponibles au sein du PDF ne
soient pas supports par les plateformes nomades actuelles a aboli
toute possibilit d'exprimentation dans cette voie, qui m'apparaissait
extrmement prometteuse. Alors que l'dition imprime fait la place 
des objets de nature trs diffrentes, entre le livre d'art de trs
haute facture et le livre "tout terrain", le march de l'ebook s'est
dvelopp d'emble sur un mode totalitaire et sgrgationniste,
comparable en cela  une guerre de systmes d'exploitation plutt qu'
une mulation technique et culturelle. De fait, il existe fort peu de
livres numriques PDF tirant parti des possibilits de ce format.

Dans l'inconscient collectif, le PDF reste une sorte de duplicata
statique de l'ouvrage imprim et personne ne veut lui voir d'autre
destin. L'EPUB, qui n'est rien d'autre qu'une combinaison XHTML/CSS
(certes avec des perspectives JavaScript), consiste  mettre le livre
numrique "au pas" du Web. C'est une technologie trs favorable aux
contenus structurs, mais trs dfavorable  l'artisanat typographique.
Elle introduit une vision troite de l'oeuvre numrique, rduite  un
flux d'information. On ne le mesure pas encore, mais la pire
catastrophe culturelle de ces dernires dcennies est l'avnement du
XML, ce langage qui prcalibre et contamine notre faon de penser les
hirarchies. Le XML et ses avatars achvent de nous enfermer dans les
invariants culturels occidentaux.



2010 > DU LIBRI A L'IPAD


[Rsum]
L'iPad est lanc par Apple en avril 2010 aux tats-Unis  en tant que
tablette numrique multifonctions, six ans aprs le Libri lanc par
Sony en avril 2004 au Japon. Comme on s'en souvient, les premires
tablettes lectroniques ddies  la lecture sont le Rocket eBook
(1998), le SoftBook Reader (1998) et le Gemstar eBook (novembre 2000),
qui ne durent pas. Aprs une priode morose qui voit la monte de la
lecture sur PDA puis sur smartphone, des tablettes plus lgres gagnent
en puissance et en qualit d'cran grce  la technologie E Ink. Ces
nouvelles tablettes sont par exemple le Libri de Sony (avril 2004), le
Cybook 2e gnration (juin 2004), le Sony Reader (septembre 2006), le
Kindle d'Amazon (novembre 2007), le Nook de Barnes & Noble (novembre
2009) et l'iPad d'Apple (avril 2010). La comptition est rude sur un
march prometteur, en attendant les possibilits de lecture multimdia
/ hypermdia et de lecture en 3D sur des supports flexibles.

***

L'iPad est lanc par Apple en avril 2010 aux tats-Unis en tant que
tablette numrique multifonctions, six ans aprs le Libri lanc par
Sony en avril 2004 au Japon.

Comme on s'en souvient, les premires  tablettes lectroniques ddies
 la lecture sont le Rocket eBook (1998), le SoftBook Reader (1998) et
le Gemstar eBook (novembre 2000), qui ne durent pas. Aprs une priode
morose qui voit la monte de la lecture sur PDA puis sur smartphone,
des tablettes plus lgres gagnent en puissance et en qualit d'cran,
avec l'introduction de la technologie E Ink. Ces nouvelles tablettes
sont par exemple le Libri de Sony (avril 2004), le Cybook 2e
gnration (juin 2004), le Sony Reader (septembre 2006), le Kindle
d'Amazon (novembre 2007), le Nook de Barnes & Noble (novembre 2009) et
l'iPad d'Apple (avril 2010).

# Le Libri (Sony)

En avril 2004, Sony lance au Japon sa premire tablette de lecture, le
Libri 1000-EP, produit en partenariat avec les socits Philips et E
Ink. Le Libri est la premire tablette du march  utiliser la
technologie d'affichage dveloppe par la socit E Ink. L'appareil
pse 300 grammes (avec piles et protection d'cran) pour une taille de
12,6 x 19 x 1,3 centimtres et fonctionne avec quatre piles alcalines.
Sa mmoire est de 10 Mo - avec possibilit d'extension - et sa capacit
de stockage de 500 livres. Son cran de 6 pouces a une dfinition de
170 DPI et une rsolution de 800 x 600 pixels. Un port USB permet le
tlchargement des livres  partir d'un ordinateur. L'appareil comprend
aussi un clavier, une fonction d'enregistrement et une synthse vocale.

# Le Cybook (Bookeen)

Suite au lancement du Cybook ds janvier 2001 par la socit Cytale en
tant que premire tablette de lecture europenne, avec cessation des
activits de Cytale en juillet 2002, la commercialisation du Cybook est
reprise en 2003 par la socit Bookeen, cre  l'initiative de Michael
Dahan et Laurent Picard, deux ingnieurs de Cytale. Le Cybook 2e
gnration est lanc en juin 2004 et se dcline en plusieurs modles.
En juillet 2007, Bookeen dvoile une nouvelle version de sa tablette,
baptise Cybook Gen3 (3e gnration), avec un cran utilisant pour la
premire fois la technologie E Ink.

# Le Sony Reader

Aprs le Libri lanc en avril 2004 au Japon, Sony lance le Sony Reader
en octobre 2006 aux tats-Unis. L'cran de cette tablette, qui utilise
une technologie E Ink plus avance, est  un cran qui donne une
excellente exprience de lecture, trs proche de celle du vrai papier,
et qui ne fatigue pas les yeux (Mike Cook, auteur du site
epubBooks.com). Un autre avantage de cette tablette sur ses
concurrentes est la dure de vie de la batterie, avec plus de 7.000
pages consultables, ou deux semaines sans ncessit de la recharger.
Cette tablette est aussi la premire  utiliser Adobe Digital Editions,
un logiciel qui adapte le texte du livre  la taille de l'cran. Le
Sony Reader est progressivement disponible au Canada, au Royaume-Uni,
en Allemagne et en France.

# Le Kindle (Amazon)

Amazon lance en novembre 2007 sa propre tablette de lecture, le Kindle,
avec un format livresque (19 x 13 x 1,8 cm), un poids de 289 grammes,
un cran noir et blanc de 6 pouces avec une rsolution de 800 x 600
pixels, un clavier, une mmoire de 256 Mo (extensible par carte SD), un
port USB et la possibilit de se connecter  l'internet via la WiFi. Le
Kindle peut contenir jusqu' 200 livres sur les 80.000 livres
numriques que propose le catalogue d'Amazon. Amazon lance en fvrier
2009 le Kindle 2 pour un prix plus modique, qui continue de baisser
sensiblement dans les mois qui suivent, puis le Kindle DX en mai 2009
avec un cran de 9,7 pouces permettant la lecture de journaux et
magazines. Le catalogue d'Amazon comptabiliserait 450.000 titres
numriques en mars 2010, y compris des livres et revues audionumriques
suite au rachat du catalogue d'Audible.com en janvier 2009.

# Le Nook (Barnes & Noble)

En novembre 2009, la grande chane de librairies amricaine Barnes &
Noble lance sa propre tablette de lecture, le Nook. La tablette dispose
d'une plateforme Android et d'un cran E Ink de 6 pouces, avec une
connexion WiFi et 3G. En juin 2010, le prix du premier modle baisse.
Un nouveau modle plus conomique disposant de la seule connexion WiFi
est galement lanc  la mme date. Par ailleurs, le Nook Color
apparat en octobre 2010 avec un cran LCD de 7 pouces pour la lecture
de magazines et livres d'images. Un nouveau Nook plus lger est lanc
en mai 2011 sous plateforme Android, avec un cran de 6 pouces
utilisant la technologie E Ink Pearl tactile. Le  catalogue de Barnes &
Noble proposerait 2 millions de livres numriques  la fin 2010.

# L'iPad (Apple)

L'iPad est lanc par Apple le 3 avril 2010 aux tats-Unis en tant que
tablette numrique multifonctions, avec un iBookstore de 60.000 livres
numriques qui s'toffe rapidement. Un lancement mondial suit en juin
2010. Aprs l'iPod (lanc en octobre 2001) puis l'iPhone (lanc en juin
2007), deux objets cultes auprs de toute une gnration, Apple devient
lui aussi un acteur de poids pour le livre numrique. Apple lance
l'iPad 2 en mars 2011 aux tats-Unis, avec un lancement deux semaines
plus tard dans d'autres pays.

Cette courte liste de tablettes est loin d'exhaustive, bien entendu. La
comptition est rude sur un march prometteur, en attendant les
possibilits de lecture multimdia / hypermdia et de lecture en 3D sur
des supports flexibles.



2011 > L'EBOOK EN DIX POINTS


[Rsum]
Dans cette conclusion sous forme de citations, les dates indiques sont
les dates auxquelles ces textes - extraits d'entretiens par courriel -
ont t crits et publis. Les auteurs de ces textes sont Michael Hart
(aot 1998), John Mark Ockerbloom (septembre 1998), Robert Beard
(octobre 1998), Jean-Paul (juin 2000), Nicolas Pewny (fvrier 2003),
Marc Autret (dcembre 2006), Pierre Schweitzer (janvier 2007), Denis
Zwirn (aot 2007), Catherine Domain (avril 2010) et Henk Slettenhaar
(juin 2011).

***

Voici une conclusion sous forme de citations. Les dates indiques sont
les dates auxquelles ces textes - extraits d'entretiens par courriel -
ont t crits et publis.

# Aot 1998

Nous considrons le texte lectronique comme un nouveau mdium, sans
vritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous
diffusons les mmes oeuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut
concurrencer le texte lectronique une fois que les gens y sont
habitus, particulirement dans les tablissements d'enseignement.
(Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg en 1971)

# Septembre 1998

Je me suis passionn pour l'norme potentiel qu'a l'internet de rendre
la littrature accessible au plus grand nombre. (...) Je suis trs
intress par le dveloppement de l'internet en tant que mdium de
communication de masse ces prochaines annes. J'aimerais aussi rester
impliqu dans la mise  disposition gratuite de livres sur l'internet,
que ceci fasse partie intgrante de mon activit professionnelle, ou
que ceci soit une activit bnvole mene sur mon temps libre. (John
Mark Ockerbloom, crateur de l'Online Books Page en 1993)

# Octobre 1998

Le web sera une encyclopdie du monde faite par le monde pour le
monde. Il n'y aura plus d'informations ni de connaissances utiles qui
ne soient pas disponibles, si bien que l'obstacle principal  la
comprhension internationale et interpersonnelle et au dveloppement
personnel et institutionnel sera lev. Il faudrait une imagination plus
dbordante que la mienne pour prdire l'effet de ce dveloppement sur
l'humanit. (Robert Beard, cofondateur du portail yourDictionary.com
en 2000)

# Juin 2000

La navigation par hyperliens se fait en rayon (j'ai un centre
d'intrt et je clique mthodiquement sur tous les liens qui s'y
rapportent) ou en louvoiements (de clic en clic,  mesure qu'ils
apparaissent, au risque de perdre de vue mon sujet). Bien sr, les deux
sont possibles avec l'imprim. Mais la diffrence saute aux yeux:
feuilleter n'est pas cliquer. L'internet a donc chang mon rapport 
l'criture. (...) C'est finalement dans la publication en ligne
(l'entoilage?) que j'ai trouv la mobilit, la fluidit que je
cherchais. (Jean-Paul, crateur du site hypermdia cotres.net en 1998)

# Fvrier 2003

Je vois le livre numrique du futur comme un "ouvrage total"
runissant textes, sons, images, vido, interactivit: une nouvelle
manire de concevoir et d'crire et de lire, peut-tre sur un livre
unique, sans cesse renouvelable, qui contiendrait tout ce que l'on a
lu, unique et multiple compagnon. Utopique? Invraisemblable? Peut-tre
pas tant que cela! (Nicolas Pewny, fondateur des ditions du Choucas
en 1992)

# Dcembre 2006

Il y a au moins deux axes qui mergent [pour le livre numrique]: (a)
une interface de lecture/consultation de plus en plus attractive et
fonctionnelle (navigation, recherche, restructuration  la vole,
annotations de l'utilisateur, quizz interactif...); (b) une intgration
multimdia (vido, son, infographie anime, base de donnes, etc.)
dsormais fortement couple au web. Aucun livre physique n'offre de
telles fonctionnalits. J'imagine donc l'e-book de demain comme une
sorte de wiki cristallis, empaquet dans un format. Quelle sera alors
sa valeur propre ? Celle d'un livre: l'unit et la qualit du travail
ditorial! (Marc Autret, infographiste et crateur du site Indiscripts
en 2009)

# Janvier 2007

La chance qu'on a tous est de vivre l, ici et maintenant cette
transformation fantastique. Quand je suis n en 1963, les ordinateurs
avaient comme mmoire quelques pages de caractres  peine.
Aujourd'hui, mon baladeur de musique pourrait contenir des milliards de
pages, une vraie bibliothque de quartier. Demain, par l'effet conjugu
de la loi de Moore et de l'omniprsence des rseaux, l'accs instantan
aux oeuvres et aux savoirs sera de mise. Le support de stockage lui-
mme n'aura plus beaucoup d'intrt. Seules importeront les commodits
fonctionnelles d'usage et la potique de ces objets. (Pierre
Schweitzer, concepteur du projet @folio en 1996)

# Aot 2007

Le livre numrique n'est plus une question de colloque, de dfinition
conceptuelle ou de divination par certains "experts": c'est un produit
commercial et un outil au service de la lecture. (...) Il suffit de
proposer des textes lisibles facilement sur les supports de lecture
lectronique varis qu'utilisent les gens, l'encre lectronique pouvant
progressivement envahir tous ces supports. Et de les proposer de
manire industrielle. Ce n'est pas et ne sera jamais un produit de
niche (les dictionnaires, les guides de voyage, les livres pour non
voyants...): c'est en train de devenir un produit de masse, riche de
formes multiples comme l'est le livre traditionnel. (Denis Zwirn,
fondateur de la librairie numrique Numilog en 2000)

# Avril 2010

Internet a pris de plus en plus de place dans ma vie! Il me permet
depuis le 1er avril d'tre diteur grce  de laborieuses formations
Photoshop, InDesign et autres. (...) Dcidment il y aura toujours des
rebondissements inattendus aux inventions, entre autres. Quand j'ai
commenc  utiliser l'internet [en 1999], je ne m'attendais vraiment
pas  devenir diteur.  (Catherine Domain, fondatrice de la librairie
Ulysse en 1971)

# Juin 2011

Je n'ai jamais aim lire un livre sur un ordinateur ou sur un PDA.
Maintenant, avec l'arrive de tablettes comme le Kindle et l'iPad, je
suis finalement devenu un lecteur de livres numriques. Je vois un
expansion norme avec l'arrive de tablettes faciles  utiliser et avec
un choix considrable de livres grce au commerce lectronique et  des
socits comme Amazon. (...) J'utilise galement des livres en ligne pour
apprendre l'art de l'innovation! (Henk Slettenhaar, fondateur de la
Silicon Valley Association suisse en 1992)


Copyright  2011 Marie Lebert






End of Project Gutenberg's L'ebook a 40 ans (1971-2011), by Marie Lebert

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work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
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Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org

Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
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The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
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International donations are gratefully accepted, but we cannot make
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